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Infos en français facile : Édition du 17/01/2020 20h00

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 21h ici à Paris, 20h en TU. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre journal en français facile, présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous

RA : À la une de l'actualité ce soir, la Russie participera à la conférence internationale sur la Libye. Cette conférence se tiendra dimanche à Berlin en Allemagne. Moscou l'a confirmé ce vendredi, Moscou qui soutient le maréchal Haftar qui mène actuellement une offensive sur Tripoli.

SB : En Iran, l'ayatollah Ali Khamenei a présidé la prière du vendredi. Cela n'était pas arrivé depuis 8 ans. Le guide suprême s'en est pris aux Européens accusé d'être les valets des Américains, c'est-à-dire d'être soumis à Washington.

RA : Et puis en Chine la croissance est au plus bas. 6.1% l'an dernier. Près de 30 ans que Pékin n'avait pas connu ça.

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SB : Les contours de la conférence de Berlin sur la Libye commencent à se préciser

RA : Cette conférence internationale se tiendra dimanche dans la capitale allemande, et son objectif est de lancer un processus de paix en Libye sous l'égide de l'ONU, c’est-à-dire sous le contrôle des Nations Unies. On rappelle la situation en Libye : un gouvernement d'union national est au pouvoir, dirigé par Fayez al-Sarraj, mais le maréchal Haftar et ses hommes mènent depuis plusieurs mois une offensive. D'où la tenue de cette conférence afin de tenter de ramener le calme. Conférence à laquelle de nombreux pays participeront, les États-Unis, la Chine, la France, ou encore la Russie. Moscou l'a confirmé ce vendredi. Écoutez Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe.

« Nous avons soutenu la conférence de Berlin depuis le début parce que, plus il y aura de pays qui aident les libyens à sortir de cette crise, mieux ce sera. Il n’est pas facile de les convaincre et c’est pour cela qu’il faut unir nos efforts. C’est pour cette raison que nous allons participer ce dimanche à la conférence. Nous avons participé à toutes les 5 rencontres préalables. Les documents finaux que nous avons, sont déjà, je crois, presque entièrement validés. Ils sont conformes aux décisions prises par le Conseil de Sécurité sur la Libye. L’essentiel à présent c’est qu’après la conférence les parties libyennes ne répètent pas les mêmes erreurs que par le passé, et ne commencent pas à poser des conditions supplémentaires, à s’accuser les uns les autres. Pour l’instant leurs relations sont très tendues. Ils ne veulent même pas être réunis dans la même pièce, sans parler de la possibilité de dialoguer. »

RA : Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Propos recueillis par notre correspondant à Moscou Daniel Vallot. Précisons que la Russie soutient l'offensive du maréchal Haftar en Libye. Et d'ailleurs ce vendredi ce dernier a remercié son "ami" Vladimir Poutine selon une lettre publiée par Moscou. Le président russe remercié pour – je cite – « les efforts de la fédération de Russie pour rétablir la paix et la stabilité en Libye », fin de citation.

SB : En Iran pour la première fois depuis 8 ans le guide suprême a présidé la grande prière du vendredi à Téhéran.

RA : Le contexte est trouble, ces dernières semaines la tension avec les Etats-Unis a été extrêmement forte, Washington et Téhéran ayant même semblé proches d'un affrontement militaire direct. Il y a neuf jours il y a eu la catastrophe aérienne du Boeing d'Ukraine International Airlines, cet avion qui a été abattu juste après son décollage de Téhéran, « par erreur » selon l'Iran, ce qui a provoqué la mort de 176 personnes. Mais ce qui a le plus retenu l'attention de l'ayatollah Khamenei, c'est la position des Européens concernant l'accord sur le nucléaire. La France, l'Allemagne et le Royaume-Unis, les trois pays signataires de l'accord. En réaction à la décision de Téhéran de relancer son programme, ces trois pays ont en effet déclenché un processus qui pourrait aboutir au retour des sanctions de l'ONU contre l’Iran. D'où les vives critiques exprimées aujourd’hui par Ali Khamenei, je vous propose d'écouter un extrait de son prêche, ce matin.

« Je l'ai dit dès le début, après la sortie des Etats-Unis de l'accord nucléaire, lorsque ces trois gouvernements parlaient et parlaient, en vain et de manière inutile, que je ne leur faisais pas confiance et qu'ils seraient aux services des Etats-Unis. Il est devenu très clair aujourd'hui, un an après, qu'ils sont réellement les valets des Etats-Unis. Ces gouvernements pauvres et négligeables veulent mettre à genoux notre peuple. Les Etats-Unis qui sont plus grands que vous et votre maître n'ont pas pu le faire. Et vous êtes trop petits pour pouvoir mettre à genou le peuple iranien ».

RA : Le guide suprême d'Iran l'ayatollah Ali Khamenei lors de son prêche ce matin à la mosquée Mosalla de Téhéran. Suite à cette prise de parole, la télévision iranienne d'État a diffusé des images de rassemblements de soutien au pouvoir et aux forces armées dans des villes de province.

SB : Dans l'actualité économique, la croissance chinoise qui est au plus bas depuis près de 30 ans.

RA : Le chiffre a été annoncé ce matin, il est conforme aux prévisions : une croissance l'an dernier de 6.1%. C'est un demi-point de moins qu'en 2018. Des mesures de soutien à la deuxième économie du monde sont attendues pour 2020. La correspondance à Pékin de Stéphane Lagarde.

Il n’y a décidément rien de bon dans cette année du cochon : révolte à Hongkong, raz de marée électorale pour les indépendantistes à Taiwan, et cette guerre commerciale avec les américains qui mine la croissance. Le Bureau nationale des statistiques a d’ailleurs attendu que l’accord commercial de Phase Un avec les Etats-Unis soit signé avant de publier ses chiffres. Sur l’ensemble de 2019, le taux de progression du PIB chinois atteint 6, 1 % contre 6,6 % en 2018, c’est son rythme le plus faible depuis 1990. Anus horribilis pour les statisticiens chinois qui comptent désormais sur l’accord sino américain pour atténuer la pression, ainsi que sur des mesures de relances pour tenter de préserver le modèle de « société de moyenne aisance » et d’enrichissements des classes moyennes pour l’année du rat qui commence. Dans le viseur, le plancher des 6 % de croissance surveillé comme le lait de soja sur le feu par les planificateurs chinois. Aux experts qui estiment que cette ligne pourrait-être franchit au cours des prochains trimestres, le porte-parole du bureau des statistiques a répondu que l’an dernier, pour la première fois dans l’histoire chinoise, le revenu par habitant est passé au-dessus des 9 000 euros (10 000 dollars.) Autre bonne nouvelle : la production industrielle est repartie à la hausse, 6, 9 % le mois dernier contre 6, 2 % en novembre. Stéphane Lagarde Pékin RFI.

RA : Également concernant la Chine et l'économie, les suites de l'accord commercial conclu mercredi entre Pékin et Washington. Bruxelles a vivement réagi ce vendredi, évoquant la possibilité de saisir l'Organisation mondiale du Commerce. C'est l'ambassadeur de l'Union européenne en Chine qui l'a dit lors d'une conférence de presse. Il entend saisir l'OMC si l'accord est contraire aux intérêts européens.

SB : Et nous partons maintenant à Rio de Janeiro au Brésil où l'eau courante est contaminée.

RA : Cela dure depuis une dizaine de jours, selon les autorités le problème provient de la géosmine qui est une substance produite par des algues. Les autorités qui affirment que l'eau est potable, donc que l'on peut la boire, mais dans le même temps les cas de maladie se multiplient. Par conséquent dans les supermarchés brésiliens c'est la ruée vers les bouteilles d'eau minérale. La preuve avec ce reportage de Sarah Cozzolino.

Dans ce supermarché du centre de Rio, il ne reste plus que de l’eau pétillante. Elle coûte le triple de l’eau minérale qu’achète Daisy. « J’achetais de l’eau minérale ici pour 1,40. Je viens de passer dans un autre supermarché. Il n’y en a nulle part, tout est fini ! C’est effrayant, manquer d’eau en plein été ! » Alors que les températures frôlent les 40 degrés ces derniers jours, les cariocas cherchent des plan B. « Certaines personnes, quand elles ne trouvent pas d’eau, achètent de la bière. » ; « Je remplis des bouteilles à mon travail. Du filtre, parce que le filtre d’ici paraît bien mieux ! » Silviana habite dans la zone Nord de Rio. Depuis dix jours l’eau qui sort de son robinet est marron, avec une odeur forte et un goût de terre. Son amie Ana Paula est très préoccupée par les cas d’indigestion. « Je connais des voisins, ma belle-sœur. On n’est pas sûrs que c’est l’eau mais une fois qu’on connaît quelqu’un qui est tombé malade. Il vaut mieux prévenir que guérir. » Un camion avec 400 packs de bouteilles d’eau minérale vient d’arriver dans le quartier de Botafogo. Le supermarché écoule son stock en trois heures ces derniers jours. Monica fait le plein. « Chaque jour, ma patronne m’envoie acheter entre 16 et 20 bouteilles. » L’entreprise publique de gestion de l’eau a présenté ses excuses aux habitants de Rio ce mercredi, et promis que le problème serait résolu la semaine prochaine. Sarah Cozzolino Rio de Janeiro RFI.

SB : En France c'est ce vendredi la 44e journée de mobilisation contre la réforme des retraites et elle a été marquée par une action menée au siège de la CFDT

RA : La CFDT qui appelle à cesser la grève et à négocier avec le gouvernement. Ce qui ne plait pas certains manifestants, plusieurs dizaines d'entre eux sont entrés au siège du syndicat. Le secrétaire général de la CFDT dénonce des cas d'agressions physiques et verbales.

Voilà, c’est la fin de ce journal en français facile, il est déjà 21h10 ici à Paris. Merci, à demain. 

Article publié le 17/01/2020

RFI - Radio France Internationale