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Infos en français facile : Édition du 15/08/2020 20h00

Transcription

Benjamin Delille : Merci d’écouter RFI, il est 20 heures en temps universel, 22h à Paris. Bonjour, bienvenue dans votre Journal en français facile. Avec moi pour vous le présenter ce soir, William De Lesseux, bonsoir William !

William De Lesseux : Bonsoir Benjamin, bonsoir à tous.

BD : Dans l'actualité de ce samedi : une victoire pour l'Iran à l'ONU. Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté une résolution des États-Unis. Elle prévoyait de prolonger l'embargo sur les armes.

WL : Les Biélorusses manifestent toujours contre la réélection de leur président Alexandre Loukachenko. Des manifestations plutôt calmes après une semaine marquée par la répression et les arrestations.

BD : Nouvel épisode de tensions entre la Turquie et la Grèce. Des bateaux militaires turcs se trouvent depuis lundi près d'une île grecque. L'Union européenne appelle au calme. Enfin la fête de l'Assomption avait lieu ce 15 août. Les célébrations ont dû s'adapter aux mesures sanitaires, notamment à Lourdes, en France.

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WL : Les États-Unis ont subi un échec au Conseil de sécurité des Nations unies.

BD : Leur résolution pour prolonger l'embargo sur les armes en Iran, c'est-à-dire pour suspendre les exportations d'armes iraniennes, a été rejetée par la majorité des pays qui sont membres de ce Conseil. Les alliés européens de Washington se sont abstenus. Ils n'ont voté ni pour ni contre. Cela s'explique par le fait que les Européens regrettent le choix des États-Unis de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015. Quoi qu'il en soit, ce rejet de la résolution américaine est une très bonne nouvelle pour Téhéran Siavosh Ghazi.

« C'est un échec historique » des États-Unis ont affirmé les responsables iraniens et les journaux du pays. En effet, sur les quinze membres du Conseil de sécurité, seule la petite République dominicaine a voté en faveur de cette résolution, qui visait à prolonger les sanctions contre les achats et les ventes d'armes par l'Iran qui prend fin en octobre comme le prévoit l'accord nucléaire de 2015. Les pays européens, membres du Conseil de sécurité, comme la France et le Royaume-Uni se sont abstenus. La Russie et la Chine, alliés de l'Iran n'ont même pas eu besoin d'utiliser leur droit de veto pour rejeter la résolution américaine. À partir d'octobre, l'Iran va pouvoir vendre des armes librement, notamment des missiles ou encore des drones notamment à ses alliés syrien et irakien et surtout acheter des armes de combat à la Chine et la Russie. Téhéran et Pékin sont sur le point de finaliser un accord de coopération stratégique de 25 ans qui prévoit des ventes d'armes à l'Iran et des investissement chinois considérables dans le domaine énergétique iranien. Un accord identique d'une durée de 20 ans doit également être conclu entre l'Iran et la Russie. Désormais, Téhéran tourne le dos aux Européens et aux États-Unis pour regarder vers l'Asie et développer ses relations avec la Chine, la Russie, mais aussi des pays comme l'Inde ou encore la Malaisie pour contrer les sanctions américaines. Siavosh Ghazi, Téhéran, RFI.

WL : Il y a dix jours maintenant, une explosion a ravagé et détruit toute une partie de Beyrouth, la capitale du Liban. Aujourd'hui, un membre du gouvernement des États-Unis réclame une enquête transparente.

BD : Il s'agit de David Hale, il s'occupe des affaires du Proche-Orient au secrétariat d'État, c'est-à-dire l'équivalent aux États-Unis du ministère des Affaires étrangères. L'enquête dont il parle vise à expliquer les causes de l'explosion qui a fait au moins 177 morts. Et le FBI, la police fédérale américaine, va y participer. Ses agents doivent arriver à Beyrouth ce week-end.

WL : Les manifestions continuent en Biélorussie.

BD : Des milliers de personnes se sont rassemblées aujourd'hui dans la capitale, Minsk. Ils contestent et réfutent la réélection d'Alexandre Loukachenko au poste de président. C'était dimanche dernier. Alexandre Loukachenko préside la Biélorussie depuis 26 ans et les manifestants l'accusent d'avoir truqué les élections, c'est-à-dire d'avoir triché. Les détails de Murielle Paradon.

Des milliers de personnes ont manifesté à Minsk ce samedi. Dans la soirée, 3 000 d'entre elles sont venues scander des slogans devant le siège de la télévision d'État pour réclamer « la vérité » et protester contre la réélection du président Loukachenko, entachées de fraudes selon elles. Un peu plus tôt dans la journée, des milliers de personnes s'étaient rassemblées autour de la station de métro Pouchkinskaïa pour rendre hommage à un des manifestants qui a trouvé la mort lundi dernier à proximité. Pas de répression policière ce samedi. Il faut dire que le président Alexandre Loukachenko a appelé à une certaine retenue. Il a également annoncé la libération de milliers de personnes interpellées ces derniers jours. Un président fragilisé qui a appelé son allié russe Vladimir Poutine. Ce dernier lui aurait assuré une aide pour préserver la sécurité de son pays. Le Kremlin s'est dit, de son côté, « confiant » dans une résolution prochaine de la crise. Le président Alexandre Loukachenko qui accuse des forces étrangères d'être derrière les manifestations contre lui, a aussi rejeté une médiation internationale offerte par la Pologne, la Lettonie et la Lituanie.

BD : Murielle Paradon.

WL : Le président turc rejette l'appel au calme de l'Union européenne dans son conflit avec la Grèce.

BD : Recep Tayyip Erdogan affirme que les menaces et les sanctions ne l'empêcheront pas de continuer ses études sismiques en mer Méditerranée. Lundi dernier, un bateau d'exploration turc est arrivé près d'une île grecque, escorté par des militaires, c'est-à-dire accompagné par des navires de l'armée turque. La zone où ils se trouvent est revendiquée par la Grèce, c'est-à-dire qu'Athènes estime qu'elle lui appartient. C'est aussi une zone où l'on trouve des ressources gazières. Ce qui explique l'intérêt de la Turquie pour cet endroit. Mais ce n'est pas la seule explication de l'arrivée de bateaux turcs selon Nicolas Monceau, chercheur associé à l’Institut français d’études anatoliennes d'Istanbul :

« Il y a toute une multitude d’enjeux dans cette crise ou ce regain de tensions que l’on observe dans la région actuellement. Effectivement, il y a des enjeux énergétiques et économiques qui sont considérables, et qui s’expliquent par la découverte de gisements d’hydrocarbures, en particulier de gaz, très importants autour de l’île de Chypre et désormais dans la région prospectée par la Turquie. Ces gisements gaziers attisent les intérêts de tous les États dans la région dont la Turquie notamment. Mais il y aussi des questions géopolitiques et effectivement la question des frontières. En particulier, la question des frontières maritimes entre la Turquie et la Grèce. C’est un contentieux très ancien qui a une dimension historique qui remonte jusqu’au traité de Lausanne en 1923 et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et la Turquie conteste depuis ce temps la délimitation de ces frontières maritimes qu’elle estime défavorable à ses intérêts. Et dans ce que l’on observe aujourd’hui, dans les tensions qui éclatent aujourd’hui dans cette région, il y a effectivement la volonté par la Turquie de renégocier le tracé de ces frontières en établissant un rapport de force. »

BD : Nicolas Monceau, qui est également maître de conférences en science politique à l'Université de Bordeaux. Il était interrogé par Amélie Tulet.

WL : Dans plusieurs pays d'Europe, de plus en plus de mesures de restrictions sont décidées et imposées pour combattre le coronavirus.

BD : Au Danemark, le masque de protection va devenir obligatoire dans les transports en commun, c'est-à-dire les bus ou encore les métros. La Belgique décide d'annuler des voyages en train vers les villes en bord de mer. En plein été, cela permet d'éviter qu'il y ait trop de monde au même endroit. Depuis ce matin au Royaume-Uni, les voyageurs qui viennent de France, des Pays-Bas ou de Malte, doivent reste isolés, en confinement, pendant 14 jours. La France a promis d'imposer la même chose aux voyageurs qui viennent de Grande-Bretagne. Et le masque est devenu obligatoire dans plusieurs zones et quartiers de Paris et de Marseille.

WL : La crise sanitaire liée au coronavirus a aussi un impact sur les célébrations de l'Assomption.

BD : Oui, l'Assomption c’est une fête de la religion catholique qui est célébrée, tous les ans, le 15 août en l'honneur de la vierge Marie. En France, beaucoup de catholiques profitent de cette date pour faire un pèlerinage à Lourdes, c'est-à-dire un voyage vers un lieu qu'ils considèrent comme étant saint. Sauf que cette année, c’est un peu compliqué, Maud Charlet.

Cette année, dans la basilique Saint-Pie X de Lourdes, seuls 5 000 croyants ont pu assister samedi matin physiquement à la messe. C'est cinq fois moins que d'ordinaire. Covid oblige, il a fallu limiter les visiteurs et s'organiser pour faire respecter la distanciation sociale explique le Père Vincent Cabanac, directeur du pèlerinage national de l'Assomption de Lourdes : « Les places étaient marquées dans la basilique pour que chacun puisse être distant les unes des autres. » Dans l'assemblée, les malades présents d'habitude en nombre étaient quasi-absents faute d'accompagnement possible. Alors, les moyens techniques pour rediffuser la célébration et les événements de tout le week-end ont été renforcés : « C’est-à-dire que nous n’avons pas pu conduire et accompagner les personnes malades qui viennent habituellement, plus de 800 malades. Nous les avons accompagnées de là où elles sont. Nous avons entretenu le lien constant pendant tout ce pèlerinage et même auparavant avec toutes ces personnes malades qui n’ont pas pu venir. Nous l’avons fait soit par des visites, soit par l’envoi aussi de messages ou d’appels téléphoniques et par l’envoi aussi de ce qu’on appelle un kit qui permettait aux malades de nous suivre sur les réseaux sociaux, par la télévision et la radio. » Si les rites ont donc pu se dérouler en entier, le père Cabanac aspire tout de même à la prochaine édition, la 148e, pour pouvoir accueillir ces malades, à qui cette ville est dédiée souligne-t-il.

BD : Maud Charlet. C'est ainsi que se termine ce Journal en français facile, merci à vous de l'avoir suivi. Merci à William De Lesseux de m'avoir accompagné. Il est 20h10 en temps universel.

Article publié le 15/08/2020

RFI - Radio France Internationale