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Infos en français facile : Édition du 14/10/2018 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, 20h en temps universel. L’heure de votre Journal en français facile. Zéphyrin Kouadio est à mes côtés pour vous présenter cette édition. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir.

LB : À la une ce soir : l’Allemagne et les élections en Bavière. Synonyme de revers pour les alliés d’Angela Merkel. La CSU qui perd la majorité absolue.

ZK : L’affaire Khashoggi. Ce journaliste saoudien disparu il y a deux semaines à Istanbul. Berlin, Londres et Paris réclament « une enquête crédible » aux autorités turques et saoudiennes.

LB : Et puis nous reviendrons sur la canonisation par le Pape François de deux personnalités contestées en leur temps, l’archevêque salvadorien Oscar Romero et le pape italien Paul VI.

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ZK : On part en Allemagne pour débuter ce journal. En Bavière plus précisément où la chancelière Angela Merkel enregistre une défaite dans les urnes.

LB : Une défaite lors d’élections régionales qui auront été fatale à la CSU, le parti conservateur, allié incontournable pour la chancelière. L’Union chrétienne sociale perd sa majorité absolue face à la montée des Verts et de l’extrême droite. À Munich, les précisions de l’envoyé spécial de RFI, Pascal Thibault.

La Bavière c’est la CSU » : le raccourci prisé par l’union chrétienne sociale n’est plus tout à fait vrai. Le parti subit une défaite historique dans son fief avec 37 % des voix contre 47 % il y a cinq ans. Une victoire amère, mais la CSU reste le parti dominant. Une alliance avec un parti indépendant de droite pourrait se mettre en place faute de majorité absolueCette défaite sévère des alliés d’Angela Merkel fragilise encore le gouvernement de la chancelière allemande. La CSU va se pencher sur ses erreurs, mais le parti bavarois pourrait aussi accentuer ses attaques contre la chancelière pour expliquer ses problèmes dans son fief. Une défaite de la CSU affaiblit le camp conservateur dans son ensemble alors que la CDU, cette fois, doit affronter une élection difficile dans deux semaines en Hesse. Et l’échec historique du SPD qui passe sous la barre des 10 % en Bavière déstabilise un peu plus un parti au plus mal dans les sondages et pour lequel la grande coalition a été un pis aller. Ceux qui plaident pour une sortie du gouvernement pourraient monter le ton. Pascal Thibaut Munich RFI.

ZK : À la une également, les négociations du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Elle doit dans les faits, intervenir au printemps prochain.

LB : Mais les conditions de cette sortie ne sont pas encore définies malgré ce qu’affirmait en fin de journée le site d’information politico. Ce soir, le négociateur en chef de l’UE, le Français Michel Barnier, précise sur Twitter que « certaines questions clés sont encore en suspens ». Les négociateurs européens et britanniques n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la question de la frontière irlandaise.

ZK : Et puis l’affaire Jamal Khashoggi et cette déclaration commune de Paris, Londres et Berlin qui s’adressent à l’Arabie saoudite et à la Turquie.

LB : Et qui demandent une « enquête crédible » sur la disparition du journaliste saoudien après une visite au consulat de son pays à Istanbul, c’était il y a deux semaines. Jamal Khashoggi, critique à l’égard du prince héritier Mohammed ben Salmane et qui collaborait notamment avec le Washington Post, n’a plus donné de nouvelles depuis le 2 octobre. Des sources turques affirment qu’il a été assassiné. Les autorités saoudiennes sont soupçonnées d’être impliquées dans ce dossier, ce qu’elles nient en bloc. Hier, Donald Trump a promis « un châtiment sévère » contre Riyad en cas précisément d’implication dans la disparition du journaliste.

ZK : Le Président américain qui s’exprimait également sur un autre dossier, sa volonté de séparer les familles de migrants à leur arrivée aux États-Unis.

LB : L’objectif pour la Maison-Blanche c’est d’éviter l’immigration clandestine. Un objectif que permettent ces mesures mises en place il y a trois mois. Donald Trump l’a réaffirmé hier. Malgré les nombreuses critiques, aux États-Unis comme à l’étranger, Donald Trump qui persiste et signe : cette tolérance zéro doit se poursuivre. Les explications de Marie Normand.

« S’ils sentent qu’ils vont être séparés, ils ne viennent pas ! » Pour Donald Trump, le décret a été efficace. S’il a dû le suspendre en raison de violentes critiques internes, le président américain envisage de le remettre en place, sous une nouvelle forme, dans les prochaines semaines. L’idée, assure-t-il, est avant tout de protéger les États-Unis. «Vous avez des personnes mal intentionnées qui se servent des enfants pour pouvoir rentrer. Ce ne sont pas leurs enfants, ils ne les connaissent même pas ! » En seulement 6 semaines, en mai et juin cette année, plus de 2500 enfants ont été séparés de leurs parents et placés dans des centres de détention spéciaux. L’administration américaine peine maintenant à les réunir, comme le lui demande la justice, car ces mineurs doivent passer devant un juge avant éventuellement de retrouver leur famille. Pour le président cependant, décourager les migrants est le seul moyen d’endiguer ce qu’il qualifie de crise a la frontière mexicaine. « Le pays va si bien sur le plan économique que beaucoup de gens pauvres veulent venir. Nous devons donc être très fermes ». Une fermeté qui ne décourage pas de nombreux migrants d’Amérique centrale. Depuis le début du mois, des milliers de familles guatémaltèques ont par exemple traversé la frontière clandestinement pour se rendre en Arizona. Les centres de détention sont submergés, et les services de l’immigration disent ne plus être en mesure de traiter les dossiers.

ZK : 22h au Vatican où l’on se rend à présent, quelques heures après une cérémonie présidée par le Pape François.

LB : Une messe de canonisation, soit l’inscription officielle d’une personne sur la liste des saints, c’était ce matin, place Saint-Pierre. Parmi les nouveaux élus, le pape Paul VI ou encore Monseigneur Oscar Romero, l’ancien archevêque de San Salvador assassiné en 1980. Le reportage de notre correspondant au Vatican Eric Sénanque.

Un à un, le Pape François a prononcé le nom des sept nouveaux saints, récitant la traditionnelle formule de canonisation. Parfois connus comme le Pape Paul VI ou l’ancien archevêque salvadorien Oscar Romero, ils le sont moins comme ces deux religieuses, l’une allemande, l’autre espagnole qui ont créé des congrégations au service des plus pauvres. Chacun a expliqué François dans son homlie, qu’il soit pape, archevêque ou même simple laïc comme Nunzio Sulprizi, jeune artisan napolitain mort à seulement 19 ans ont traduit par leur vie la Parole de Jésus : « Viens et suis-moi ». Sans calculs, ils ont vécu « avec le désir de risquer et de quitter » a rappelé le Pape François. Dans la foule des nombreux fidèles, des drapeaux, italiens, espagnols, mais aussi surtout salvadoriens. Plus de 5000 pèlerins ont fait le voyage pour fêter Mgr Romero, comme Mercedes, venue avec sa fille, et qui ne cache pas son émotion. « C’est le premier saint de notre pays, le Salvador, il a énormément lutté pour les droits des plus vulnérables et aujourd’hui, il en récolte le fruit, il est récompensé.iI a été canonisé et nous Salvadoriens nous sommes vraiment reconnaissants pour cela ». Sur les tee-shirts ou des casquettes, chacun a affiché le visage d’un des sept nouveaux saints de l’Église catholique, dont le portrait a été accroché sur la façade de la basilique Saint-Pierre.

ZK : Cette information avant de refermer ce journal de notre envoyé spécial permanent en Côte d’Ivoire. Des affrontements entre forces de l’ordre et des partisans d’un candidat indépendant dans la région de Séguela dans l’ouest du pays.

LB : Affrontements qui ont fait deux morts et plusieurs blessés ce matin. Les partisans du candidat, mécontents de l’issue du vote ont bloqué une route. Sommés de dégager le passage, les manifestants s’en sont pris aux gendarmes qui ont riposté. Fin de ce journal que vous pouvez, je le rappelle, retrouver en version écrite sur notre site rfi.fr. Tout de suite, vous avez rendez-vous avec Yvan Amar pour l’expression de la semaine.

Maryse Condé, grande écrivaine antillaise, vient d’être récompensée par le prix Nobel de littérature alternatif, le nouveau prix de littérature, puisque le Nobel officiel de littérature n’est pas remis cette année. Et à propos de Maryse Condé, RFI a parlé de « monstre sacré ! C’est très élogieux bien entendu : l’expression met en valeur l’importance de l’artiste. Et on emploie cette formule à propos d’une personnalité immense et centrale, dans la littérature, le cinéma, la musique par exemple. Et même le théâtre puisque l’expression a été inventée par l’écrivain Jean Cocteau à propos de la comédienne Sarah Bernhardt, extraordinairement célèbre à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Un monstre sacré donc ! Comme si c’était une personnalité totalement hors-norme, c’est-à-dire qui dépasse nos habitudes. Le monstre sacré a quelque chose de presque surhumain. Comme le monstre. Et sacré, car on n’y touche pas ! Et on peut accepter de cette personne ce qu’on n’accepterait de personne d’autre ! Comme si elle appartenait à la mythologie, aux légendes des anciens. Comme le Minotaure par exemple, moitié homme, moitié taureau, qui vivait dans un labyrinthe et dévorait les hommes qui venait s’attaquer à lui. On ne pouvait même pas dire qu’il était méchant ou cruel : il était au-delà de la justice des hommes et de leur jugement ! Alors lorsqu’on parle de monstre sacré à propos de nos vedettes, on n’en est pas là. Mais cela montre bien qu’ils sortent du lot, qu’ils sont tout à fait à part !

Article publié le 14/10/2018

RFI - Radio France Internationale