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Infos en français facile : Édition du 08/12/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile.
À la une ce soir : au Royaume-Uni le début de la campagne de vaccination contre le coronavirus. C'est une première pour un pays occidental. Les États-Unis le pays le plus touché par la maladie, semblent se rapprocher d'une autorisation de vaccination.
En Inde une journée d'action nationale des agriculteurs. Ils protestent depuis plusieurs semaines contre des réformes de libéralisation de leur secteur.
Et puis en France, une grande réunion pour réformer la police. C'est l'annonce aujourd'hui du Président Emmanuel Macron qui appelle cela un « Beauvau de la sécurité », explications dans cette édition.

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RA : C'est l'image du jour, une vieille dame de 90 ans est devenue la première patiente au monde à se faire vacciner contre le coronavirus. C'était ce matin dans le centre de l'Angleterre, l'Angleterre qui a lancé aujourd'hui sa campagne de vaccination, avec le vaccin de l'Allemand BioNTech et de l'Américain Pfizer. Le Royaume-Uni le pays d'Europe le plus endeuillé par la maladie. Les États-Unis eux constituent le pays du monde le plus endeuillé par le coronavirus (endeuillé cela veut dire le pays le plus touché en nombre de décès). Et les États-Unis se rapprochent de la vaccination, ce mardi un rapport de l'Agence américaine des médicaments confirme la très haute efficacité du vaccin de l'alliance BioNTech/Pfizer. Quand le coup d'envoi sera donné, débutera alors un défi particulier : convaincre les Afro-américains, généralement réfractaires à l’idée de se faire vacciner, d’accepter ce traitement. Explications Achim Lippold.

Selon un sondage publié en début de mois, moins de 50% des Afro-américaine sont prêt à se faire vacciner, contre 63% des Latinos et 61% des américains blancs. Alors d’où vient cette méfiance alors que cette communauté est proportionnellement la plus touchée par la pandémie du covid-19 ? En fait il y des raisons historiques. Les Afro-américains ont d’une manière générale très peu confiance dans le système de santé car ils le considèrent comme discriminatoire, injuste à leur égard. Il y a aussi le souvenir profondément ancré de mauvais traitements que beaucoup d’Afro-américains ont subi pendant l’esclavage et même après où ils servaient de cobayes pour des expérimentations médicales. Ce qui fait qu’aujourd’hui, ils sont plus réticents à consulter un médecin que d’autres communautés. Pour les convaincre de se faire vacciner contre le Covid-19, une vaste campagne de publicité et de sensibilisation a été lancée aux États-Unis. Des personnalités noires et des pasteurs s’adressent directement aux personnes concernées. Mais le succès de cette mobilisation est loin d’être garanti. D’après les experts, faire changer les mentalités prendra des années.

RA : Et puis dernière information concernant la vaccination contre le coronavirus : pour la première fois un vaccin a vu ses résultats d'efficacité validés par une revue scientifique, la revue The Lancet. Il s'agit du vaccin développé par le groupe AstraZeneca et l'université britannique d'Oxford.

En Inde c'est un mouvement qui prend de plus en plus d'importance. Celui des agriculteurs qui réclament le retrait de réformes de libéralisation du secteur. Depuis deux semaines 100 000 d'entre eux bloquent l'accès à New Delhi pour faire pression sur le gouvernement. Et ce mardi une grande journée d'action nationale a eu lieu, à l'appel de plusieurs dizaines d'organisations de paysans. Mouvement suivi par une quinzaine de partis d'opposition et des syndicats d'autres secteurs. À New Delhi pour RFI Sébastien Farcis.

Les vendeurs de lait et marchands de légumes, certains transporteurs routiers et chauffeurs de taxis ont arrêté le travail aujourd’hui, en soutien aux agriculteurs. Le mouvement des paysans gagne donc en popularité, alors que les partis d’opposition s’engouffrent dans la brèche pour contester le pouvoir autoritaire de Narendra Modi. Pendant ce temps, des milliers d’agriculteurs continuent à affluer aux portes de New Delhi pour remplacer ceux qui retournent sur leurs terres. Surender Singh, qui possède 20 hectares de riz et de blé, est arrivé ce matin du Pendjab. « Si nous laissons le gouvernement faire, les entreprises privées vont nous prendre nos terres, nous serons des ouvriers sur les terres que nous possédions et nous ne pourrons même plus manger trois repas par jour. Modi ne réalise pas que si l’agriculture est détruite, c’est la nation qui est détruite. » Ce paysan est venu avec son fils de 25 ans, Pendjab, qui est étudiant à l’université. « Je voulais venir pour soutenir tous nos paysans qui dorment dehors, dans les tracteurs et les remorques alors qu’il fait si froid. C’est un moment historique, qui est très pacifique, et je pourrai dire que j’en faisais partie. » Le gouvernement rencontrera les agriculteurs demain pour un 6e round de négociations. Sebastien Farcis, New Delhi, RFI.

RA : C'était l'attaque la plus meurtrière en Nouvelle-Zélande, en mars 2019 la mort de 51 personnes abattues dans deux mosquées de la ville de Christchurch par un suprématiste blanc. Plus d'un an et demi après, un rapport a été rendu public aujourd'hui par la commission royale. Et le texte pointe des failles de sécurité intérieure. Le détail avec notre correspondant en Nouvelle-Zélande Richard Tindiller.

800 pages pour tenter de comprendre comment la pire tuerie de l'histoire de la Nouvelle-Zélande a pu arriver. Le 15 mars 2019, un terroriste australien ouvre le feu sur les fidèles de la mosquée de Christchurch et fait 51 victimes. Alors ce rapport met en exergue tout d'abord la concentration je cite « presque exclusive » de la sécurité néo-zélandaise sur les menaces d'un terrorisme islamiste, négligeant ainsi les dangers liés à l'extrême droite et aux suprématistes blancs. Une observation qui passe mal pour la communauté musulmane qui avait signalé aux autorités et cela plusieurs mois avant l'attaque que les menaces à leur encontre avaient escaladées. Le gouvernement a donc pris compte de ces 44 recommandations indiqué dans ce rapport dont la création d'un nouveau service de renseignement et d'une agence de sécurité intérieure. La Première ministre Jacinda Ardern s'est excusée après la publication de ce document sur les échecs du gouvernement mais a précisé je cite « qu'aucun élément du rapport ne permettait d'affirmer que ces problèmes auraient pu stopper cet attentat ». Rappelons qu'après ces attentats, le gouvernement avait banni la possession d'arme semi-automatique en Nouvelle-Zélande. Richard Tindiller à Wellington, RFI.

RA : En France, le réquisitoire dans le procès Nicolas Sarkozy. Le réquisitoire c'est la peine réclamée, ensuite une décision est prise et on parle de jugement ou de verdict. Le parquet national financier a requis donc quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l'encontre de l'ancien président de la République. Nicolas Sarkozy qui est jugé pour corruption.

Également en France, le Président Emmanuel Macron a annoncé ce matin la tenue au mois de janvier d'un « Beauvau de la sécurité ». On va vous expliquer cette expression : Beauvau c'est le nom donné au ministère de l'Intérieur car il se trouve place Beauvau à Paris. Le chef de l'État entend donc par « Beauvau de la sécurité » un point sur ce qui doit être fait pour améliorer la police, à la fois les conditions de son exercice, et le lien de confiance avec les Français qui a été ébranlé après plusieurs polémiques sur les violences policières. Explications Anne Soetemondt.

Réformer la police, mais sur deux pieds comme souvent avec Emmanuel Macron pour améliorer les conditions d'exercice des forces de l'ordre et consolider les liens avec les Français. Rendez-vous est fixé le mois prochain. Un Grenelle de la police avec représentants des forces de l'ordre, élus et citoyens. « J'y interviendrai personnellement » insiste le Président qui compte donc s'impliquer directement sur un dossier qui fait la une depuis plusieurs semaines. « Il y a urgence à agir » concède le Président dans une lettre adressée à un syndicat de policiers. Une manière de déminer une situation devenue explosive en faisant un geste envers ceux qui dénoncent des violences policières mais aussi envers les policiers qui ont mal pris les propos d’Emmanuel Macron sur Brut vendredi dernier. Ce matin, d'ailleurs, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a réagi sur Twitter : « ce Beauvau de la sécurité annoncé par le Président de la République est la première pierre de la grande loi de programmation de la sécurité intérieure que les forces de l’ordre méritent depuis longtemps ».

RA : Et les critiques des syndicats dans ce contexte de tensions autour des forces e l'ordre. Alliance syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix annonce qu'il ne répondra pas à l'invitation d'Emmanuel Macron. Synergie de son côté évoque « la souffrance » et la « colère » des policiers. « Ce n'est pas avec un séminaire avec des élus et des citoyens triés sur le volet qu'on va régler le problème » affirme son secrétaire général.

Enfin en sport football, 6e journée ce soir de la Ligue des Champions. Le Paris Saint Germain sur la pelouse, les Parisiens reçoivent les Turcs du Basaksehir Istanbul. Le PSG tout proche de la qualification pour les 1/8e de finale et qui peut même terminer premier de son groupe en cas de victoire. Autre club français sur le terrain : les Bretons de Rennes qui accueillent le Séville FC. Rennes qui n'a plus rien à gagner étant éliminé de toutes les compétitions européennes.

Article publié le 08/12/2020

RFI - Radio France Internationale