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Infos en français facile : Édition du 19/02/2020 20h00

Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile que je vous présente en compagnie d’Aurélien Devernoix. Bonsoir, Aurelien.

Aurélien Devernoix : Bonsoir Loïc, bonsoir à tous.

LB : À la une : la situation humanitaire en Syrie dans la région d’Idleb où l’offensive du régime fait fuir près d’un million de civils selon les Nations Unies.

AD : À la une également, l’épidémie de coronavirus et les critiques, qui s’abattent sur le Gouvernement japonais. Le cas du paquebot mis en quarantaine au large de Yokohama est au centre des débats.

LB : Et puis en France, le Gouvernement donne son feu vert à la mise hors service de la centrale de Fessenheim, la plus vieille du pays. Arrêt prévu avant l’été.

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AD : Tout d’abord ces déclarations de l’émissaire de l’ONU pour la Syrie qui met en garde contre un « péril imminent d’escalade » dans le nord-ouest du pays.

LB : Comprendre que Geir Pedersen craint que la tension ne monte encore d’un cran. Un peu plus tôt, le Président turc s’était attiré la colère de Moscou, alliée de Damas, après avoir menacé de lancer bientôt une offensive militaire contre les forces du régime dans la région d’Idleb.

AD : La région d’Idleb où la situation humanitaire atteint justement un point critique.

LB : Le régime de Bachar Al Assad et ses alliés mènent actuellement une importante opération afin de reconquérir cette région contrôlée par des rebelles et par des jihadistes. Mais des centaines de milliers de civils sont affectés par les combats depuis le mois de décembre. L’ONU parle de près d’un million de déplacés. Selon la militante de l’opposition Merna Al Hassan, plus aucune ville, plus aucun village n’échappent désormais aux affrontements. La population est démunie. Merna Al Hassan militante de l’opposition syrienne contactée dans la province d’Idlib par Sami Boukhelifa.

« La situation humanitaire ne fait que se dégrader. Tous les jours des dizaines de milliers de personnes fuient à cause des combats. Même les populations qui vivaient dans les villages syriens frontaliers de la Turquie et qui étaient jusque-là épargnées ont été contraintes de fuir finalement. Des tirs d’artillerie ont ciblé leurs maisons, des obus de mortier se sont également abattus sur les camps où ces gens ont trouvé refuge. Cela signifie qu’il n’y plus aucun endroit sûr dans la province d’Idlib. Tout est détruit méthodiquement et ni les êtres humains ni les animaux ne sont épargnés. La situation est critique et l’aide apportée par les quelques organisations humanitaires présentes ici est très modeste. Le nombre de déplacés est trop important, c’est une catastrophe humanitaire. »

AD : À la une également, l’épidémie de coronavirus et ce bilan qui ne cesse de s’alourdir : la barre des 2000 morts est désormais dépassée en Chine.

LB : Mais le nombre de contaminations supplémentaires est à la baisse pour le 2e jour de suite, ce qui n’empêche pas la crise sanitaire de se poursuivre en Chine, mais aussi dans le monde entier.

AD : La situation inquiète notamment au Japon où environ 500 premiers passagers du « Diamond Princess » ont enfin pu débarquer. Ce paquebot, vous le savez, est en quarantaine depuis le début du mois dans le port de Yokohama.

LB : Les passagers en question avaient tous été testés négatifs au coronavirus. L’opération de débarquement des croisiéristes en bonne santé va se poursuivre jusqu’à vendredi. En attendant, le bilan à bord continue de s’alourdir. Au moins 621 des 3700 passagers et membres d’équipage ont été infectés. Ce qui vaut au Gouvernement nippon une pluie de critiques. Il est accusé d’avoir mal géré cette crise sanitaire. Les précisions de Yelena Tomic.

Plus d’un million de vues dans ses versions japonaises et anglaises en moins de 24h, la vidéo du professeur Kentaro Iwata, spécialiste des maladies infectieuses a fait l’effet d’une bombe. Avec l’autorisation des autorités, qui n’a pas été chose facile, ce professeur de l’université de Kobe a réussi à embarquer à bord du Diamond Princess et son constat est alarmant : « Cela fait plus de 20 ans que je travaille sur les maladies infectieuses. J’ai été en Afrique pour traiter l’épidémie d’Ebola. J’ai été dans d’autres pays pour le choléra, en Chine en 2003 pour m’occuper du Sras et jamais je n’ai eu peur d’être moi-même infecté, car je sais comment me protéger, comment protéger les autres et comment doit se dérouler une prévention des infections. Mais à l’intérieur du Diamond Princess, j’ai eu tellement peur d’attraper le coronavirus, car il n’y avait aucun moyen de savoir où se trouvait le virus. C’était totalement chaotique ». Aucun contrôle de propagation des infections. Aucune distinction entre les zones vertes -saines- et rouges - potentiellement infectées-, des passagers et membres d’équipage qui circulent librement d’un endroit à un autre, un médecin qui ne porte plus de masque parce qu’il est persuadé d’avoir déjà été contaminé. Les remarques du professeur Kentaro Iwata n’ont pas plu aux fonctionnaires présents à bord qui l’ont invité à débarquer. En attendant, ce spécialiste des maladies infectieuses s’est imposé une quarantaine de 14 jours pour éviter de contaminer sa famille et son entourage.

AD : À Washington, c’est à la une des journaux américains. L’annonce de Donald Trump hier d’accorder une dizaine de remises de peine.

LB : Notamment celle de Rod Blagojevich, l’ancien gouverneur de l’Illinois condamné à quatorze ans de réclusion pour avoir tenté de vendre le siège de sénateur laissé vacant par Barack Obama. Une vague de clémence de la part du Président américain qui s’accompagne d’une polémique. Eliott Brachet.

Pourquoi une telle clémence de la part de Donald Trump ? C’est la question qui, entre les lignes, fait la une de la presse américaine. Le locataire de la Maison-Blanche est intervenu personnellement pour réduire des peines de prison ou gracier 11 fonctionnaires ou ex hauts dirigeants américains. Selon le New York Times, des « criminels en col blanc » détenus pour fraude, corruption ou mensonge d’État. Un cas emblématique : celui de Rod Blagojevich. Après avoir passé 8 années derrière les barreaux, il est finalement sorti plus tôt. L’ex-gouverneur démocrate de l’Illinois avait été condamné à 14 ans de réclusion pour avoir tenté de monnayer en 2011 le siège de sénateur laissé vacant par le, tout juste élu président, Barack Obama. Au-delà de cette soudaine vague de clémence, c’est l’ingérence répétée de Donald Trump dans les affaires judiciaires qui interroge. Selon le Washington Post, le milliardaire américain surfe sur son acquittement lors de l’« impeachment ». Le risque ? Que le président favorise certains de ses proches, inquiétés par la justice. Par exemple, Roger Stone, son ami et conseiller qui a été reconnu coupable de mensonge devant le Congrès dans l’affaire des ingérences russes. Pour les éditorialistes américains, pas de doute, Donald Trump prépare le terrain en vue de le gracier. 

AD : En France, lui est concerné par l’information judiciaire ouverte aujourd’hui par le Parquet de Nanterre.

LB : Lui, c’est Carlos Ghosn, visé donc par une enquête sur des soupçons d’abus de bien sociaux chez Renault. Les enquêteurs s’intéressent notamment à l’organisation de deux soirées au château de Versailles par l’ancien patron de Renault-Nissan.

AD : Les réacteurs nucléaires de Fessenheilm cesseront de fonctionner avant l’été.

LB : La fermeture de la plus vieille des centrales du pays était annoncée puis repoussée depuis une dizaine d’années. Mais aujourd’hui, le décret confirmant l’arrêt total et définitif des réacteurs a été signé par le gouvernement avec donc, un calendrier précis. Simon Rozé.

Elle aura donc fonctionné 42 ans, la doyenne des centrales nucléaires française va enfin mettre ses deux réacteurs à l’arrêt. Enfin, car c’est l’épilogue d’un feuilleton de presque 10 ans. C’est en effet en 2011 que le futur président de la République François Hollande annonçait son intention de fermer l’installation. Concrètement, ce samedi le premier de ses deux réacteurs sera progressivement éteint, le second le sera le 30 juin. Débutera alors un processus menant au démantèlement complet de la centrale à l’horizon 2040. Pour le parc français, ce seront 1 800 MW d’électricité en moins. Pour se donner une idée, la France en consomme actuellement 70 000 et en exporte 10 000. Le nucléaire représente de manière générale les 3/4 de cette électricité, l’objectif annoncé du gouvernement c’est de baisser cette part à 50 % dans quinze ans. Une décision politique donc : d’un strict point de vue émissions de gaz à effet de serre, le nucléaire fait en effet figure de bon élève. Il s’agit d’une source d’électricité qui n’émet pas de carbone. À titre de comparaison, l’Allemagne produit son électricité par un mix entre énergies renouvelables et charbon, elle dégage en ce moment même trois fois plus de carbone que la France.

LB : Les sports avec du football ce soir. Suite des 8es de finale aller de la Ligue des Champions. Deux rencontres à suivre : Tottenham-RB Leipzig et Atalanta Bergame-Valence. Le coup d’envoi vient tout juste d’être donné. Hier, le PSG s’est incliné 2-1 en déplacement face aux Allemands de Borussia Dortmund. 
Un mot également pour souligner la performance de Martin Fourcade qui décroche à Anterselva, c’est en Italie, un 11e titre aux Mondiaux de biathlon. Le Français égale avec cette nouvelle médaille d’or le record du Norvégien Ole-Einar Bjoerndalen.

Article publié le 19/02/2020

RFI - Radio France Internationale