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Infos en français facile : Édition du 06/12/2020 20h00

Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris, 1h de moins en temps universel. L'heure de votre Journal en français facile. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez, Zéphyrin Kouadio est à mes côtés pour vous présenter cette édition. Bonsoir Zéphyrin.
 
Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loic, bonsoir à toutes et à tous. 
 
LB : À la une ce soir : jour de vote au Venezuela. Le parti du Président Maduro est donné grand favori de législatives boycottées par l'opposition, un scrutin qui pour l'instant peu suivi. C'est ce que nous dira notre envoyée spéciale à Caracas.
 
ZK : Le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19 au Royaume-Uni. Un vaccin qui pourrait voyager dans des avions militaires après le 1er janvier. C'est la conséquence du Brexit.
 
LB : Et puis nous reviendrons cette avancée de la Chine dans la course pour ramener un échantillon lunaire sur Terre. Sa sonde vient de s'amarrer au module placé en orbite lunaire. Les explications en fin de journal.

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ZK : On se rend tout d'abord au Venezuela où 20 millions d'électeurs sont appelés aux urnes aujourd'hui.
 
LB : En ce dimanche d'élections législatives qui devrait permettre au PSUV, le parti du Président Maduro de retrouver sa majorité à l’Assemblée nationale laissée à l’opposition il y a 5 ans. L'opposition dont une grande partie refuse de participer à ce scrutin jugé inéquitable. Les électeurs, eux, n'ont pour l'heure pas répondu présent comme nous le confirme notre envoyée spéciale Marie Normand.

Pas d’affluence devant les bureaux de vote de Caracas. Nous en avons visité une dizaine d’est en ouest, et au mieux, une vingtaine de personnes attendaient leur tour. La coordinatrice d’un de ces bureaux me confiait qu’effectivement il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude et que cela facilitait d’ailleurs les mesures de distanciation mises en place en raison de la pandémie. Cette faible affluence est particulièrement criante dans les quartiers où réside plutôt la classe moyenne, là où l’opposition a une base plus large. Cela pourrait démontrer que ces électeurs ont suivi la ligne du courant majoritaire de l’opposition mené par Juan Guaido, qui appelait à l’abstention. Qui vote aujourd’hui ? D’abord des électeurs du parti au pouvoir, le PSUV, qui disent vouloir soutenir leur président face à une crise économique qu’ils attribuent uniquement aux sanctions américaines. Ils pensent que récupérer cette Assemblée qui était aux mains de l’opposition va permettre de faire passer les lois adéquates pour relancer l’économie. Et puis d’autres personnes, qui souvent ont un peu peur de s’exprimer au micro, viennent aussi voter pour la poignée de candidats de l’opposition qui participent au scrutin. Eux aussi espèrent un changement et ils estiment que le vote est la seule façon d’y parvenir. « Je préfère voter que manifester, ça aura plus d’impact », me confiait l’une de ces sympathisantes de l’opposition. Marie Normand, Caracas, RFI.

ZK : Des législatives également, en Roumanie et là aussi, le scrutin ne déclenche pas vraiment l'enthousiasme.
 
LB : L'abstention approche en effet un niveau record. Conséquence de l'effet conjugué du Covid-19 et de la lassitude des électeurs face à une classe politique jugée incompétente. Les sociaux-démocrates et les libéraux pro-européens sont au coude-à-coude selon les premiers sondages de sorties des urnes, c'est-à-dire qu'aucun parti n'a d'avance nette.
 
ZK : Toujours au chapitre électoral, on vote aussi au Cameroun ce dimanche.
 
LB : Pour les premières élections régionales du pays, quelques milliers de grands électeurs ont commencé à voter. Le scrutin est boycotté par l'opposition qui estime qu'il ne changera rien, ni politiquement ni pour le conflit séparatiste qui ensanglante les régions anglophones.
 
ZK : Et puis toujours sur le continent africain, Félix Tshisekedi demande une nouvelle majorité.
 
LB : Face au rejet de la coalition au pouvoir avec les forces de son prédécesseur Joseph Kabila, majoritaires au Parlement. « J'ai décidé de nommer un informateur (...) qui sera chargé d'identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l'Assemblée nationale » ajoute le chef de l'État, dans une allusion à une procédure prévue par la Constitution congolaise. Félix Tshisekedi qui agite la menace d'une dissolution de l'Assemblée en cas d'échec de cette recherche de nouvelle majorité.
 
ZK : À Londres, des avions militaires pourraient acheminer le vaccin anti-Covid au Royaume-Uni en cas de congestion dans les ports après le 1er janvier.
 
LB : Comprendre au cas où l'affluence dans les ports serait trop importante. C’est le journal dominical The Observer qui l’affirme ce dimanche expliquant que le gouvernement britannique craint en effet des retards causés par le Brexit, même en cas d'accord commercial avec l'UE. Muriel Delcroix.

Qu’un accord soit signé ou pas, tout va changer le 1er janvier prochain avec la fin de la période de transition. Pour pouvoir circuler entre Londres et les pays de l’UE, des contrôles seront effectués et un certain nombre de documents nécessaires. Ces nouvelles formalités demanderont plus de temps et risquent de provoquer retards et engorgements aux frontières. D’où le Plan B concocté par Londres. Selon The Observer le ministère de la Santé et de la Défense se sont déjà mis d’accord sur la possibilité de transporter des millions de doses du vaccin Pfizer BioNTech fabriqué en Belgique par avions militaires, considérés comme l’option la plus fiable en cas de congestion du trafic ferroviaire, routier et maritime mais aussi dans les aéroports commerciaux. Des préparatifs qui révèlent un gouvernement britannique préoccupé par les conséquences du Brexit sur les transports. Les 800 000 premières doses ont été acheminées sans aucun accroc jeudi par eurotunnel. Pas question donc de risquer que des cargaisons entières de vaccins restent bloquées entre Calais et Douvres après la date symbolique du 1er janvier. Une vision qui serait du plus mauvais effet pour le gouvernement de Boris Johnson et sa promesse d’un avenir radieux après le Brexit.

ZK : Et puisque l'on parle du Brexit, sachez que de nouvelles discussions ont repris ce dimanche à Bruxelles.
 
LB : Les négociateurs britanniques rencontrent jusqu'à demain soir leurs homologues européens. Des discussions considérées comme une dernière chance de conclure enfin un accord commercial et éviter un « no deal ». Les points de blocage restent les mêmes : l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et sur la manière de régler les différends dans le futur accord.

ZK : En France, les mesures issues de la crise des gilets jaunes favorisent les classes moyennes, c'est ce qu'affirme l'INSEE.
 
LB : On parle là de baisses d'impôts, ou de la revalorisation de la prime d'activité.
Des mesures avaient été prises par le gouvernement l'année dernière pour répondre à la colère des gilets jaunes. Selon l'institut national de la statistique, elles ont eu un effet positif pour les classes moyennes qui ont vu leur niveau de vie s'améliorer. Alexis Bédu.

Plus de pouvoir d'achat. C'était une des revendications sur les ronds-points de gilets jaunes à l'automne 2018. Selon l'INSEE, certaines catégories de population - dont celles que les statisticiens appellent les classes moyennes inférieures - ont gagné jusqu'à 340 euros par an grâce aux mesures prises en réaction au mouvement social. Le niveau de vie moyen des français s'est élevé de 0,8% l'année dernière. C'est un gain d'environ 250 euros par personnes. Les 10% des plus riches n'ont quasiment rien gagné. Les 10% les plus pauvres ont vu leur niveau de vie augmenter de 160 euros par personne. Ce sont les ménages actifs qui ont été les plus favorisés par ces réformes. Tout comme les retraités des classes moyennes qui ont bénéficié de la baisse de l'impôt CSG la contribution sociale généralisée. Mais pour les chômeurs, ces réformes, très portées sur les travailleurs pauvres, n'ont pas eu d'effets positifs. Et la crise liée au Covid-19 pourrait bien restreindre l'impact de ces mesures. Selon les associations la crise sanitaire a fait basculer un million de français dans la pauvreté.

ZK : On prend de la hauteur pour refermer cette édition avec cette nouvelle étape dans la course folle de la Chine pour ramener un échantillon lunaire sur terre.
 
LB : La sonde chinoise change 5 qui a quitté la lune jeudi a réussi dimanche à s'amarrer au module placé en orbite lunaire. Une prouesse pour Pékin qui lui permet d'affirmer un peu plus sa place dans la conquête de l'espace reservée jusqu'ici aux seuls Américains et Russes. Lucie Bouteloup.

C'est une première pour le programme spatial chinois. La sonde change 5 chargée de près de 2 kilos d'échantillons lunaire a réussi à remonter sa cargaison vers son orbiteur. Une prouesse technique pour la Chine qui réalise là son premier amarrage en orbite lunaire. En faisant partir la capsule chargée des prélèvements de roches depuis la lune jeudi, c'était également la première fois, qu'elle parvenait à faire décoller un engin depuis un corps extraterrestre. But de la mission : analyser l'âge des échantillons pour mieux comprendre l'activité volcanique de la lune ainsi que toutes ses implications à l'échelle du système solaire. Si le retour sur terre se passe sans encombre, la chine deviendra alors le troisième pays à en rapporter des échantillons après les États-Unis et l'ex-URSS. À terme, la mission prévoit également de pouvoir y envoyer des humains d'ici 2030. Lancée le 24 novembre depuis l'ile tropicale de Hainan, la sonde chinoise devrait arriver à la mi-décembre en Mongolie intérieure.

Article publié le 06/12/2020

RFI - Radio France Internationale