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Infos en français facile : Édition du 07/10/2019 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.  

RA : À la une de l’actualité ce soir : vers une offensive turque en Syrie. L’inquiétude de la communauté internationale après l’annonce du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie, région frontalière avec la Turquie.

SB : Une pluie pour éteindre les incendies en Amazonie. Les intempéries du week-end dernier ont permis d’éteindre les feux qui duraient depuis plus d’un mois dans l’est de la Bolivie. Notre reportage dans le Journal en français facile.

RA : Et puis en France le délicat débat sur l’immigration. Il s’est tenu ce soir à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a évoqué la mise en place de quotas. Nos explications à suivre.

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SB : Une offensive turque en Syrie pourrait avoir lieu à tout moment.

RA : C’est le Président turc Recep Tayiip Erdoğan qui l’affirme. Une offensive qui pourrait être possible en raison du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie. Les forces turques pourraient alors mener une action militaire contre leurs ennemis kurdes. Une perspective qui inquiète, car les Kurdes sont les alliés des États-Unis dans la lutte contre le groupe État islamique. D’où la surprise qu’a constituée l’annonce, hier, des États-Unis de procéder au retrait de leurs troupes. Explications Murielle Paradon.

C’est une annonce surprise. Jusque-là les États-Unis restaient positionnés dans le nord de la Syrie pour prévenir une résurgence de l’organisation État islamique. Ils soutenaient les milices kurdes qui étaient en première ligne dans la lutte contre les djihadistes. Mais dimanche soir, la Maison-Blanche a donc annoncé le retrait de ses troupes. Les Américains ne veulent pas, disent-ils, interférer dans l’opération militaire qui se prépare. La Turquie a en effet prévu de longue date d’intervenir dans le nord de la Syrie, contre les milices kurdes, qu’elle considère comme des mouvements terroristes. Ankara voit d’un mauvais œil le projet d’autonomie des Kurdes à sa frontière, projet qui pourrait relancer les velléités séparatistes sur son sol. Et la Turquie se dit à bout de patience, car elle comptait mettre en place une zone tampon dans cette région, mais les discussions avec les États-Unis pour sa mise en place ont trop tardé. On ignore quand cette opération militaire pourrait avoir lieu. Chaque partie, Turque et kurde, se dit prête à l’affrontement.

RA : L’inquiétude d’une partie de la communauté internationale. L’ONU dit s’attendre au pire et craint une crise humanitaire en cas d’offensive turque. L’Union européenne et la France demandent à Ankara de renoncer à son projet.

SB : Dans l’actualité internationale également : la pluie en Amazonie.

RA : On peut parler de pluie salvatrice, salvatrice cela veut dire « qui sauve ». Et en effet cela a sauvé une partie de l’Amazonie, car les intempéries de ce week-end ont permis d’éteindre des incendies qui étaient en cours depuis plus d’un mois dans l’est de la Bolivie. Ce soir c’est l’heure du constat : 4 millions d’hectares ont brûlé. Les petits paysans sont dévastés. C’est un reportage de l’envoyée spéciale de RFI en Amazonie, Lucile Gimberg.

« Nous stockons nos graines juste à côté de là où nous cultivons... Et tout ça a brûlé. Nous n’avons plus rien à semer. Je ne sais pas ce qu’on va faire cette année. On n’a pas d’argent pour acheter des graines... Je suis triste, je vis avec toute ma famille. Toute notre nourriture a brûlé, on n’a rien. Et c’est pareil pour la majorité des gens du village, ils n’ont rien. » Donato s’est déplacé jusqu’à la petite ville amazonienne de Concepción, à 150 km de pistes, pour demander de l’aide aux autorités : des vivres et des médicaments surtout. Car les enfants sont malades. Moises Camacho, professeur dans le même village, l’accompagne : « Ces dernières semaines, les enfants ont commencé à être malades. Ils ont mal aux yeux, à la tête, mal au ventre... Ils ont peut-être été intoxiqués par ces fumées épaisses qu’il y a eu sur notre village. » La semaine dernière, un de leur voisin est mort en tentant d’empêcher le feu d’envahir sa réserve de riz qu’il venait à peine de trier avant de semer. Lucile Gimberg, Santa Cruz, RFI.

SB : En France un débat délicat sur l’immigration.

RA : Délicat car c’est un sujet très politique, et ce débat s’est déroulé à l’Assemblée nationale. C’était un souhait du Président Emmanuel Macron, mais preuve que le sujet est sensible, même au sein de son parti certains étaient contre ce débat. C’est le Premier ministre Edouard Philippe qui a ouvert les échanges. Il a exposé ses pistes. Et la première d’entre elles, la possibilité de mettre en place des quotas, c’est-à-dire décider d’un nombre précis de migrants à accueillir. On l’écoute.

[Transcription manquante]

RA : Édouard Philippe ce soir à l’Assemblée nationale lors de l’ouverture du débat sur l’immigration. Propos recueillis par Julien Chavanne. À retenir également du discours du Premier ministre : Edouard Philippe veut lancer une réflexion sur les prestations sociales qui sont accordées aux demandeurs d’asile. Et il affirme vouloir revoir la stratégie de l’aide publique au développement, qui correspond à l’aide aux pays en voie de développement.

SB : Autre point qui a été évoqué lors de ce débat : l’aide médicale d’État ?

RA : C’est une aide qui permet aux étrangers sans papiers d’être soignés en France. La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est exprimée sur le sujet ce soir à l’Assemblée nationale. Elle a annoncé un plan de lutte contre les fraudes. L’AME est régulièrement au cœur de critiques en raison du coût de cette aide. C’est l’occasion d’expliquer ce qu’est précisément cette aide médicale d’État, avec Laurence Théault.

L’Aide Médicale d’État ou panier est réservée aux migrants en situation irrégulière, c’est à dire sans titre de séjour ni récépissé de demande d’Asile. L’AME prend en charge 100 % de leurs frais médicaux dans la limite des tarifs de la sécurité sociale. Pour en bénéficier, deux conditions sont requises : pouvoir témoigner de 3 mois de présence sur le territoire national et ne pas gagner plus de 746 euros. Le dispositif est très encadré et n’ouvre pas de droit à des soins dits « de confort ». L’AME offre des prestations de base, principalement des soins médicaux et dentaires, des frais d’analyses, d’hospitalisation et d’intervention chirurgicale, des vaccins, certains dépistages comme le VIH, des frais liés à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse. Contrairement aux autres assurés sociaux en France, les bénéficiaires de l’AME n’ont en revanche pas le droit à certaines prestations, par exemple les cures thermales ou la procréation médicalement assistée. En 2018, 311 000 migrants ont eu recours à l’aide médicale d’État. Le coût est évalué en 2019 à 930 millions d’euros pour l’État. Ce budget augmente régulièrement, il était de 605 millions d’euros en 2014. 

SB : Et puis c’est parti pour la saison des prix Nobel.

RA : Le premier Nobel de l’année a été décerné, le Nobel médecine. Il y a trois lauréats, deux Américains et un Britannique. Ils ont été récompensés pour leurs recherches sur l’adaptation du corps au manque d’oxygène. Demain c’est le Nobel de chimie qui sera décerné. Et le plus attendu, vendredi, le Prix Nobel de la paix.

SB : Et puis la mort d’une des grandes voix du football en France.

RA : Le journaliste Eugène Saccomano est décédé à l’âge de 83 ans. Il avait un style inimitable lors de ses commentaires. Passionné de radio il a passé plus de 40 ans à Europe 1 avant de rejoindre RTL pendant 10 ans. « Une légende, vous diront les plus flatteurs, une grande voix du football, rectifieront les connaisseurs (...) le roi de l’anecdote et des scoops », a déclaré le directeur des sports de RTL. Fin de ce Journal en français facile.

Article publié le 07/10/2019

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