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Infos en français facile : Édition du 05/06/2020 20h00

Transcription

Johanne Burgell : Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue, voici votre Journal en français facile :
- une surprise aux États-Unis, les chiffres du chômage repartent à la baisse pour le mois de mai. L’économie américaine a créé 2 millions et demi d’emplois.
- les États-Unis justement toujours sous le choc une dizaine de jours après la mort de George Floyd. Une cérémonie d’hommage a notamment eu lieu à Minneapolis, ville où cet Afro-Américain a été étouffé par le genou d’un policier blanc pendant son arrestation. 
- enfin, en Libye, les forces pro-gouvernementales ont repris la ville de Tarhouna. Un tournant dans le conflit depuis l’offensive lancée par le maréchal Haftar pour s’emparer de la capitale Tripoli. 

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JB : Ce sont des chiffres qui créent la surprise aux États-Unis. Les derniers chiffres du chômage, ceux du mois de mai, sont en baisse. Les économistes prévoyaient de nouvelles suppressions de postes, notamment en raison de la pandémie de coronavirus. Pourtant, contre toute attente, deux millions et demi d’emplois ont été créés. Une bonne nouvelle pour l’économie américaine. Précisions, Patricia Lecompte. 

C’est un rebond spectaculaire et inattendu. Le taux de chômage des États-Unis en mai est tombé à 13,3 %, contre 14,7 % en avril, son plus haut niveau depuis 1948. Ces bons résultats déjouent les prévisions des analystes les plus pessimistes qui tablaient sur un taux proche de 20 %. Malgré la violence du choc économique dû à la pandémie de coronavirus, l’économie américaine a réussi à créer 2 millions et demi d’emplois, non agricoles. Le nombre de chômeurs a baissé d’un peu plus de 2 millions, pour s’établir au mois de mai à 21 millions dans le pays. Ces créations de postes représentent un espoir pour les millions d’Américains qui ont perdu leur travail, et marquent le redémarrage de l’activité économique aux États-Unis. Les secteurs qui repartent ceux des loisirs, de la santé, de l’éducation, de la construction, et de la vente au détail. En revanche, le secteur public continue de perdre des emplois. La crise du coronavirus a accentué les disparités économiques. Le taux de chômage des Américains blancs est de 12,4 % inférieur à celui des Afro-Américains qui est de 16,8 % et à celui des Hispaniques qui atteint 17,6 %. Des inégalités qui risquent d’exacerber les manifestations antiracistes qui sévissent actuellement aux États-Unis. 

JB : Nous restons aux États-Unis où les cérémonies se multiplient depuis hier pour rendre hommage à George Floyd, cet Afro-Américain est mort étouffé par le genou d’un policier blanc. Les cérémonies doivent durer pendant 6 jours, jusqu’aux obsèques, mardi. La première s’est tenue à l’université chrétienne North Central de Minneapolis, ville où est mort George Floyd. Les participants présents ont gardé le silence pendant près de 9 minutes, le temps qu’a passé le policier à appuyer son genou sur le cou de George Floyd. L’intervention du révérend Al Sharpton a été marquante et ce n’est pas la première fois qu’il se distingue. Ce pasteur est devenu une figure symbolique de la lutte pour les droits civiques.Marie Normand. 

Le pasteur baptiste new-yorkais de 65 ans, également animateur télé et radio, est connu pour ses talents d’orateurs. La légende dit qu’il prononce son premier prêche à l’âge de 4 ans. Ordonné pasteur à 9 ans, il fonde adolescent, le mouvement national des jeunes contre le racisme. Le point de départ, pour cet ami de James Brown, de 50 ans d’engagement dans la lutte pour les droits civiques. Un parcours émaillé de controverses, comme dans les années 80, lorsqu’il prend farouchement la défense d’une jeune femme qui prétend à tort avoir subi un viol collectif par quatre hommes blancs. Aujourd’hui, l’organisation qu’il préside, National Action Network, est un passage obligé de tout aspirant démocrate à la Maison Blanche. Lui-même s’est essayé à la politique. Candidat aux postes de sénateur, de maire de New York, il a même brigué l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2004. Toujours en vain. Al Sharpton est pourtant incontournable. Celui qui se rêve en Martin Luther King du 21e siècle s’est imposé au fil des ans comme le porte-voix des Afro-américains en quête de justice, en première ligne de toutes les marches, après les affaires Éric Garner, Trayvon Martin, ou encore aujourd’hui George Floyd.

JB : Les manifestations et les rassemblements contre le racisme et les violences durent depuis dix jours aux États-Unis et le mouvement se propage dans le reste du monde. Des milliers de Norvégiens ont manifesté ce vendredi et plusieurs rassemblements sont prévus ce weekend notamment au Royaume-Uni et en France.

Direction la Libye à présent. Les forces fidèles au gouvernement d’union nationale de Fayez al Sarraj ont pris le contrôle de Tarhouna. La ville était aux mains du maréchal Haftar, elle était le dernier poste important de ses troupes. Les forces du gouvernement d’union sont entrées dans la ville, à l’aube jeudi matin, sans combats. L’armée nationale libyenne dirigée par Khalifa Haftar s’est repliée d’abord vers cette ville, puis vers la base d’Al Joufra dans le Sud libyen. La prise de Tarhouna est une lourde défaite pour le maréchal Haftar qui essayait de s’emparer de Tripoli depuis 14 mois. Précisions, Houda Ibrahim.

Il faisait encore nuit quand les troupes du GNA ont fait leur entrée triomphale dans la ville, elles ont été joyeusement reçues par une partie d’habitants. Tarhouna, située à 80 km au sud-est de Tripoli constituait la base arrière des forces de Khalifa Haftar pour l’attaque de la capitale. Ces forces ont commencé leur retrait vers le sud depuis 2 jours, ils ont laissé derrière elles plusieurs véhicules militaires et des munitions. Tarhouna formait le dernier bastion de Khalifa Haftar dans l’Ouest libyen, après le retrait de ses forces des villes stratégiques à l’ouest ainsi que de la base al Witya, puis de l’aéroport de Tripoli et du sud de la capitale hier. La prise de Tarhouna par le GNA marque un tournant dans le conflit libyen qui tourne la page d’histoire ouverte quand Khalifa Haftar l’homme fort de l’est libyen a lancé son offensive pour s’emparer de Tripoli, le 4 avril 2019. Symboliquement, la prise de la ville signifie un retour à la case départ pour Khalifa Haftar. Pour le moment, pas de réaction de la part de l’ANL, mais hier, Ahmad al Mismari, leur porte-parole a annoncé le retrait de Tripoli est un « redéploiement ». Pour lui, le retrait de ses forces est une « preuve de bonne volonté » suite à la reprise annoncée par l’ONU des pourparlers militaires.

JB : Le conflit libyen a connu ces derniers mois une implication de plus en plus importante des puissances étrangères. Le soutien militaire accru de l’allié turc a notamment permis au gouvernement d’union nationale de multiplier les succès sur le terrain.

La pandémie de coronavirus a eu des conséquences économiques importantes notamment pour les compagnies de croisière. De nombreux navires se sont en effet retrouvés bloqués au large, avec des passagers contaminés. Les autorités des Seychelles ont décidé d’interdire les bateaux de croisière pendant deux ans. Le but est d’interdire une nouvelle vague de Covid-19. Cette décision s’ajoute à celles prises par de nombreuses autorités portuaires. Résultat : ces navires ont du mal à se procurer des vivres. Reportage à Busan, ville portuaire de Corée du Sud, signé Stéphane Lagarde.

16 000 tonnes d’acier, des cabines pour 5 500 passagers et une coque qui dépasse le haut des immeubles du port de Busan. Malgré une arrivée à l’aube, le Spectrum of the Sea n’est pas passé inaperçu. 9 heures ce vendredi matin des curieux tentent d’approcher la ville flottante. « J’habite à côté d’ici et de grands bateaux comme ça on n’en voit plus depuis le coronavirus. Mais il n’y a pas de touristes. Le bateau est vide ! Il n’y a que des cartons qui montent à bord ». Voilà plus d’un mois que le paquebot fait des ronds dans l’eau, et le navire a faim. Ballet des fenwicks, le spectre des mers a cessé son activité de croisière depuis le 13 mars dernier, mais impossible de rester dans son port d’attache de Shanghai, les frais de quai coûtant trop cher (plus de 20 000 euros/jours) .1 000 personnels sont descendus à terres, 550 restent à bord pour faire tourner la bête. Cette autorisation d’escale est un geste humanitaire explique Kim in-yeong, directrice du département affaire de l’autorité du port de Busan. « Avec le coronavirus les croisières sont arrêtées et aucun pays ne veut accueillir les navires. Le port de Busan a répondu humainement à la demande du commandant qui a besoin de carburant et de fourniture alimentaires. Mais nous l’avons fait à certaines conditions imposées par les douanes ainsi que les autorités maritimes et portuaires. ». Aucun symptôme parmi les membres d’équipages pendant les 15 jours précédents l’arrivée, une escale uniquement pour le ravitaillement et derrière des grilles fermées rendent tout contacte impossible entre le navire et les habitants de la deuxième ville de Corée. Le navire sera reparti au bout de 24 heures, tel un spectre. » 

JB : C’est ainsi que se termine votre Journal en français facile. Merci de votre fidélité à la radio du monde. 

Article publié le 05/06/2020

RFI - Radio France Internationale