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Infos en français facile : Édition du 02/12/2020 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI. Il est 21h à Paris, 20h en temps universel.
Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile.

- À la Une ce soir : les premières vaccinations contre le Covid-19 dès la semaine prochaine au Royaume-Uni. Annonce aujourd'hui des autorités britanniques. La Russie demande également que les vaccinations soient lancées « à grande échelle ».

- En Israël, la coalition au pouvoir sur le point d'imploser. Le Parlement a voté ce mercredi en faveur de sa propre dissolution. Explications dans cette édition.

- À suivre également, au Venezuela, une dizaine de partis d'opposition qui prévoient de participer aux élections législatives de dimanche, malgré un appel au boycott.

- Enfin, en littérature, le Goncourt des lycéens attribué à la Camerounaise Djaïli Amadou Amal. Son livre s'intitule Les impatientes et il évoque les violences conjugales.

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RA : Le coup d'envoi, c'est-à-dire le début, de la vaccination contre le Covid-19 dans le monde. Ce matin, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à autoriser le vaccin conçu par l'Allemand BioNTech et l'Américain Pfizer. Les autorités britanniques ont annoncé que le vaccin serait disponible dans tout le pays dès la semaine prochaine. Le Premier ministre Boris Johnson a évoqué une nouvelle « fantastique ». L'agence britannique du médicament assure que le vaccin a été approuvé « sans précipitation ». Cependant, Simon Rozé, il y a des questions qui se posent.

Une autorisation délivrée à peine dix mois après le début du développement du vaccin, c'est inédit, tout comme sa nature. Le produit de Pfizer fonctionne à l'ARN messager. L'idée est toujours la même : stimuler le système immunitaire en lui permettant de s'entraîner sur une cible inoffensive. D'habitude, on peut lui présenter un virus atténué ou un fragment de virus. Pour les vaccins à ARN, c’est notre organisme lui-même qui fabrique cette cible. On lui indique juste comment faire. Cette technologie est plus simple à mettre au point, ce qui explique en partie le temps de développement record du vaccin de Pfizer. Le revers de la médaille, c'est que la logistique qui l'accompagne est bien plus lourde. Il faut le conserver à moins 70 degrés. Au Royaume-Uni comme ailleurs, cela limite le nombre de centres de vaccination. Ce vaccin a par ailleurs fait ses preuves en montrant qu'il peut empêcher la survenue de cas graves, mais on ne sait pas s'il empêche les contaminations. Cette limite conditionne elle aussi les contours des campagnes, au Royaume-Uni comme en France, il sera donc administré en priorité aux personnes les plus fragiles.

RA : Les choses s'accélèrent dans le cadre de la vaccination contre le coronavirus : la preuve quelques heures après l'annonce du Royaume-Uni, le président russe Vladimir Poutine a demandé aux autorités sanitaires de commencer dès la semaine prochaine les vaccinations à grande échelle contre le Covid-19. La Russie qui souhaite utiliser « son » vaccin, le Spoutnik V, qui se trouve dans la troisième et dernière phase d'essais cliniques et jugé efficace à 95%, comme le vaccin de BioNTech et Pfizer.
Enfin la France veut aussi participer à la course au vaccin, les autorités sanitaires ont annoncé aujourd'hui que trois essais de vaccins devraient démarrer dans le pays à partir de la mi-décembre.

En Israël, on se dirige vers de nouvelles élections législatives, il s'agirait des quatrième en moins de deux ans. Ce mercredi, une motion de dissolution du Parlement a été votée en lecture préliminaire par ce même Parlement. 61 voix pour, 54 contre. Un vote qui n'est pas définitif, mais la coalition entre Benyamin Netanyahu et Benny Gantz est de plus en plus fragile. Les deux principales formations au pouvoir se sont lancées dans un bras de fer qui risque de provoquer la chute du gouvernement. À Jérusalem, Guilhem Delteil.

Pour le gouvernement israélien, la menace d'une chute est désormais double. La première est cette proposition de loi de dissolution de la Knesset, passée en lecture préliminaire : il lui reste trois votes à franchir avant d'être définitivement adoptée, mais le texte va poursuivre son parcours dès la semaine prochaine. La seconde est l'obligation de faire adopter un budget avant le 23 décembre ; le débat n'a pour l'instant pas commencé. La course contre la montre est donc double, et le fossé entre les deux principales formations de la coalition ne fait que croître. Benny Gantz, qui exige l'adoption d'un budget - le premier qui serait voté en près de trois ans -, a besoin d'afficher sa fermeté face à Benyamin Netanyahu. Son électorat lui reproche d'avoir cru aux promesses du Premier ministre et il ne peut plus se permettre d'invoquer l'intérêt national pour faire des concessions. Benyamin Netanyahu, lui, veut faire plier son partenaire et obtenir un délai supplémentaire pour le vote du budget afin d'utiliser cette carte dans quelques mois pour provoquer de nouvelles élections selon un calendrier qu'il juge plus favorable. Les deux hommes scrutent tous les sondages : il ne leur reste plus que quelques jours pour décider de l'avenir de leur union. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

RA : Et puis, le premier acte de la reprise des échanges entre Israël et les Palestiniens. L'Autorité palestinienne a annoncé aujourd'hui avoir reçu l'équivalent de plus d’un milliard de dollars de la part d'Israël. Il s'agit de taxes qu'Israël perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne, mais dont le transfert avait été gelé, c'est-à-dire suspendu, suite à l'arrêt de la coordination entre Israéliens et Palestiniens au mois de mai.

Nous partons maintenant au Venezuela, à quatre jours des élections législatives. Un scrutin qu'une grande partie de l'opposition a décidé de boycotter, c'est-à-dire de ne pas y participer, car elle dénonce des fraudes dans l'organisation, c'est le mot d'ordre notamment de Juan Guaido, le chef de l'opposition qui s'était auto proclamé président par intérim il y a deux ans. Mais tous ne suivent pas ce mot d'ordre. Une dizaine de partis en effet se présente comme une alternative au parti au pouvoir du président Nicolas Maduro, et ont choisi de participer à cette élection. C’est le cas du parti Cambiemos. L'envoyée spéciale de RFI à Caracas, Marie Normand, a assisté au dernier meeting de campagne de ses militants. Reportage.

Une salle comble de militants en polos violets, la couleur du parti Cambiemos. Walmer Pereira a 25 ans. Il estime que participer au scrutin est la seule façon pour son pays d’aller de l’avant : « Nous pensons que la solution vient du vote. Nous, on n’a pas le soutien de la communauté internationale. La solution nous l’avons en nous. » Une opposition claire à Juan Guaido, soutenu par une cinquantaine de pays qui le reconnaissent président par intérim du Venezuela. Lui a choisi d’appeler au boycott du scrutin et accuse les partis qui ne suivent pas cette ligne d’être des alliés déguisés du parti au pouvoir. Réponse du secrétaire général de Cambiemos, Timoteo Zambrano : « Ce que propose l’autre partie de l’opposition n’est pas soutenable dans le temps et s’appuie sur des sanctions qui affectent gravement la population. Le gouvernement vit en ce moment ses heures les plus sombres : 84% de la population le rejette. Il n’y a pas de meilleur moment pour le vaincre. » Cambiemos et le bloc auquel ce parti appartient disent espérer remporter au moins 50% des sièges à l’Assemblée nationale. Timoteo Zambrano espère cependant un relatif équilibre des forces, qui permettra selon lui de négocier des projets de loi urgent - notamment en matière économique - avec le parti au pouvoir. Marie Normand, Caracas, RFI.

RA : À suivre donc, les élections législatives ont lieu ce dimanche au Venezuela.

Et puis, après le prix Goncourt lundi, c'est le Goncourt des lycéens qui a été attribué aujourd'hui - récompense littéraire décernée par 2 000 lycéens et toujours observée de près. Et le vainqueur est la Camerounaise Djaïli Amadou Amal pour son livre Les impatientes. Au cœur de ce roman, qui se déroule à Maroua dans le Nord Cameroun, les violences conjugales. Sébastien Jédor.

D’abord un mot du titre, Les impatientes, en pulaar, la « patience » se dit « munyal » et c’est une vertu. Mais ce mot-là, les trois héroïnes du livre n’en peuvent plus de l’entendre, parce que pour elles, c’est devenu un synonyme de soumission et de violence conjugale. Ramla, Safira et Hindou sont donc « les impatientes » de ce roman. Ramla n’a pas le droit de se marier avec son amoureux. Par intérêt, son père la jette dans les bras du mari de Safira. Hindou, la sœur de Ramla, de son côté, est offerte à son cousin qui la viole. Djaïli Amadou Amal elle-même a été mariée à 17 ans. Un mariage arrangé dont elle réussit à se défaire. Son deuxième mari est un homme violent qu’elle quitte également. L’écriture sera sa planche de salut. Même si Les impatientes n’est pas un roman autobiographique, beaucoup de femmes au Sahel et ailleurs y trouveront un écho de leur propre de vie. Le livre a d’abord été publié au Cameroun, où Djaïli Amadou Amal a fondé l’association Femmes du Sahel, pour l’éducation des filles. Les impatientes avait reçu le prix Orange du livre en Afrique l’année dernière et c’est comme cela que l’éditrice Emmanuelle Collas l’avait découvert. Avec cette récompense Djaïli Amadou Amal fait son entrée dans la cour des grands auteurs du continent africain.

RA : Enfin en football, la suite de la 5e journée de la Ligue des Champions. Le Paris-Saint-Germain sur la pelouse de Manchester United depuis quelques minutes. Les Parisiens doivent l'emporter pour s'ouvrir les portes des 1/8e de finale. Un peu plus tôt, Rennes a été battu par les Russes de Krasnodar. Cela veut dire que Rennes est éliminé de toutes les Coupes d'Europe.

C’est la fin du Journal en français facile.

Article publié le 02/12/2020

RFI - Radio France Internationale