Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 13/10/2018 20h00

Transcription

Namouri Dossi : Vous écoutez Radio France Internationale. Il est 22h00 à Paris, 00h30 à Kaboul, 20h00 en temps universel. Soyez les bienvenus dans le Journal en français facile à mes côtés ce soir Zéphirin Kouadio, bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir.

ND : À la une du journal : une moto piégée a causé la mort d’au moins 14 personnes en Afghanistan. Cet attentat s’est produit lors du rassemblement électoral d’une candidate aux élections législatives du 20 octobre. Donald Trump menace dans une interview le président américain affirme que de sévère mesures seront prises si l’implication de l’Arabie Saoudite était prouvée au sujet de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi. La colère des organisations de défense des droits humains à la suite de l’élection de certains pays au Conseil des droits de l’homme. Explications à suivre. Enfin nous retrouverons Yvan Amar pour le mot de la semaine.

-----

ND : Le triste scénario est connu en Afghanistan. Une foule qui se réunissait pour le meeting d’une candidate aux législatives dans la province de Takhar dans le nord-est, a été la cible d’un attentat à la moto piégé. Au moins 14 personnes sont mortes on compte également une cinquantaine de blessés. Il s’agit de la première attaque menée contre une femme candidate. Mais depuis le début du processus électoral. Certains des 2 500 candidats en lice font l’objet d’attaque et de menaces. C’est dans ce climat de peur et de tension que le scrutin doit se tenir la semaine prochaine. Correspondance à Kaboul. Sonia Ghezali.

L’explosion a retenti sur un large terrain où près d’un demi-millier de personnes, en majorité des femmes, étaient rassemblées pour assistera au meeting de campagne de la candidate Nazifia Yousufi Bek. Les explosifs étaient dissimulés dans une moto garée à proximité indique plusieurs sources sécuritaires. La candidate aux élections législatives est arrivée sur les lieux peu après l’attaque, échappant à attentat qui visait le rassemblement.   Deux autres candidats, l’un dans l’est, l’autre dans le sud du pays n’ont pas eu cette chance, succombant a leurs blessures après des attaques qui ont visé leurs meetings politiques les 2 et 9 octobre dernier. Depuis le début du processus électoral, 8 candidats ont été tues dans des attaques cibles revendique ou pas, dans certains cas, les auteurs étaient des hommes armes non identifies, le groupe EI, ou encore les talibans. C’est en ayant conscience de ces menaces que les candidats aux élections législatives mènent leur campagne. Nombreux sont ceux qui ont renoncé à organiser des meetings politiques préférant se limiter à du porte-à-porte, ou à une campagne active sur les réseaux sociaux. Le scrutin qui se tiendra samedi prochain avec 3 années de retard sur le calendrier initial se déroulera dans un contexte sécuritaire plus qu’incertain avec les talibans qui ont appelé à faire échouer le processus électoral.

ZK : Andrew Brunson était à la Maison-Blanche ce samedi pour une rencontre dans le bureau ovale avec Donald Trump.

ND : Ce pasteur américain était au cœur des tensions diplomatiques entre Washington et Ankara. La justice turque a décidé de le remettre en liberté hier après l’avoir été condamné à trois ans et un mois de prison pour soutien à des organisations terroristes. Cette libération a été saluée par Donald Trump. Le chef d’état américain a remercié son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour son aide. Tout en annonçant un réchauffement des relations entre les deux pays alliés.

ZK : La disparition du journaliste Jamal Khashoggi suscite de nombreuses interrogations. Critique du pouvoir saoudien et du prince héritier Mohammed ben Salmane. Ce journaliste exilé aux États-Unis n’a plus donné signe de vie depuis le 2 octobre.

ND : Il s’agit de la date de sa visite au consulat saoudien d’Istanbul en Turquie. Depuis la thèse de l’assassinat est évoquée. Pour des responsables turcs, Jamal Khashoggi aurait été tué à l’intérieur du consulat. La culpabilité des autorités saoudiennes n’est pas à exclure pour le président américain. Donald Trump a reconnu que Riyad pouvait bien être derrière cette disparition. Tout en indiquant que les États-Unis infligeront un châtiment sévère à l’Arabie saoudite si le royaume est responsable de cette disparition.

« Pour l’instant, ils démentent et ils démentent vigoureusement. Alors, est-ce que ça pourrait être eux ? Oui ! Et dans un futur pas très lointain, je pense qu’on connaîtra la vérité ». Vous pourriez envisager des sanctions ? « Eh bien ça dépend de quel genre de sanctions.  Je vais vous donner un exemple, ils commandent des équipements militaires. Tout le monde à travers le monde voulait décrocher cette commande. La Russie la voulait, la Chine, nous on la voulait aussi. Nous l’avons eue, et nous l’avons eu entièrement. Donc Boeing, Lockheed... je ne veux pas nuire aux emplois. Je ne veux pas perdre une commande pareille. Et vous savez, il y a d’autres manières de punir. C’est un mot très dur, “punir”, mais c’est vrai ! Beaucoup de choses sont en jeu, et surtout peut-être parce qu’il s’agit d’un journaliste. Peut-être que cela vous étonne que je dise ça, mais il y a quelque chose de vraiment terrible et révoltant s’ils sont impliqués. Donc on va voir. On va aller jusqu’au bout de cette affaire et il y aura un châtiment sévère ».

ZK : Élections municipales et régionales ce samedi en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens se sont rendus aux urnes dans le calme.

ND : En dehors de l’élection des 201 maires et 31 présidents de conseils régionaux. Le principal enjeu de ce scrutin consistait à mesurer le rapport de force entre les différentes formations politiques avant la présidentielle de 2020.

ZK : Ce vendredi, le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU renouvelait le tiers de ses membres. Le résultat a provoqué la fureur de plusieurs ONG de défense des droits de l’homme.

ND : La raison de cette colère est l’entente préalable entre les différentes nations. Toutes s’étaient mises d’accord pour ne présenter que 18 candidats... pour les 18 postes. À l’arrivée l’ensemble des candidatures ont été acceptées. Problème. Certains pays élus ne sont pas réputés pour défendre les droits de l’homme. Les explications, Christophe Paget.

Le Conseil des Droits de l’homme a été créé en 2006 pour promouvoir et protéger les droits humains à travers le monde. Il remplaçait la Commission des droits de l’homme, discréditée selon un rapport de l’ONU par la présence en son sein de nombreux pays ne respectant pas ces droits. Mais après 12 ans d’exercice le Conseil irait dans la même direction que son prédécesseur selon plusieurs ONG, qui dans un communiqué dénoncent l’élection ce vendredi de six pays – Bahreïn, Bangladesh, Cameroun, Érythrée, Philippines, Somalie. De son côtéHuman Rights Watch parle d’un vote « ridicule et sans concurrence », et estime qu’« en favorisant des pays violant les droits de l’homme et en ne présentant qu’un nombre de candidats équivalents au nombre de sièges à pourvoir, les groupes régionaux risquent de saper la crédibilité et l’efficacité du Conseil ». Même son de cloche du côté de l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, qui s’est félicitée que son pays se soit retiré du Conseil en juin dernier – un Conseil que Washington avait accusé d’hypocrisie, notamment à l’égard d’Israël, et qualifié de « cloaque de partis politiques ». Hier avant le vote la présidente de l’Assemblée générale avait rappelé que tous les pays de l’ONU sont habilités à postuler. En 2015 déjà l’élection de l’Arabie saoudite avait été vivement critiquée par les associations de défense des droits de l’homme.

ND : Vous êtes sur la radio du monde. C’est le moment de retrouver Yvan Amar pour le mot de la semaine.

Le Prix Bayeux vient d’être décerné pour récompenser deux reporters de guerre. Donc des journalistes a priori courageux, qui font un métier à risque, pour nous renseigner sur des situations mal connues. Les reporters sont donc des journalistes. Mais attention ! Tous les journalistes ne sont pas des reporters. A priori le reporter v sur le terrain, comme un observateur. Il raconte ce qu’il voit, le « rapporte ». D’où son nom. Reporter est bien sûr un anglicisme, emprunté au vocabulaire anglais du journalisme. Mais l’anglicisme a été au départ emprunté à la langue française. Et d’ailleurs le français le réemprunté, et refrancisé : on écrit reporteur. Et on trouve le mot dans l’expression JRI, journaliste reporteur d’images, qui s’applique à une journaliste de télévision, ou en tout cas, d’images : il tourne, il filme, il explique et commente les images qu’il a captées. Et en ce moment, le reportage a du prestige, et les reporteurs aussi (ou les reporters... puisqu’on trouve les deux orthographes). On parle des grands reporters, qui envoient de grands reportages : des informations intéressantes et souvent spectaculaires. Cet adjectif « grand » a en ce moment une certaine cote dans le vocabulaire des journalistes : grands entretiens, grand atelier... Alors qu’il y a quelques dizaines d’années, on parlait de Tintin, petit reporter.

Article publié le 13/10/2018

RFI - Radio France Internationale