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Infos en français facile : Édition du 10/08/2020 20h00

Transcription

Fanny Bleichner : Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 23h à Beyrouth, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans cette nouvelle édition du Journal en français facile. Pour m'accompagner ce soir Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Fanny, bonsoir à tous.

FB : À la Une de l'actualité, la démission du gouvernement libanais, six jours seulement après l'explosion meurtrière sur le port de Beyrouth qui a relancé la colère des Libanais.

SB : Nouvelle soirée de manifestation en Biélorussie. Les manifestants contestent les résultats de l'élection présidentielle, qui donne Alexandre Loukachenko vainqueur. La nuit dernière déjà plus de 3 000 personnes ont été arrêtées.

FB : À Hong Kong, nouvelle illustration de la loi controversée sur la sécurité nationale imposée par Pékin. Une militant pro-démocratie a été arrêtée ainsi qu'un homme à la tête de nombreux titres de presse : Jimmy Lai.

Et puis retour vers les chemins de l'école en Haïti pour une partie des élèves deux semaines après la fin de l'état d'urgence.

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SB : Le gouvernement libanais démissionne. Le Premier ministre Hassan Diab l'a annoncé ce soir.

FB : Plus tôt dans la journée d'autres ministres l'avaient fait individuellement. L'annonce a été faite moins d'une semaine après la double explosion sur le port de Beyrouth. Les précisions de Nicolas Falez.

Hassan Diab a eu des mots très forts pour dénoncer la corruption, principal problème du Liban selon le Premier ministre démissionnaire. « Je me suis rendu compte que le système de corruption est plus grand que l'État et que l'État a les mains liées », a-t-il déclaré. C'est le deuxième gouvernement qui démissionne au Liban depuis le mouvement de contestation inédit qui a éclaté dans le pays en octobre dernier. Face à cette colère de la population, le gouvernement de Hassan Diab avait été formé en janvier et présenté comme une équipe dominée par des indépendants. À l'époque, de nombreux Libanais y avaient vu au contraire, le maintien d'une classe politique largement discréditée. Ce gouvernement était considéré comme proche du Hezbollah et de ses alliés politiques, ce qui lui a aussi été reproché. Mais c'est l'explosion meurtrière de mardi dernier, le retour de la colère dans la rue et une série de démissions de ministres qui ont conduit Hassan Diab à remettre sa démission ce lundi soir. La suite est encore incertaine, désignation d'un nouveau Premier ministre ou convocation d'élections anticipées, comme Hassan Diab lui-même l'avait souhaité ces derniers jours.

FB : La France appelle à la « formation rapide d'un gouvernement qui fasse ses preuves ».

SB : Au lendemain de l'attaque au Niger, les auteurs n'ont pas encore été retrouvés.

FB : Les forces armées tentent de retrouver ceux qui ont tués ce dimanche quatre hommes et quatre femmes âgés de 25 à 50 ans. Les victimes étaient des membres de l'ONG Acted et un guide nigérien. Ils ont été pris pour cible lors d'une excursion touristique. Une enquête a été ouverte en France pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste ».

SB : De nouvelles manifestations étaient organisées ce soir en Biélorussie, la police est de nouveau intervenue.

FB : Elle a utilisé du gaz lacrymogène et a tiré des balles en caoutchouc. L'opposante Svetlana Tikhanovskaya a dit qu'elle n'y participerait pas. Elle se considère comme vainqueur de l'élection présidentielle de ce dimanche. Le président sortant Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, aurait pourtant été largement réélu avec 80% des voix. Mais l'opposition estime que ces chiffres sont faux. Hier déjà plus de 3 000 personnes ont été arrêtées en une nuit. Les proches des personnes arrêtées sont d'autant plus inquiets que les détenus n’ont aucun moyen de communiquer avec l’extérieur, pas d’avocat et pas de possibilité de donner de leurs nouvelles. Reportage à Minsk de notre envoyé spécial Daniel Vallot.

« On rentrait chez nous, on a été encerclés par les policiers. Ils ont commencé à battre les gens, moi ils m’ont laissé partir mais ils ont pris mon mari. » Cela fait des heures que Tania attend devant les portes de la prison à Akrestsina, en périphérie de Minsk. Depuis hier minuit, cette jeune mère de famille tente en vain de retrouver son mari : « J’ai fait tous les commissariats de la ville, mais je ne l’ai pas trouvé. Et je suis revenue ici. On ne sait pas ce qui peut lui arriver et ce qui peut se passer. » Devant la prison, nous rencontrons Sacha, le visage marqué, des traces de coups sur les jambes et sur les bras. Relâché en fin de matinée, il nous raconte son arrestation, puis les violences subies dans le fourgon de police : « Ils nous ont frappés durant tout le trajet, à coups-de-poing, à coups de pied ou de matraque. En nous insultant et disant qu’ils allaient nous tuer. Mes reins me font si mal que j’arrive à peine à respirer ». Malgré ces violences, Sacha veut retourner manifester, dès qu’il sera en état, nous dit-il, de le faire de nouveau : « Peut-être pas tout de suite, mais oui, j’y retournerai, parce que je veux du changement dans mon pays et parce que je veux pouvoir regarder mes enfants dans les yeux, quand ils me diront : "Papa, pourquoi tu n’as rien fait ?" » Daniel Vallot, Minsk, RFI.

FB : Le Royaume-Uni appelle le gouvernement à « s'abstenir de nouveaux actes de violence » et dénonce les « graves irrégularités » du scrutin présidentiel.

SB : Des arrestations aujourd'hui aussi à Hong Kong.

FB : Celle d'une militante pro-démocratie, mais aussi d'un homme très important dans le secteur de la presse : le milliardaire Jimmy Lai. La police est venue l’arrêter chez lui ce matin. Les locaux de son groupe de presse ont été fouillés. Jimmy Lai est soupçonné de fraude, mais pas seulement nous explique Christophe Paget.

Parmi les personnes arrêtées Jimmy Lai, 71 ans, mais aussi ses deux fils. Toutes sont soupçonnées de collusion avec des forces étrangères. L’an dernier déjà, la presse officielle de Pékin s’était déchaînée contre le patron de presse quand il avait rencontré aux États-Unis le secrétaire d’État Mike Pompeo et le vice-président Mike Pence. Jimmy Lai s’en était défendu, expliquant que les Hongkongais pouvaient bien rencontrer des politiciens étrangers s’ils le désiraient. Ce qui n’a pas empêché la Chine de continuer à l’accuser de trahison et d’être derrière les gigantesques manifestations de l’an dernier à Hong Kong. Car Jimmy Lai et son groupe Next Media, qui compte entre autres le quotidien Apple Daily, sont très critiques envers la politique de Pékin. Jimmy Lai s’était lancé dans la presse après le massacre de Tiananmen en 1989, s’en prenant aux dirigeants chinois dans ses éditoriaux. Avant l’arrestation de ce matin, le milliardaire était déjà poursuivi pour avoir pris part aux manifestations l’an dernier et à la veillée à la mémoire des morts de Tiananmen cette année. Car, depuis que la loi sur la sécurité a été imposée par Pékin, des poursuites ont été lancées contre de nombreux militants pro-démocratie. Deux semaines avant le vote de la loi, Jimmy Lai confiait déjà qu’il était « prêt » à aller en prison. Malgré tout, Apple Daily sera publié ce mardi, assurait aujourd’hui le rédacteur en chef du journal. Sur internet, un député pro-démocratie promet qu'il l’achètera « même si c’est une pile de feuilles blanches ».

FB : Christophe Paget du service international de RFI. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est dit « profondément préoccupé » par cette arrestation.

SB : Un mot de la pandémie de Covid-19. 731 000 morts ont maintenant été recensés à travers le monde.

FB : En France, depuis aujourd'hui, les Parisiens doivent sortir masqués, même en plein air. Le port du masque est rendu obligatoire dans certains quartiers de la capitale à partir de ce lundi. Pour lutter contre la pandémie, en Grèce, à partir de ce soir, bars et restaurants seront fermés la nuit dans certaines des principales destinations touristiques.

SB : Et à l'inverse en Haïti, un semblant de retour à la normale.

FB : Aujourd’hui, les élèves de terminale et de dernière année d’école primaire ont retrouvé leurs salles de classe, quatre mois après leur fermeture. Cette rentrée exceptionnelle est organisée afin qu’ils puissent avoir un minimum de cours avant les examens d’État qui sont reprogrammés pour le mois d’octobre. Objectif : rattraper les inégalités des chances qui se sont creusées entre les enfants, selon qu’ils sont scolarisés dans le système public ou privé. Reportage d'Amélie Baron.

Ménage de pré-rentrée à l’école publique de Tabarre, le directeur Lucien Jean-François regrette que ses élèves n’aient pas eu un seul cours depuis quatre mois : « À l’école, nous n’avons pas d’électricité, alors allez voir dans les maisons des élèves... Les histoires de "travail en ligne", c’est pour les parents qui ont les moyens de fournir à leurs enfants du matériel informatique. Mais nous, nous n’en sommes pas capables. » Le collège Catts Pressoir est en pointe de la technologie avec des cours filmés disponibles sur plateforme numérique. Le directeur Guy Etienne témoigne néanmoins des difficultés inhérentes au pays : « On a fait le choix de faire les cours pré-enregistrés, parce qu’il a tellement de difficultés d’internet et d’électricité, on ne pouvait pas donner des rendez-vous spéciaux aux enfants. Si à ce moment-là il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas d’internet, ils ratent le cours. Souvent, il nous arrivait de voir des enfants à 1h, 2h du matin en train de suivre leur cours. » Parce qu’il rêve d’offrir cet enseignement en ligne à tous les enfants d’Haïti, Guy Etienne négocie les tarifs avec les fournisseurs d’accès internet et lève des fonds pour installer des panneaux solaires dans les écoles des zones reculées. Le leitmotiv de ce directeur dynamique : il ne faut pas attendre l’État, le développement du pays dépend de chaque citoyen.

SB : « L'île Maurice doit se préparer au pire des scenarios », c'est le message du Premier ministre.

FB : Un bateau s'est échoué au large de cette île de l'océan Indien et il pourrait se briser. Environ 1 000 tonnes de pétrole se sont déversées dans la mer, un espace protégé. Et environ 2 000 tonnes d'hydrocarbures se trouvent toujours à bord. C'est une véritable catastrophe environnementale. Des opérations sont en cours. Le gouvernement mauricien a déclaré l'état d'urgence.

FB : RFI il est 22h et bientôt 10 minutes à Paris, 20h10 en temps universel. Merci beaucoup Sylvie Berruet.

SB : Merci à vous Fanny, à demain.

Article publié le 10/08/2020

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