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Infos en français facile : Édition du 17/08/2020 20h00

Transcription

Aurélien Devernoix : Bonsoir à toutes et à tous, il est 22h à Paris, 15h à Milwaukee. Merci d'être à l'écoute de RFI, c'est l'heure de votre Journal en Français facile. Et pour m'accompagner durant ce journal, William de Lesseux, bonsoir.

William de Lesseux : Bonsoir Aurélien, bonsoir à tous.

AD : La convention du parti démocrate s'ouvre ce soir aux États-Unis. Joe Biden sera désigné candidat à l'élection présidentielle à l'issue de ces quatre jours de rassemblement très virtuel cette année, pandémie de Covid-19 oblige.

WL : La contestation continue en Biélorussie, plus d'une semaine après la présidentielle qui a vu la réélection d'Alexandre Loukachenko. Sa rivale, Svetlana Tikhanovskaïa, exilée en Lituanie, annonce être prête à diriger le pays.

AD : L'inquiétude grandit à Beyrouth où les hôpitaux, endommagés par la double explosion du 4 août et débordés par les milliers de blessés, voient arriver de plus en plus de personnes contaminées par la Covid-19.

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WL : Ce devait être le grand moment de rassemblement et d'unification du parti Démocrate avant la présidentielle du 3 novembre.

AD : Dans une poignée d'heures maintenant va débuter la convention du parti. Durant quatre jours à Milwaukee dans le Wisconsin, des milliers de délégués du parti et des militants auraient dû assister aux discours des figures démocrates avant l'officialisation de la candidature de Joe Biden. Mais la pandémie en a voulu autrement, et cette convention va donc se tenir de manière très virtuelle, Christophe Paget.

« Rassembler l’Amérique » : c’est le slogan de cette convention, allusion à des États-Unis divisée par Donald Trump selon les démocrates. En ces temps de Covid, rassembler physiquement n’étant pas une bonne idée, les organisateurs ont fait le pari de réunir virtuellement invités, militants, et plus largement Américains. Tous les intervenants ont reçu des kits pour se filmer (micros, lumières, routeurs internet) de chez eux, près de monuments ou sur des scènes - les artistes ont d’ailleurs déjà enregistré leurs interventions musicales, c’est aussi le cas pour certains discours ou mini-documentaire. Pour que tout cela reste vivant, les réactions de délégués à ce qu’ils voient sur leurs écrans seront aussi diffusées en direct. Ces centaines de canaux de diffusion vont donc s’entremêler, chaque soir, pendant deux heures, un grand exercice d’équilibriste diffusée en totalité ou en partie à selon les chaînes de télévision. La convention durera en tout 8 heures, échelonnées sur quatre jours, soit le tiers de sa durée habituelle : du coup les intervenants parleront nettement moins longtemps que leurs traditionnelles dix minutes, ce qui permettra aussi espèrent les organisateurs une plus grande visibilité sur les réseaux sociaux. Bref, les démocrates vont tenter contraints et forcés de faire entrer dans le XXIe siècle ces grands rendez-vous, qui n’avaient pas vraiment changé depuis les années 60.

AD : Christophe Paget. Et si durant ces quatre jours, les États-Unis vont logiquement avoir les yeux rivés sur cette convention, avec des prises de parole de Michelle et Barack Obama, Bernie Sanders, de stars d'Hollywood et de la musique et bien sûr du ticket présidentiel démocrate, Joe Biden - Kamala Harris, pas question pour Donald Trump d'abandonner la lumière. Écoutez Jean-Éric Branaa, maître de conférences à l’université Paris II Panthéon-Assas et chercheur au centre Thucydide :

(Transcription manquante)

AD : Le chercheur Jean-Éric Branaa répondait à Romain Lemaresquier. Et Donald Trump a d'ores et déjà lancé sa contre-attaque : il doit prononcer un discours ce soir dans le Wisconsin, à quelques dizaines de kilomètres de la convention démocrate.

WL : Donald Trump qui accentue une nouvelle fois la pression sur le géant chinois des télécommunications Huawei.

AD : Washington a décidé d'interdire à 38 filiales internationales du groupe le droit d'exercer sur le sol américain. Huawei a été accusé d'espionnage par Donald Trump et son administration, notamment dans le secteur très compétitif des semi-conducteurs.

WL : Le président américain s'est également exprimé sur la situation en Biélorussie.

AD : Une situation que Donald Trump juge « terrible » et qu'il affirme suivre de très près. L'Union européenne tiendra de son côté un sommet extraordinaire sur le sujet mercredi. La contestation contre le pouvoir biélorusse et en particulier contre le président Alexandre Loukachenko, réélu à l'issue d'un scrutin très contesté le 9 août, ne faiblit pas. Des manifestations ont encore eu lieu ce lundi. Le chef de l'État a même été pris à partie lors d'un discours dans une usine. Des ouvriers ont demandé son départ. De son côté, sa rivale lors de la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, exilée en Lituanie, se dit prête à diriger le pays et appelle les forces de l'ordre à lâcher le pouvoir. On l'écoute :

« Nous voulons tous quitter ce système dans lequel nous vivons depuis 26 ans. Je suis prête à prendre mes responsabilités et à endosser mon rôle de cheffe de la nation pour que notre pays se relève de cette crise et revienne à la normale. Pour que nous relâchions tous les prisonniers politiques et pour que nous puissions préparer les bases légales pour la tenue d’une nouvelle élection présidentielle aussi rapidement que possible. Une élection réelle, juste et transparente qui ne pourrait être remise en question par la communauté internationale. Je voudrais m'adresser à ceux qui portent l'uniforme. Les Biélorusses ne supportent plus la violence. Les Biélorusses sont généreux et justes. Si vous décidez de ne pas suivre les ordres criminels et de vous joindre au peuple, il vous pardonnera, il vous soutiendra et il ne vous fera aucun reproche à l'avenir. Ces signaux seront sans aucun doute entendus par nos alliés du monde entier, qui nous rejoindront et nous aideront à traverser cette période difficile. »

WL : Svetlana Tikhanovskaïa, propos recueillis par Stéphane Geneste.

La pandémie de Covid-19 ne ralentit pas sa course mortelle : près de 770 000 morts sur la planète, un chiffre sans doute sous-estimé.

AD : La Nouvelle Zélande a annoncé aujourd'hui le report de ses élections législatives en raison de la multiplication des cas dans le pays. Programmées le 19 septembre, elles se tiendront finalement le 17 octobre. Inquiétude également en Syrie où le nombre de cas et de décès est en augmentation dans les territoires contrôlés par le régime de Damas. L'Espagne de son côté a annoncé la fermeture des discothèques dans plusieurs régions du pays.

WL : L'épidémie qui connaît également un rebond au Liban.

AD : Une situation très inquiétante en particulier à Beyrouth, ravagée par la double explosion du 4 août. Les hôpitaux ont été endommagés et accueillent déjà des milliers de blessés. Les autorités sont donc très inquiètes, car la propagation de la maladie risque de devenir incontrôlable. La correspondance Paul Khalifeh.

Depuis plusieurs jours, des centaines de cas de coronavirus sont détectés, portant à plus de 8 800 le nombre de personnes infectées. Le ministre démissionnaire de la Santé, Hamad Hassan, a tiré la sonnette d’alarme. À Beyrouth, les unités de soins intensifs dans les hôpitaux publics sont saturées et la situation n’est pas meilleure dans les établissements privés. Le secteur de la santé a été durement touché par la double explosion du 4 août, avec quatre hôpitaux hors-service. Le chaos et la désorganisation consécutifs à la double explosion sont grandement responsables du rebond de la pandémie. Dans la panique la plus totale, des milliers de blessés ont été accueillis dans les hôpitaux, envahis par des familles à la recherche de leurs proches. Les manifestations de colère qui ont suivi ont mobilisé des milliers de personnes, qui se sont rassemblées à Beyrouth, sans respecter la distanciation ni les gestes barrières. L’arrivée de milliers de Libanais de l’étranger après la réouverture de l’aéroport a aussi favorisé la propagation du virus. Le ministre Hamad Hassan a préconisé le retour à un confinement total pendant de deux semaines pour juguler la pandémie. En attendant la décision des autorités, des quartiers entiers à Beyrouth, dans d’autres villes et dans des camps palestiniens ont été isolés dans une tentative désespérée de freiner l’avancée du coronavirus.

AD : En France, chiffres contradictoires ce lundi. Seuls 493 nouveaux cas ont été enregistrés durant les dernières 24 heures, loin des 3 000 quotidiens des jours précédents. Mais les hospitalisations sont en hausse, notamment en réanimation. 19 morts ont également été enregistrés.

Et le doute plane aussi sur la reprise du championnat de France de football. Le match d'ouverture, du championnat, entre Marseille et Saint-Étienne vendredi pourrait en effet être reporté en raison de trois nouveaux cas suspects au sein de l'OM.

WL : Toujours en football, mais sur le terrain, avec la seconde demie finale de la Ligue Europa.

AD : L'Inter Milan affronte en ce moment le Shakhtar Donestk. Score pour l’instant, 1-0 pour les Milanais. Les vainqueurs affronteront vendredi en finale le FC Séville. Demain début des demies-finales de la Ligue des Champions, le Paris-Saint-Germain affronte Leipzig.

Et c’est ainsi que ce termine ce Journal en français facile. Excellente soirée à l’écoute de RFI.

Article publié le 17/08/2020

RFI - Radio France Internationale