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Infos en français facile : Édition du 02/06/2020 20h00

Transcription

Merci d’écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L’heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une :
- le monde de la culture à l’arrêt pour dénoncer le racisme aux États-Unis et demander du changement. La colère gronde toujours dans le pays, une semaine après la mort d’un Afro-Américain, George Floyd, pendant son arrestation par des policiers blancs. Joe Biden a critiqué aujourd’hui la réponse de Donald Trump aux manifestations.
- en France, cela fait quatre ans que la famille d’Adama Traoré demande justice. Lui aussi est mort suite à un contrôle de gendarmes. Une nouvelle expertise les met en cause. Une manifestation est toujours en cours dans le nord de Paris.
- et puis, des passagers aussi éloignés que possible, des désinfections régulières, mais pas forcément un siège vide sur deux. L’Organisation de l’aviation civile internationale publie ses recommandations pour la reprise des voyages en avion face au coronavirus.

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JCR : Septième nuit de colère et de manifestations aux États-Unis, une semaine après la mort de George Floyd et alors que deux autopsies, une indépendante et l’autre officielle, ont statué hier soir qu’il était bien mort d’asphyxie, c’est-à-dire étouffé pendant son arrestation par un policier blanc. À New York, le couvre-feu commencera ce soir, trois heures plus tôt qu’hier à 20h. La police a arrêté des centaines de personnes après des pillages sur la 5e avenue lundi soir. La colère monte et les messages de soutiens aux manifestants se multiplient. Après le sport, le cinéma et les plates-formes de streaming, c’est au tour de l’industrie musicale de lancer aujourd’hui : le Black Out Tuesday, ça veut dire le mardi débranché. Myriam Berber.

Faire bloc contre les violences policières et les discriminations. C’est l’objectif de ce mouvement qui est appelé à durer. Concrètement, aujourd’hui, les entreprises musicales vont fermer leurs bureaux pour la journée. Les plates-formes de téléchargement vont inclure, dans leurs playlists, des silences de 8 minutes et 46 secondes. La durée pendant laquelle, l’officier de police Derek Chauvin a collé son genou contre le cou de George Floyd. Même soutien, du côté du secteur du jeu vidéo. Play Station et Sony ont décidé de reporter le lancement de plusieurs produits. Malgré les pillages et le mauvais climat des affaires, les grandes entreprises américaines, dans leur ensemble, témoignent de leur solidarité avec les manifestants. Nike, Netflix, Disney ou encore des banques comme Citygroup dénoncent le racisme qui ronge la société américaine. Un soutien pour la cause noire, qui n’est pas dénuée d’arrière-pensée, en cette période d’incertitudes économiques.

JCR : Myriam Berber. Et la semaine de colère qui vient de s’écouler aux États-Unis a poussé Joe Biden à s’aventurer hors de son État du Delaware pour la première fois depuis mi-mars. Lors d’un discours à Philadelphie aujourd’hui, l’ex-vice-président candidat démocrate à la présidentielle de novembre a accusé Donald Trump d’avoir transformé le pays en champs de bataille. Le président américain a menacé hier de déployer l’armée contre les manifestants. Joe Biden dénonce aussi « l’opération de communication » de Donald Trump qui s’est rendu hier devant une église près de la Maison Blanche une bible à la main. Quelques minutes avant des manifestants près de la résidence du président étaient dispersés par la police avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. 
Il n’y a pas qu’aux États-Unis que Donald Trump est critiqué pour sa réponse aux manifestations. Son extrême fermeté ne passe pas inaperçue à Pékin et à Hong Kong. Le chef de la diplomatie chinoise dénonçait hier la « maladie chronique du racisme » et les violences policières aux États-Unis. Le chef du gouvernement de Hong Kong dénonce de son côté le « deux poids, deux mesures » de Donald Trump qui traite d’un côté les manifestants américains d’émeutiers ou de terroristes, mais qui salue dans le même temps les militants prodémocratie dans la province  et dénonce la loi sur la sécurité nationale que la Chine veut leur imposer. Mais la Chine et ses soutiens ont-ils raison de faire cette comparaison ? Pas forcément nous dit Philippe Le Corre, il est chercheur à la Harvard Kennedy School.

[Transcription manquante]

JCR : Propos recueillis par Heike Schmidt. Je vous en parlais en début de journal aux États-Unis, l’autopsie indépendante demandée par la famille de George Floyd a poussé les autorités à reconnaître hier soir que George Floyd était mort d’asphyxie pendant son arrestation. C’est le même débat qui se joue en France autour de la mort d’Adama Traoré il y a quatre ans. Une nouvelle expertise demandée par ses proches met en cause les gendarmes qui l’avaient interpellé. 

Malgré l’interdiction de manifester, des milliers de personnes se sont réunies ce soir devant le tribunal à Paris pour demander justice pour Adama Traoré. Après une manifestation dans le calme, des heurts ont éclaté, la police a fait usage de gaz lacrymogènes. Un incendie est en cours sous un pont, certains manifestants bloquent une partie du boulevard périphérique.

Au moment où les relations entre les Chinois et les États-Unis sont de plus en plus tendues, les Palestiniens s’emploient à renforcer leur relation avec Pékin. Ces derniers ont déjà coupé tous liens avec les États-Unis depuis la décision de Donald Trump de déplacer l’Ambassade américaine à Jérusalem. S’allier avec la Chine pour les Palestiniens est un moyen (d’essayer) d’empêcher Israël d’annexer, c’est-à-dire d’appliquer sa souveraineté sur des pans entiers de la Cisjordanie. Correspondance dans les Territoires Palestiniens d’Alice Froussard.

« Nous voulons voir la chine jouer un rôle plus important dans la région », affirment des cadres de l’Autorité palestinienne. Selon eux, l’administration Trump s’est « discréditée en prenant parti pour Israël, en voulant jouer un rôle dans un quelconque processus de paix ». Alors que, de son côté, Pékin a toujours maintenu sa position en faveur du peuple palestinien. Le ministre des affaires étrangères chinois a encore écrit la semaine dernière à son homologue palestinien soulignant la « profonde préoccupation de la Chine concernant l’annexion des parties de la Cisjordanie, qui ne respecte ni le droit international ni les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU ». Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a d’ailleurs réitéré son soutien au régime chinois : « selon lui, la Chine peut étendre sa souveraineté à tous ses territoires, y compris Hong Kong… » Autre preuve de ce rapprochement sino-palestinien : une équipe médicale chinoise est en passe d’arriver en Cisjordanie pour lutter contre la pandémie de coronavirus, et les Chinois ont donné des subventions à l’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens. Un rapprochement « stratégique », selon des analystes : surtout au moment où Pékin s’emploie avec ardeur à dépasser le statut de superpuissance des États-Unis dans la région. Et quand l’influence grandissante de la Chine en Israël semble de plus en plus problématique pour les Américains. En cherchant à se rapprocher des Chinois, les Palestiniens font ainsi un pied de nez à Washington. Alice Froussard, Ramallah, RFI.

JCR : Et puis après des mois de blocage dû au coronavirus, pourra-t-on bientôt reprendre l’avion dans les pays qui se déconfinent ? L’OACI, l’Organisation de l’aviation civile internationale, a publié une série de recommandations sanitaires que les compagnies doivent respecter pour les voyages. Altin Lazaj.

Les compagnies aériennes sont un peu rassurées, car l’Organisation de l’aviation civile internationale ne préconise pas finalement de laisser libre un siège sur deux pour assurer la distanciation physique entre les passagers. Le secteur jugeait ce système intenable économiquement. L’organisation demande cependant que les voyageurs soient aussi éloignés les uns des autres que possible, en fonction du taux d’occupation de l’avion. Autres mesures préconisées ; le port du masque obligatoire à l’intérieur du terminal ainsi qu’à bord des appareils. La nourriture à bord devra être préemballée, et l’avion désinfecté régulièrement. L’organisation propose entre autres que chaque voyageur présente à son arrivée à l’aéroport une déclaration de santé et subisse un premier contrôle de température. Les passagers sont priés de voyager aussi léger que possible, soit avec un petit bagage à main. Ils ne devront pas être accompagnés de tiers dans les espaces des aéroports sauf pour les personnes handicapées. Toutes ces mesures pourraient évoluer en fonction de l’évaluation des risques et n’ont pas de caractère obligatoire pour les compagnies.

JCR : Altin Lazaj. C’est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous de l’avoir suivi 

Article publié le 02/06/2020

RFI - Radio France Internationale