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Infos en français facile : Édition du 18/08/2020 20h00

Transcription

Aurélien Devernoix ; Bonsoir à toutes et à tous, il est 22h à Paris, 23h à Beyrouth, l'heure de votre Journal en Français facile.

15 ans après l'assassinat de Rafic Hariri et au terme de six années de procès, un membre présumé du Hezbollah a été reconnu coupable d'avoir fomenté l'attentat contre l'ancien Premier ministre libanais. Mais les trois autres inculpés ont été acquittés.

Nous irons également aux États-Unis, deuxième journée de la convention démocrate. Les militants du parti n'ont pas pu aller à Milwaukee en raison des consignes sanitaires, mais certains ont décidé de vivre quand même ce moment important de la campagne présidentielle. Illustration au Texas dans ce journal.

Et puis ce chiffre : 146. C'est le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en France en 2019. La situation se détériore alors même que le président Emmanuel Macron s'était engagé à faire de la lutte contre les violences faites aux femmes un combat majeur de son quinquennat.

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AD : Mais avant de développer ces titres, direction le Mali où un coup de force semble avoir lieu. Des militaires se sont mutinés ce matin et ils retiennent prisonniers ce soir le président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre Boubou Cissé dans le camp militaire de Kati situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako. « Une tentative de coup d'État » selon l'Union européenne qui condamne « tout changement anticonstitutionnel ». Les Nations unies appellent de leur côté à « la libération immédiate et sans conditions » des deux dirigeants maliens. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU aura lieu demain. Condamnation également ce soir de l'Union africaine qui appelle la communauté internationale, les Nations unies et la Cédéao, médiatrice dans la crise qui agite le Mali depuis deux mois, à unir leurs efforts pour s'opposer à tout recours à la force.

Après six ans de procès et un ultime report du verdict en raison de la catastrophe du 4 août à Beyrouth, le Tribunal spécial pour le Liban a finalement désigné un coupable de l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Il s'agit de Salim Ayache, membre présumé du Hezbollah. Trois autres accusés, eux aussi liés au mouvement chiite, ont en revanche été acquittés. Mais le Tribunal a affirmé qu'il n'y avait pas de preuves de l'implication de la direction du Hezbollah. À Beyrouth, Paul Khalifeh.

De La Haye, où il a assisté à l’audience, Saad Hariri a accepté le verdict du Tribunal et demandé que justice soit faite. L’ancien Premier ministre a appelé le Hezbollah à livrer les membres de la cellule qui a exécuté l'attentat. Au Liban, le verdict a été accueilli avec déception, parfois avec stupéfaction, par les partisans de Rafic Hariri, qui s’attendaient à ce que le commandement du Hezbollah soit pointé du doigt. Des partisans de Rafic Hariri s’étaient rassemblés devant sa tombe dans le centre-ville de Beyrouth, en prévision de l’annonce du verdict. Au fur et à mesure que le jugement était lu par le président du Tribunal, les mines se renfrognaient. Les partisans et les amis du Hezbollah, eux, ont envahi les réseaux sociaux pour tourner en dérision le Tribunal qui a coûté un milliard de dollars, pour un résultat qu’ils ont jugé « modeste », voire « ridicule ». Vendredi, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah avait dit qu’il ne se sentira pas concerné par le verdict du Tribunal et a appelé ses partisans à ne pas y réagir. Sur le terrain, aucun incident n’a été signalé entre des sympathisants des deux camps. L’armée libanaise s’était massivement déployée dans les quartiers de Beyrouth pour empêcher d’éventuels affrontements entre sunnites et chiites. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI.

AD : Toujours dans la région, cette première illustration de la normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis. Le chef du Mossad, le service de renseignement israélien, s'est rendu à Abou Dhabi pour évoquer la coopération en matière de sécurité entre les deux pays.

Aux États-Unis, deuxième jour de la convention démocrate. Plusieurs figures du parti doivent s'exprimer ce soir, dont l'ancien président Bill Clinton. Hier, Michelle Obama a prononcé un discours très fort et très critique à l'encontre de Donald Trump. Un moment auquel les militants du parti n'ont pu assister que par écrans interposés, Covid oblige. Mais à défaut d'être à Milwaukee où se tient la convention, certains s'étaient réunis dans leur ville de résidence. Illustration au Texas avec notre correspondant Thomas Harms.

La soirée avait commencé avec une dizaine de personnes sur Zoom. Plusieurs étaient assis dans le canapé de leur salon, d’autres devant une image de fond, tous aux quatre coins de Houston. Chacun, comme Cayla, retraitée, racontait les raisons de son engagement : « Je vois ces suprémacistes blancs, néonazis, que Trump trouve être des gens super. Et avec ce qui se passe avec les gens de couleurs, ça me rend juste malade. » Le groupe démocrate de Houston devait se retrouver et réagir sur la plateforme qui diffusait la convention. Mais la fenêtre de discussion promise n’a été intégrée qu’à la fin des deux heures de l’événement virtuel. Chacun a donc regardé de son côté les stars du parti, le clip de Bruce Springsteen, les candidats malheureux de la primaire démocrate et enfin Bernie Sanders et Michelle Obama. Sheila Myers avait organisé la soirée virtuelle de Houston : « Comme on ne pouvait pas discuter, nous nous sommes envoyés des mails entre nous. Et l’une des participantes me disait Michelle Obama était inspirante, je disais oui je pense exactement la même chose. Elle visait 100% juste sur pourquoi on doit élire Joe Biden. Et particulièrement le moment où elle a dit qu’il n’était pas parfait. Et j’ai vraiment aimé le format. Pour moi ça fonctionne. » La convention démocrate virtuelle dure jusqu’ à jeudi soir. Thomas Harms, Houston, RFI.

AD : En Europe, dixième journée de contestation en Biélorussie. Après une visite très chahutée dans une usine hier, le président Alexandre Loukachenko a décidé de lancer une contre-offensive, en premier lieu auprès des ouvriers de ces usines d’État qui ont jusqu'ici été son socle électoral. Anissa El Jabri.

Il n’a jamais été aussi fragilisé, mais il est toujours là et veut le montrer : il ne lâchera pas une parcelle de pouvoir sous la pression. Hier, lors d'une visite chahutée dans une usine emblématique de Minsk, Alexandre Loukachenko avertissait les ouvriers qui lui criaient de partir : « Celui qui quitte l'usine ne reviendra pas ». Aujourd’hui, ils nombreux sont les observateurs sur place à le dire, le nombre de grévistes a lourdement chuté dans ce secteur : menace de coupes dans les salaires ou de licenciements, pression des services de sécurité. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, qui vient aussi de publier une liste de fonctionnaires de maintien de l’ordre médaillés pour, je cite, « service irréprochable ». L'ex-candidate à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, tente de mettre sur pied un comité de coordination de la société civile pour la transition. La prix Nobel Svetlana Alexievitch l'a rejoint. La première réunion s’est tenue ce mardi avec là aussi des menaces claires du chef de l’État : « C'est une tentative de prise de pouvoir. Je tiens à avertir ceux qui ont rejoint ce comité que nous prendrons les mesures adéquates. Nous en avons assez pour refroidir certaines têtes brûlées. ». Fin de citation.

AD : Anissa El Jabri.

La situation en Biélorussie évoquée ce mardi lors d'un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. Le président français a invité son homologue russe à favoriser l'apaisement et le dialogue. Les dirigeants de l'Union européenne se retrouveront demain midi pour un conseil extraordinaire sur le sujet.

Le port du masque sera désormais obligatoire dans toutes les entreprises françaises à partir du 1er septembre. Annonce du gouvernement ce mardi alors que le pays fait toujours face à une forte augmentation du nombre de cas de Covid-19 sur son territoire : plus 2 238 durant les dernières 24 heures et 17 morts supplémentaires.

C'est par ailleurs un problème social qui endeuille la France depuis des décennies. Les violences conjugales : 146 femmes ont été tuées l'an passé par leur conjoint ou ex-compagnon. C'est 25 de plus qu'en 2018. Des chiffres alarmants alors même que la lutte contre les violences faites aux femmes avait été fixée comme une priorité par Emmanuel Macron. Écoutez Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol, elle répond à Sylvie Koffi.

(Transcription manquante)

AD : Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol.

Du football à présent. Le Paris-Saint-Germain affronte en ce moment le RB Leipzig en demi-finale de la Ligue des Champions. Les Parisiens mènent 2-0. Demain autre duel franco-allemand : l'Olympique lyonnais défiera le Bayern Munich, tombeur au tour précédent du FC Barcelone. Le Barça qui a limogé, hier, son entraîneur Quique Setien, remplacé, on l'a appris ce soir, par le Néerlandais Ronald Koeman, ancien joueur du club.

Il est bientôt 21h10 à Lisbonne, 22h10 ici à Paris, merci d'avoir suivi ce Journal en français facile.

Article publié le 18/08/2020

RFI - Radio France Internationale