Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 10/12/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : le coup diplomatique de Donald Trump. À quelques semaines de la fin de son mandat le Président américain a annoncé le rétablissement des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc. Autre annonce il affirme avoir signé une proclamation reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

SB : Au Liban un Premier ministre devant la justice, c'est une première. Hassan Diab et trois anciens ministres ont été inculpés aujourd'hui dans l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth qui avait fait plus de 200 morts au mois d'août.

RA : Et puis le pessimisme dans les discussions sur le Brexit. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé qu'il y avait de « fortes possibilités » qu'il « n'y ait pas d'accord », à l'issue des discussions qui doivent définir la future relation entre Londres et Bruxelles.

-----

SB : Ce sont donc deux décisions diplomatiques majeures qui ont été annoncées aujourd'hui.

RA : Ces deux décisions concernant le Maroc et elles ont été annoncées par Donald Trump sur Twitter. Le Président américain affirme avoir signé une proclamation qui reconnait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, c'est un conflit vieux de plusieurs dizaines d'années. Et puis comme il l'écrit sur Twitter, je cite « une autre avancée historique aujourd'hui : Nos deux grands amis, Israël et le Royaume du Maroc, ont accepté de normaliser complètement leurs relations diplomatiques ». Explications Oriane Verdier.

Un rapprochement entre le Maroc et Israël, la rumeur en parlait déjà il y a trois mois lors de la signature des accords assurant la normalisation des relations d'Israël avec les Émirats arabes unis et le Bahreïn. Des accords signés à Washington sous l'œil bienveillant de Donald Trump alors en campagne pour sa réélection. Le président sortant avait annoncé que cinq ou six pays arabes supplémentaires suivraient l'exemple des deux États du Golfe. En octobre dernier c'était au tour du Soudan d'annoncer son rapprochement avec l'État hébreu. Une manière de sortir de son isolement sur la scène internationale et ainsi de la crise économique dans laquelle le pays est plongé. Les médias israéliens annonçaient donc depuis plusieurs mois un rapprochement possible avec le Maroc. En échange de l'établissement de relations diplomatiques formelles avec Israël, Rabbat aurait cherché à obtenir la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara occidental. L'ancienne colonie espagnole est actuellement disputée entre les Marocains et les indépendantistes du Front Polisario soutenus par l'Algérie. Ce sera donc chose faite, à en croire le compte Twitter du président américain qui vit actuellement ses dernières semaines à la Maison Blanche.

SB : Et évidemment ces décisions entrainent de nombreuses réactions.

RA : Concernant le dernier point soulevé, la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, le roi du Maroc Mohamed VI salue une « prise de position historique » des États-Unis. Les Nations unies tentent de relativiser cette annonce des États-Unis : pour le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, « la solution à cette question peut toujours être trouvée sur la base des résolutions du Conseil de sécurité ».  Et puis concernant la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu salue un accord « historique », aussitôt dénoncé par les Palestiniens.

SB : Au Liban le Premier ministre démissionnaire et trois ex ministres inculpés.

RA : Ils sont mis en cause dans l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth qui avait fait plus de 200 morts et 6500 blessés le 4 août dans la capitale libanaise. Ce sont les premières inculpations d'hommes politiques, quatre mois après le drame. Alors que la justice était accusée d'être totalement liée au pouvoir. Le juge Sawan en charge de l'enquête a donc pris cette décision d'inculper trois anciens ministres et le Premier ministre démissionnaire (on dit démissionnaire car Hassan Diab a annoncé qu'il allait quitter son poste). Un premier ministre face à la justice c'est une première au Liban. Et c'est une décision que salue Antonia Mulvey, avocate internationale qui conseille plus d’une centaine de familles de victimes de l'explosion du port de Beyrouth, on l'écoute.

« Je pense que cette nouvelle est une étape importante pour que la justice soit rendue aux milliers de victimes de l’explosion de Beyrouth du 4 août. Bien sûr, nous attendons de voir ce qu’il va advenir de l’enquête, et de ces inculpations. Cependant, je pense que c’est un grand bond en avant. Les victimes et leurs familles attendaient ces mises en accusation, dans leur combat pour obtenir justice. Maintenant, nous attendons de voir ce qu’il va se passer : nous espérons que l’affaire sera jugée devant un tribunal. Mais n’oublions pas que cette explosion est le résultat de décennies d’absence de gouvernance et de corruption. Si nous voulons vraiment remédier à cette situation au Liban, il va falloir une réponse de long terme à ces problématiques ».

RA : L’avocate internationale Antonia Mulvey au micro de notre correspondant au Liban Noé Pignède.

SB : Le Brexit au menu d'un sommet européen qui s'est ouvert ce jeudi.

RA : Il y a urgence à trouver un accord, la période de transition suite au Brexit prend fin le 31 décembre. Il s'agit de définir la future relation entre Londres et Bruxelles. Et la fin des discussions est prévue ce dimanche. Mais les nouvelles ne sont pas optimistes : le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré qu'il y avait une « forte possibilité » qu'il n'y ait « pas d'accord ».

SB : Face à ces perspectives imprévisibles, Londres a signé un accord de libre-échange avec Singapour.

RA : C'est la Ministre du Commerce International anglo-saxonne qui a signé cet accord depuis Singapour à plus de 10mille kilomètres de Londres. Face à l'incertitude du Brexit cela permettra au Royaume-Uni de bénéficier des mêmes facilités de libre-échange avec Singapour que les 27 États membres de l’UE. Les détails avec notre correspondante en Asie du Sud-est Gabrielle Maréchaux.

Ce sont deux pays qui ont toujours cultivé des liens étroits. Ces deux états anglophones sont déjà membres du Commonwealth et semblent mutuellement attirés l’un par l’autre. Une des plus grandes diasporas singapouriennes se trouve ainsi à Londres, tandis que, du côté britannique, de manière plus anecdotique, les partisans du Brexit ont pu utiliser l’expression « Singapour-sur-Tamise » pour rêver d’un modèle financier britannique, où Londres serait indépendante de Bruxelles et s'inspirerait de la politique très libérale de ce petit état d’Asie du Sud Est. Ce jeudi, les liens entre ces deux pays se sont un peu plus solidifié et la Ministre singapourienne du commerce s’est félicité de ce nouveau partenariat avec un Royaume Uni « redevenu une nation commercialement indépendante ». Les droits de douanes seront donc levés pour ce partenaire de premier plan d’ici 2024. Un accès réciproque aux marchés des services est également prévu. Autant de facilités qui rappellent un autre accord, celui signé avec l’Union Européenne en 2018, quand Brexit était encore incertain. Gabrielle Maréchaux Kuala Lumpur RFI.

SB : En France le gouvernement a fixé le cap des prochaines semaines face à la pandémie de coronavirus.

RA : Le Premier ministre Jean Castex a tenu ce soir une conférence de presse. Les deux grandes décisions annoncées : la confirmation de la levée du confinement à partir de mardi prochain, comme l'avait annoncé le Président Emmanuel Macron, à la place un couvre-feu qui débutera dès 20h, qui sera levé uniquement le 24 décembre au soir. Le 31 décembre se fera donc sous couvre-feu. Et puis deuxième mesure qui sonne comme un nouveau coup dur pour le monde de la culture : les cinémas, théâtre et musées ne pourront rouvrir le 15 décembre comme cela avait été évoqué, ils devront rester fermer trois semaines de plus.

SB : Également en France la droite cherche la bonne formule pour se choisir un candidat pour la prochaine Présidentielle.

RA : À un an et demi du scrutin la question qui agit le parti Les Républicains est de savoir s'il faut passer par une primaire, comme c'était le cas en 2017. Le Président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau qui se voit bien candidat est pour. L'analyse d'Anne Soetemondt.

Ne pas dire « primaire » mais « départage » pour éviter de crisper. Dans une note adressée à la direction LR, Bruno Retailleau insiste : « seule une consultation des électeurs de droite permettra l'émergence d'une candidature de rassemblement ». Une manière pour le sénateur de mettre la pression sur le patron du parti. Car si la primaire est dans les statuts, le souvenir de 2017 et du crash de François Fillon est encore dans toutes les têtes à droite.. d'où la préférence de Christian Jacob pour une candidature qui s'imposerait d'elle-même... quitte à être celle d'une personnalité hors parti... comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse... Inenvisageable pour Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR propose donc un vote à un tour dans lequel toute personne ayant signé « une charte » et participé à hauteur de « 5 euros » pourrait voter pour une liste de noms par ordre de préférence. « Faux remède » réagit ce matin le numéro 3 du parti, Aurélien Pradié, qui met en garde contre un échec devant les français. La solution pourrait venir de Gérard Larcher.. en juge de paix, le patron LR du sénat, travaille à une proposition pour éviter de remettre en marche la machine à perdre.

Article publié le 10/12/2020

RFI - Radio France Internationale