Quelle a été la carrière de la Princesse en tant qu'enseignante de français ?
Wongchan Phinanitisatra : Son Altesse Royale la Princesse Galyany Vadhana Krom Luang Naradhiwas Rajanagarindra a été élévée et éduquée à Lausanne, en Suisse, dès l'âge de 9 ans. Elle en a conservé un profond attachement pour la culture et la langue française. Bien que diplômée en chimie, elle a aussi assisté à des cours de lettres et de sciences pédagogique. Elle adorait l'enseignement. Alors dès son retour en Thaïlande, la Princesse à commencé à enseigner le français à la faculté des Lettres de l'université Chulalongkorn. En 1969, elle est devenue directrice du Département des langues étrangères de la faculté des Arts libéraux de l'université Thammasat. C'est là que je l'ai rencontrée et que j'ai commencé à travailler avec elle comme assistante. Elle y a élaboré un nouveau cursus de licence de langue et de littérature française.
Comment est née l'ATPF ?
Quels sont ses objectifs ?
En parlant avec des professeurs de français et au cours de ses voyages, la Princesse a eu l'occasion de mesurer les problématiques de l'enseignement du français dans le royaume. C'est par souci d'y apporter des solutions qu'elle a fondé, en 1977, l'Association Thaïlandaise des Professeurs de Français. Elle en fut la première présidente et a gardé le titre de présidente d'honneur. Les objectifs de l'ATPF sont bien sûr de promouvoir l'enseignement du français en Thaïlande, mais aussi de servir de centre de rencontres et de débats entre ses membres. L'ATPF crée des collaborations entre les universités, l'enseignement secondaire et les pays francophones. Enfin, l'association fait l'intermédiaire entre ses membres et les services culturels thaïlandais et étrangers, comme celui de l'ambassade de France.
Malgré ses obligations, la Princesse a toujours été présente pour nous conseiller et nous soutenir. Elle a encouragé le gouvernement français à accorder des "bourses de printemps" aux enseignants : depuis trente ans, quelques cinq cents professeurs ont ainsi pu perfectionner leur français dans l'Hexagone. Elle a participé à tous les événéments importants de l'association, comme les colloques internationaux ou les excursions organisées pour créer des liens entre les professeurs thaïlandais et français. Elle choisissait elle-même les itinéraires! Quand elle est tombée malade, on a commencé à ressentir un manque.
L'enseignement du français a-t-il encore sa place en Thaïlande ?
Malgré la concurrence de l'anglais et du chinois, l'avenir du français est radieux. Cela fait plus de trois cents ans qu'on parle cette langue en Thaïlande! Il y a aujourd'hui 45,000 élèves en français dans le secondaire et environ 4000 à l'université. Le français est toujours très utilisé dans le tourisme, le commerce et la diplomatie. Quant à l'association, elle compte désormais quelque huit cents membres, soit près de 98 % des professeurs de français dans le pays! Nous essayons de passer le relais aux jeunes générations. J'ai confiance!