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Infos en français facile : Édition du 07/06/2020 20h00

Transcription

Jérôme Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c’est l’heure de votre Journal en français facile ! Et à la Une de l’actualité de ce dimanche 7 juin :
- des manifestations antiracisme un peu partout en Europe encore ce week-end, alors que les tensions se sont quelque peu apaisées aux États-Unis, où la Garde nationale s’est retirée. À Londres, les manifestants se sont une nouvelle fois regroupés devant l’Ambassade américaine.
- l’inquiétude en Allemagne au sujet d’un projet de réduction de la présence militaire américaine, révélé par le Wall Street Journal vendredi. L’annonce du président Trump de réduire d’un tiers les effectifs de soldats et leurs familles stationnés a incité le chef de la diplomatie à réagir. 
- la pandémie de coronavirus a désormais fait plus de 400 000 victimes dans le monde, et continue de progresser rapidement en Amérique du Sud, mais aussi en Iran et en Afghanistan, où les hôpitaux disent manquer de lits devant une flambée des contaminations.
 
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JB : Des manifestations Black Lives Matter ont eu lieu aussi au Royaume-Uni. À Londres les participants se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis avant de traverser le quartier de Westminster pour rejoindre Parliament Square. S’ils se montrent solidaires du mouvement américain, ils veulent aussi remettre en cause le racisme de la société britannique, comme a pu le constater à Londres notre correspondante Chloé Goudenhooft.

Parmi les slogans qui ont résonné dans les rues de Londres il y avait bien sûr « Black Lives Matter », « Pas de Justice, pas de paix » ou encore les dernières paroles de George Floyd : « I can’t breathe, I can’t breathe ». Mais si ces manifestations sont pour les protestants une façon de rendre hommage à l’Américain, les revendications sont plus profondes. « On est juste venu ici en tant qu’humain, pour protester, pour nos droits. Oui, on veut juste du changement ! On en a eu assez. Il est temps qu’on nous traite comme tout le monde. » Pour certains, il n’y a pas à en douter, la société britannique est raciste. « Ça remonte aux colonies britanniques. On a l’a vu et c’est enraciné dans notre système scolaire, dans notre système de travail, dans notre éducation, dans les boulots. Dans la vie tous les jours, les personnes noires n’obtiennent pas les opportunités qu’elles méritent. Des choses comme ça, on le voit, car on n’est pas respectés, on est jugés par la couleur de notre peau. La Grande-Bretagne est vraiment raciste ! » Ce qu’attendent les manifestants, c’est de faire entendre leur voix et d’engager un changement profond au sein de la société britannique.

JB : Il y a également eu des rassemblements à Glasgow et à Bristol, où des manifestants ont déboulonné une statue d’un important négrier mort au 18e siècle, Edward Colston. Un protestataire s’est agenouillé sur le cou de la statue, qui a ensuite été jetée dans la rivière Avon, après avoir été aspergée de peinture rouge. Il y a eu également des manifestations à Rome, à Madrid et dans une dizaine de villes d’Espagne, à Bruxelles et à Zwolle et Masstricht aux Pays-Bas, et encore à Budapest, à Lausanne et, de manière virtuelle, en Thaïlande. Et puis en Allemagne, les joueurs de quatre clubs de Bundesliga ont posé un genou au sol, dimanche, dans un geste de soutien à la lutte antiraciste après la mort de George Floyd, au lendemain du Bayern et de Dortmund, également actifs sur le sujet.

Les informations selon lesquelles le président américain veut réduire sensiblement la présence militaire des États-Unis en Allemagne, le principal ancrage des USA en Europe, a surpris et irrité sur place. Seuls des parlementaires spécialistes de ces questions avaient réagi depuis l’annonce d’une telle mesure vendredi. Le gouvernement allemand avait jusque-là préféré garder le silence, jusqu’à cette interview du ministre allemand des Affaires étrangères ce dimanche dans la presse locale. Pascal Thibaut.

« C’est compliqué » : le ministre allemand des Affaires étrangères n’a pas cherché à enjoliver la situation pour évoquer la relation de son pays avec les États-Unis. Heiko Maas affirme, dans une interview au journal Bild am Sonntag regretter le possible retrait de soldats américains actuellement déployés en Allemagne. Le ministre estime par ailleurs que cette présence est dans l’intérêt des deux pays. Les informations de presse, non démenties par la Maison Blanche, selon lesquelles Washington réduirait sa présence militaire en Allemagne 35 000 à 25 000 hommes ont surpris en Allemagne et provoqué des irritations. Dans la majorité comme dans l’opposition, on critique une mesure unilatérale qui si elle se confirme n’a pas été négociée avec les partenaires de l’OTAN. Certains spéculent sur les raisons de Donald Trump : le président américain n’a-t-il pas apprécié que la chancelière Merkel ne participe pas au sommet du G7 ? Ou bien d’autres raisons -le budget militaire de Berlin, le gazoduc Nordstream 2 entre l’Allemagne et la Russie- expliquent-elles cette décision ? Les parlementaires qui ont réagi estiment que Washington nuirait par là à ses propres intérêts, les forces américaines utilisant leur présence en Allemagne pour coordonner de nombreuses opérations internationales. La base aérienne de Rammstein joue un rôle central comme le plus grand hôpital américain à l’extérieur des États-Unis. Pascal Thibaut Berlin RFI.

JB : Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a déclaré samedi espérer qu’une partie des soldats américains retirés d’Allemagne seront installés en Pologne.
  
Je vous le disais en titre : le virus SARS-COV-2 ou nouveau coronavirus a désormais franchi le seuil des 400 000 victimes dans le monde, avec une décrue nette en Europe ; ainsi la France n’a recensé que 13 nouveaux décès dans les hôpitaux sur les dernières 24h, soit le bilan quotidien le plus faible depuis le 14 mars, avant le confinement. Le nombre total de décès s’élève désormais à 29 155, poussant le président du conseil scientifique, le Pr Jean-François Delfraissy à dire que l’épidémie de Covid-19 est « en grande partie contrôlée » dans le pays. Mais le Brésil connait une progression inquiétante du nombre de contaminations (672 000) et de décès journaliers (plus de 900) poussant le ministère de la Santé à faire disparaitre les statistiques de son site. Au cours de la semaine écoulée, le pays avait reconnu plusieurs jours de suite plus de nouveaux cas et de morts qu’aucun autre pays dans le monde.

Et en Afghanistan, le dernier bilan de la pandémie de Covid-19 dénombre 20 342 personnes contaminées et 327 morts. La pandémie s’accélère désormais dans le pays en guerre depuis 4 décennies. Hier, 791 nouveaux cas avaient été enregistrés au cours des précédentes 24h. « On s’attend à une catastrophe », a déclaré le gouverneur de Kaboul. Les explications de Sonia Ghezali, notre correspondante régionale à Islamabad.

1 million de personnes pourraient être touchées par le virus estime le gouverneur de Kaboul. Celui-ci a récemment fait part de sa vive inquiétude face aux hôpitaux débordés de la capitale. « Nous n’aurons bientôt plus aucune capacité d’accueil » a pour sa part fait savoir le ministre de la Santé afghan. La situation est alarmante selon une étude réalisée il y a deux mois, 1 habitant de Kaboul sur 3 était contaminé. Le pic de la pandémie était attendu pour la mi-mai, mais le nombre de personnes contaminées ne fait qu’augmenter. Certains Kabouliens présentant les symptômes ne peuvent pas être testés, puisqu’il n’y a pas assez de tests. « Le pays n’a les moyens de tester que de 10 à 20 % des personnes soupçonnées d’avoir attrapé le virus ont reconnu les autorités afghanes. Dans les rues de la capitale, peu de personnes portent un masque. Le confinement imposé par les autorités n’est d’ailleurs pas respecté. Les marchés sont bondés. Sur les trottoirs, dans les échoppes, personne ne respecte la distanciation physique. “ Ce virus n’existe pas ”, lâchent même certains badauds. Le coronavirus a clairement ouvert un second front en Afghanistan ou la guerre continue de faire rage. Les talibans ne relâchent pas la pression sur le terrain malgré l’accord de Doha, alors que le groupe État islamique a dernièrement multiplié les attaques dans la capitale.

JB : En Iran, depuis un point bas touché le 2 mai, la hausse des nouveaux cas recensés de Covid-19 inquiète également les autorités, qui ont mis fin à tous les rassemblements, qu’il s’agisse de mariage, de deuil, ou de visite familiale, jusqu’à « nouvel ordre ».

Le Vatican poursuit ses efforts en termes de transparence financière. La justice du petit État a arrêté un homme d’affaires italien soupçonné d’extorsion de fonds. Il aurait suivi, pour le compte du Vatican la gestion d’un immeuble de luxe à Londres dans des conditions particulièrement opaque. Les précisions de notre correspondant Éric Sénanque.

Gianluigi Torzi dort depuis le 5 juin dans une cellule de la gendarmerie vaticane. Ce financier basé à Londres est l’un des personnages clés d’une vaste escroquerie immobilière dans laquelle le Vatican semble s’être laissé piéger. L’affaire remonte à 2014, quand la Secrétairie d’État récupère la gestion d’un immeuble de luxe à Londres d’une valeur estimée à 200 millions d’euros. Une propriété acquise grâce à un fonds d’investissement luxembourgeois plutôt opaque. Le Vatican en confie la gestion à Gianluigi Torzi. Celui-ci en lien avec des fonctionnaires du Vatican également visés par une enquête aurait extorqué 15 millions d’euros au petit État. Les enquêteurs du Vatican ont également découvert que dans la gestion de l’immeuble londonien, des millions d’euros ont été ponctionnés dans le « denier de Saint-Pierre » qui sert d’habitude à financer les œuvres caritatives du Pape à travers le monde. Les avocats de Torzi ont affirmé que leur client « n’a jamais eu l’intention d’agir contre les intérêts du Saint-Siège ». Accusé d’extorsion, de détournement de fonds, de fraude aggravée et de blanchiment d’argent, Gianluigi Torzi risque, selon la justice vaticane jusqu’à 12 ans de prison.

JB : Fin de ce journal, réalisation Javier Gonzalez Gavilan, rédaction en chef Romain Auzouy. Il est presque 22h10 sur RFI. L’information revient dans 50 min.

Article publié le 07/06/2020

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