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Infos en français facile : Édition du 11/10/2019 20h00

Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre journal en français facile que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir.

LB : À la une : les bombardements de l’armée turque qui s’intensifient dans le nord de la Syrie contre des cibles kurdes. Depuis mercredi, ils ont poussé au moins 100 000 civils à fuir de chez eux selon les Nations Unies. 

ZK : À suivre également, le Nobel de la paix pour le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed salué pour avoir réconcilié son pays avec l’Érythrée.

LB : Et puis du football avec Islande -France. Match de qualifications pour l’Euro 2020, 0-0 pour l’instant à Reykjavik.

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ZK : Tout d’abord, la situation dans le nord de la Syrie, deux jours après le début de l’offensive turque contre des positions kurdes. Offensive qui n’est pas sans conséquence sur les populations civiles.

LB : L’ONU parle de 100 000 déplacés en raison des combats du côté turc de la frontière. On retrouve notre envoyée spéciale Oriane Verdier.

Les habitants fuient, car ils ne savent pas combien de temps cette situation va durer ni quelle est la capacité réelle de résistance et de réponse des forces kurdes syriennes. Dans certaines villes des opérations d’évacuation ont été menées par les autorités. Plusieurs tirs de mortiers ont touché des bâtiments civils. Dans la ville d’Akcakale où nous nous trouvons, toute la journée nous avons entendu des propos à la gloire du président Erdoğan. « Il faut anéantir les terroristes soutenus par les États-Unis. » Voilà en résumé les propos tenus par ceux qui acceptent de nous parler. Un vieil homme nous confiait tout de même qu’il aurait préféré que les autorités préparent mieux cette opération en prenant en compte les civils, car en réalité tout le monde est dans l’attente. Alors que les rues sont de plus en plus désertes, les détonations des tirs de l’artillerie turque ont rythmé la journée. Ils visent la ville d’en face Tall Abyad pendant que les milices soutenues au sol par Ankara encerclent petit à petit la zone urbaine syrienne. Ainsi à Akcakale depuis un jardin public aux buissons bien ordonnés on peut observer une fumée menaçante s’élever vers le ciel. Un contraste étrange entre le calme côté turc et l’horreur que l’on ne peut qu’imaginer à quelques kilomètres de nous.

ZK : Ce soir, le président Recep Tayyip Erdoğan affirme que la Turquie « ne stoppera pas » l’opération qu’elle mène en Syrie. Un peu plus tôt, les États-Unis avaient mis en garde Ankara contre de « graves conséquences » si elle n’interrompait pas son assaut.

LB : Autre réaction à cette intervention turque dans le nord-est de la Syrie, celle de Moscou. La Russie qui si elle n’a pas condamné l’offensive militaire de Recep Tayyip Erdoğan, s’inquiète cependant des conséquences sur la région. Notamment de voir se disperser dans la nature les combattants du groupe État islamique, détenus par les Kurdes, c’est ce qu’a déclaré ce vendredi Vladimir Poutine, le président russe.

« Dans le nord de la Syrie se trouvent des zones où sont concentrés des combattants de l’organisation de l’État islamique. Jusqu’à ce jour ce sont les Kurdes qui assuraient leur surveillance. Et voilà que l’armée turque intervient, et que les Kurdes abandonnent les camps où ces combattants sont retenus. Or, ils peuvent se disperser facilement. Et je ne suis pas sûr que l’armée turque puisse prendre ces zones rapidement sous contrôle. Selon le service de renseignement de notre état-major, on y trouve des centaines et des milliers de combattants. Ce qui constitue pour nous tous une vraie menace. Où vont-ils se diriger ? Vers la Turquie ? Vers d’autres territoires ? Iront-ils au fin fond de la Syrie pour investir des territoires qui ne sont aujourd’hui contrôlés par personne ? Passeront-ils par l’Irak ou encore d’autres pays de la région ? Nous devons être conscients de la menace qu’ils représentent et mobiliser les ressources de nos services spéciaux afin de contrer cette menace. » 

ZK : Lui se dit honoré et ravi. Lui c’est Abiy Ahmed, lauréat du Prix Nobel de la paix.

LB : Le Premier ministre éthiopien se voit distingué pour son travail de réconciliation avec l’Érythrée dont il a été l’artisan depuis son arrivée au pouvoir à Addis Abeba, il y a seulement 18 mois. Son portrait par Magalie Lagrange.

Abiy Ahmed arrive à la tête du 2e pays le plus peuplé d’Afrique en avril 2018. En quelques mois, il se fait un nom sur la scène internationale. Il signe la réconciliation avec son voisin, l’Érythrée sur un différend frontalier vieux de deux décennies. Une réconciliation marquée par la réouverture d’ambassades, de postes-frontière, et la reprise de liaisons aériennes entre les deux pays. Toutefois, les spécialistes soulignent que peu de choses ont changé concrètement sur le terrain. L’ouverture des frontières n’est qu’intermittente et ne profite qu’aux commerçants. La frontière n’a pas été démarquée. En clair, le chemin à parcourir est encore long pour vraiment régler la situation. Abiy Ahmed, issu de l’ethnie Oromo, a également entrepris de nombreuses réformes à l’intérieur de son pays. Le Premier ministre a fait libérer des milliers de prisonniers politiques. Une commission de réconciliation a été créée. Toutefois, ses réformes lui valent des rancœurs, de la part de la vieille garde du régime. Il faut aussi signaler que le pays fait actuellement face à une flambée de violences intercommunautaires, alors que des élections législatives sont prévues en mai prochain.

ZK : L’actualité internationale c’est aussi cet accord entre Londres et Bruxelles pour lancer des négociations intensives à 20 jours de la date butoir du Brexit.

LB : Les 27 États membres ont donné leur feu vert à leur négociateur Michel Barnier qui avait rencontré dans la matinée son homologue britannique, Stephen Barclay. L’entretien est qualifié de « constructif » par le Français qui demande toutefois de la patience : « Le Brexit, c’est comme gravir une montagne. Il faut de la vigilance, de la détermination et de la patience » a-t-il expliqué devant les journalistes.

ZK : L’Angleterre où un homme d’une quarantaine d’années a été arrêté après une attaque à l’arme blanche à Manchester.

LB : Dans le nord du pays, il y a 2 ans, la ville avait été frappée par un attentat à la bombe qui avait fait 22 morts à la sortie d’un concert. Ce vendredi, un homme seul, armé d’un couteau, a blessé plusieurs personnes dans le centre commercial d’Arndale. Ses motivations sont pour l’heure inconnues.

ZK : En France, une semaine après l’attaque meurtrière à a préfecture de Police de Paris, deux policiers désarmés » en raison de « soupçons de radicalisation ».

LB : Deux fonctionnaires en poste en Ile-de-France, « Une demande de suspension a été faite pour l’un d’entre eux ». Cette décision intervient après le meurtre de 3 policiers et un agent administratif à l’intérieur de la préfecture de police par Mickaël Harpon, un employé soupçonné de radicalisation islamiste.

ZK : Et puis cette information qui vient de nous parvenir : l’arrestation à Glasgow de Xavier Dupont de Ligonnès.

LB : Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011 à Nantes. Il était activement recherché depuis. Il a été arrêté à l’aéroport de Glasgow (Écosse), il avait été repéré un peu plus tôt avant d’embarquer à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle.

ZK : Direction l’Islande pour du football : Islande-France, c’est ce soir à Reykjavik.

LB : Match comptant pour les qualifications pour l’Euro 2020. On retrouve notre envoyé spécial Antoine Grognet. Dans ce stade au nom imprononçable, pour qui n’est pas Islandais. La 2e mi-temps vient de débuter, à Reykjavik.

[Transcription manquante]

Article publié le 11/10/2019

RFI - Radio France Internationale