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Infos en français facile : Édition du 03/12/2020 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 20h en temps universel.
Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Bonsoir Sylvie Berruet.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain Auzouy, bonsoir à tous.

RA : À la Une ce soir : l'hommage à Valéry Giscard d'Estaing. L'ancien président français est décédé hier à l'âge de 94 ans. L'actuel chef de l'État, Emmanuel Macron, s'est exprimé ce soir à la télévision. « Valéry Giscard d'Estaing habite aujourd'hui nos vies », a-t-il déclaré, vous l'entendrez.

SB : La pandémie de coronavirus et les perspectives inquiétantes des États-Unis. Les experts estiment que la maladie pourrait tuer 150 000 personnes d'ici le mois de février aux État,s-Unis, le pays déjà le plus endeuillé par la maladie.

RA : Et puis un transfert de réfugiés rohingyas qui posent question. Un millier de réfugiés rohingyas dont le transfert vers une île du Bangladesh a commencé. Pourquoi cela pose-t-il question ? Explications dans cette édition.

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SB : En France, l'heure est toujours à l'hommage à Valéry Giscard d'Estaing.

RA : L'ancien président décédé il y a près de 24 heures à l'âge 94 ans des suites du coronavirus. Valéry Giscard d'Estaing aura été président de la République de 1974 à 1981, parmi les grandes décisions prises sous son mandat on peut citer l'abaissement de la majorité de 21 ans à 18 ans ou encore la légalisation de l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse. Les réactions affluent, depuis hier soir, elles se multiplient en France, mais également dans le monde entier. L'actuel président français Emmanuel Macron s'est exprimé ce soir à la télévision pour rendre hommage à son prédécesseur, je vous propose de l'écouter.

(Transcription manquante)

RA : Emmanuel Macron s'exprimant ce soir devant les Français suite à la mort de Valéry Giscard d'Estaing. Le chef de l'État qui a annoncé un jour de deuil national mercredi prochain. Enfin, les obsèques de l'ancien président auront lieu ce samedi à Authon dans l'ouest de la France où vivait Valéry Giscard d'Estaing.

SB : Également en France, le Premier ministre Jean Castex a dressé les contours de la future campagne de vaccination contre le coronavirus.

RA : Les contours, c’est-à-dire le cadre. Un million de personnes vont être vaccinées dès le mois de janvier, il s'agira des seniors situés en établissements spécialisés. En février suivront les près de 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l'âge ou lié à une maladie chronique ainsi que certains professionnels de santé. Enfin, progressivement, à partir du printemps, la vaccination sera ouverte à l'ensemble de la population, a affirmé le Premier ministre français.

SB : Et puis aux États-Unis, trois anciens président proposent de se faire vacciner publiquement.

RA : Il s'agit de Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton. L'objectif est d'encourager leurs concitoyens, c'est-à-dire les autres citoyens américains, à faire de même, à se faire vacciner eux aussi. On va s'arrêter sur la situation des États-Unis car elle est très inquiétante. Les États-Unis constituent le pays du monde où l'on compte le plus de décès liés au Covid-19 avec plus de 273 000 morts. Et les perspectives sont très pessimistes, ainsi « décembre, janvier et février seront des temps difficiles » a prévenu le directeur des Centres de lutte contre les maladies, qui estime que le virus pourrait encore tuer plus de 150 000 personnes aux États-Unis d'ici deux mois. Une situation dont les autorités ne semblent pas avoir totalement pris conscience. Explications Romain Lemaresquier.

Cet hiver pourrait être le « moment le plus difficile » de l'histoire de la santé publique aux États-Unis. Voilà le terrible constat de la principale agence américaine en matière de santé publique en ce début décembre, alors que la pandémie ne cesse de gagner du terrain. Un pays qui comptabilise plus de morts quotidiens qu’au mois d’avril. Le nombre d’hospitalisation fait également craindre une saturation des services concernés. Un chiffre qui a doublé entre novembre et aujourd’hui. Et contrairement à la première vague, la pandémie frappe désormais l’ensemble du territoire. « C’est terrible, parce que c'était évitable », estime le docteur Leora Horwitz, professeur agrégé de santé de la population et de médecine à l’Université de New York. Évitable car si des mesures avaient été prises comme dans le reste du monde, la situation ne serait pas aussi catastrophique. Ce qui n’empêche pas Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain d’annoncer l’organisation d’une fête pour la fin d’année. Fête à laquelle 900 personnes sont invitées. Ce qui va à l’encontre des préconisations du département d’État selon le Washington Post puisque dans un message adressé à son personnel, ce ministère appelait à organiser, je cite, « des événements virtuels par opposition à des rassemblements en personne ».

SB : Et puis la pandémie de coronavirus ailleurs dans le monde ?

RA : Avec plusieurs chiffres clés concernant les décès liés au Covid-19 annoncés aujourd'hui : le cap des 60 000 morts atteint au Royaume-Uni, le pays d'Europe le plus durement touché. Et puis en Italie près de 1 000 morts en 24 heures, 993 très précisément, un chiffre qui inquiète car c'est un record, qui dépasse les chiffres du mois de mars quand l'Italie était frappée de plein fouet par le virus.

SB : Et puis un transfert de réfugiés rohingyas qui posent question.

RA : Les Rohingyas sont une minorité musulmane persécutée en Birmanie, cela avait valu de vives critiques de la communauté internationale visant la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi. Ayant fui les persécutions, près d'un million de Rohingyas se sont installés dans des camps de réfugiés qui se trouvent dans un état misérable. Voilà pourquoi le Bangladesh a décidé de transférer une partie de ces réfugiés, un millier environ, vers une île, l'île de Bhasan Char qui se trouve au sud du Bangladesh. Le transfert a commencé aujourd'hui, mais les critiques fusent de la part des Nations unies et des ONG qui estiment que cette île n'est pas adaptée pour accueillir des réfugiés. Pourquoi ? Les explications de Jelena Tomic.

Bhasan Char est une île de 52 km2, régulièrement inondée et frappée par des cyclones. Malgré cela, les autorités bangladaises ont décidé d’y construire des camps pouvant accueillir jusqu’à 100 000 réfugiés, ainsi qu'une digue haute de trois mètres censée les protéger des inondations. Seule manière trouvée par les autorités pour tenter de soulager les camps insalubres et surpeuplés de Cox’s Bazar dans le sud du Bangladesh où vit depuis 2017 près d’un million de réfugiés rohingyas qui ont fui les persécutions de l’armée birmane. Malgré l’inquiétude des agences onusiennes, dont le Haut-commissariat aux réfugiés ou l’Organisation internationale pour les migrations, la marine bangladaise doit transférer ce vendredi depuis le port de Chittagong quelques 922 réfugiés vers l’île isolée qui deviendra leur nouvelle adresse pour une période indéterminée. Plusieurs ONG ont dénoncé une relocalisation sous la contrainte, ce que réfute Dacca qui affirme avoir procédé à une sélection sur la base du volontariat.

RA : Également en Asie, à Hong Kong de nouvelles sanctions visant le camp pro-démocratie. La Chine durcit le ton. Le puissant patron de presse d'opposition Jimmy Lai a été placé en détention provisoire dans le cadre d'une enquête pour fraude. Hier, trois personnalités du mouvement pro-démocratie avaient été condamnées à des peines de prison ferme. Les explications à Hong Kong de Florence de Changy.

C’est en se présentant pour sa visite hebdomadaire au commissariat de police de son quartier, hier, que Jimmy Lai, qui était en liberté sous caution depuis son interpellation du mois d’août, a été placé en garde à vue. Il n’a pas eu le droit de rentrer chez lui et a dû comparaitre aujourd’hui avec deux de ses adjoints ; les trois hommes sont accusés de fraude. L'affaire porte sur un problème de non-conformité dans le bail des locaux du siège du groupe de presse. Ses deux directeurs ont été remis en liberté sous caution, mais le tribunal a placé Jimmy Lai en détention provisoire jusqu’au mois d’avril estimant qu’il passait généralement beaucoup de temps à l’étranger et qu’il y avait un risque qu’il s’enfuit. Lors de son interpellation au mois d’août, deux cents policiers étaient descendus dans la rédaction de son journal, le Apple Daily, une opération qui avait choqué l’opinion publique. Jimmy Lai est également poursuivi sous la nouvelle loi de sécurité nationale sans toutefois connaître son chef d’inculpation. Jimmy Lai n’a jamais caché sa hantise du régime chinois. Il qualifiait ouvertement le président Xi Jinping de pire dictateur de l’histoire de l’humanité. Il se savait en sursis. Il va avoir 72 ans dans cinq jours. Son dernier message à ses proches, avant qu’on lui supprime son téléphone pour sa première nuit en prison hier soir a été « n’ayez pas peur ».

RA : C’est ainsi que s’achève votre Journal en français facile.

Article publié le 03/12/2020

RFI - Radio France Internationale