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Infos en français facile : Édition du 20/06/2020 20h00

Transcription

Merci d’écouter RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Julien Coquelle-Roëhm : L’heure de retrouver comme tous les soirs votre Journal en français facile avec à la Une :
- le verdict à Kinshasa dans le procès de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président passera 20 ans en prison, reconnu coupable par la justice de détournement de fonds publics de corruption et de blanchiment d’argent.
- alors que l’épidémie de coronavirus continue aux États-Unis, pays le plus touché du monde, enfermer 20 000 personnes dans une salle pour un meeting électoral pourrait passer pour une mauvaise idée. C’est pourtant ce que va faire Donald Trump ce soir dans l’Oklahoma le président relance sa campagne pour se faire réélire et vous l’entendrez beaucoup de ses partisans ne comptent pas porter leur masque.
- et puis des juges nommés directement par le gouvernement chinois et un organe de sécurité nationale contrôlé par Pékin. La Chine a présenté aujourd’hui son projet de loi de sécurité nationale pour Hong Kong. On en reparle dans ce journal.

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JCR : Il devient le plus haut responsable politique reconnu coupable de corruption en République Démocratique du Congo, Vital Kamerhe a été condamné aujourd’hui à 20 ans de travaux forcés. Le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi ira en fait en prison puisque cette peine n’est plus appliquée dans le pays. Il ne pourra pas non plus se présenter à une élection pendant 10 ans. Compte rendu d’audience à Kinshasa de Patient Ligodi notre correspondant.

Kamerhe paraissait détendu, il souriait même pendant le prononcé du jugement. Le juge Pierrot Bankenge, président du tribunal, a expliqué que la jurisprudence renseigne qu’il n’est pas obligatoire de retrouver l’argent dans les comptes de l’accusé pour que le détournement soit constaté. Pour lui, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi a délibérément violé les dispositions de la loi et les règles en matière de passation de marché et de décaissement des fonds publics. Le tribunal note aussi, je cite, qu’aucun doute ne subsiste ici sur le détournement. Il a également expliqué que l’homme d’affaires libanais Samih Jammal, patron de la société Samibo SARL, et principal co-accusé de Vital Kamrhe, n’a pas été en mesure « de préciser la destination de 48  millions de dollars reçus du Trésor Public. Le tribunal a insisté sur le fait que l’intention criminelle est évidente au sujet de Vital Kamerhe et de Samih Jammal. Pour lui, la collusion et la complicité entre les accusés sont “ sans équivoques ”. 20 ans de travaux forcés donc pour chacun d’eux. Vital Kamerhe est aussi déclaré non éligible pendant 10 après la peine. Le tribunal a également décidé d’expulser définitivement Samih Jammal du territoire national après l’exécution de la peine.

JCR : Et contacté par RFI, l’avocat de Vital Kamerhe refuse d’accepter ce jugement et compte faire appel.

À la une également, les critiques de la Turquie envers la France dans la crise libyenne, le porte-parole de Recep Tayip Erdogan accuse une nouvelle fois la France de soutenir le Maréchal Khalifa Haftar et estime que ce soutien met en danger la sécurité de l’OTAN. La Turquie, principal allié militaire du gouvernement d’Union Nationale de Tripoli, a aussi annoncé aujourd’hui qu’elle n’accepterait un cessez-le-feu en Libye que si les troupes pro Haftar quittent la ville stratégique de Syrte. L’Égypte qui soutient Haftar se dit prête à intervenir directement dans le pays si les troupes du GNA avancent vers la ville. Tripoli répond que cela menacerait « gravement » la sécurité nationale.

C’est un évènement qui n’a pas fini de faire polémique aux États-Unis. Donald Trump relance ce soir sa campagne pour la présidentielle avec un meeting à Tulsa dans l’Oklahoma. En 1921, la ville avait été le théâtre d’un des pires massacres racistes de l’histoire du pays quand une foule blanche avait assassiné 300 Afro-Américains. Et alors que les manifestations anti racistes se sont multipliées ces dernières semaines dans le pays, le président avait prévu à l’origine de venir à Tulsa. Hier, jour où l’on commémorait l’abolition de l’esclavage, face à l’indignation Donald Trump a donc repoussé son meeting à aujourd’hui, mais la polémique ne retombe pas, car en pleine crise du coronavirus, ils seront 20 000 à venir écouter le président dans un lieu fermé ce soir. Mais à vrai dire les partisans de Donald Trump n’y pensent pas vraiment. Reportage d’Anne Corpet notre envoyée spéciale sur place.

Plus de cinq heures avant le début du meeting, la foule déjà compacte scande “ USA USA… ”. Sur scène, un groupe de rock dit patriotique se produit. Donald Trump a appelé ce rassemblement the come-back meeting, le meeting du retour et ses partisans sont heureux de retrouver l’ambiance des grands jours. Georges et Karen Katzenburger : “ On est venus de l’Ohio donc c’est quinze heures de route, mais ça vaut vraiment le coup pour voir notre président, le meilleur président que nous ayons jamais eu ”. “ Cette énergie nous manquait et on lui a manqué. Il a besoin d’être avec son peuple c’est pour cela qu’on est venu de si loin. On aurait raté ça à aucun prix, même si on avait dû venir à la nage. ” Georges et Karen sont septuagénaires et ne portent pas de masque comme l’immense majorité des milliers de personnes qui viennent voir le président. Les cas de coronavirus sont pourtant en nette recrudescence dans l’Oklahoma. Un État remporté avec 36 points d’avance par Donald Trump en 2016 et où le président sait qu’il sera parmi les siens. Même si sa venue pendant le week-end de commémoration de l’abolition de l’esclavage est perçue comme une provocation chez les Afro-Américains de Tulsa. Anne Corpet Washington RFI.

JCR : Voilà, vous l’entendez, le masque ne sera pas beaucoup porté ce soir à Tulsa, mais l’équipe de campagne de Donald Trump sera bien protégée. Les spectateurs du meeting doivent signer un document dans lequel ils renoncent à toute poursuite en justice s’ils attrapent le virus pendant l’évènement. Alors qu’on apprend ce soir, que six organisateurs du meeting ont été testés positifs au coronavirus. La campagne du président l’assure, aucun employé malade et aucune personne ayant été en contact avec eux ne sera présent ce soir. 

Le président chinois Xi Jinping l’avait annoncé le mois dernier, aujourd’hui les autorités chinoises ont présenté leur projet de loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Désormais c’est le pouvoir politique chinois qui nommera directement les juges dans la province semi-autonome. Un organe de sécurité nationale qui relèvera directement de Pékin va également être mis en place. L’objectif c’est de mettre un terme à la contestation à Hong Kong. Les militants pro-démocraties ont manifesté pendant des mois pour empêcher l’adoption d’une loi autorisant les extraditions. Cette question ne figure pas dans le projet de loi d’aujourd’hui, mais elle y est directement liée comme l’explique Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et enseignant à Sciences Po.

[Transcription manquante]

JCR : Propos recueillis par Romain Lemaresquier. 

Et puis, c’est une nouveau choc dans un pays en pleine dégringolade économique : l’Université américaine de Beyrouth au Liban s’apprête à licencier 25 % de son personnel. L’annonce a été faite il y a quelques jours par le président de l’institution, plus gros employeur privé local qui gère à la fois un campus universitaire de 9 000 étudiants et un hôpital privé réputé dans toute la région. Et ces licenciements sont un signe de plus de la situation alarmante dans le pays. Laure Stephan.

Le campus de l’Université américaine de Beyrouth tourne au ralenti : les cours en salles n’ont pas repris, pour cause de crise sanitaire liée au coronavirus. Les licenciements annoncés concernent surtout des emplois administratifs, à l’Université et à l’hôpital. Mais le désarroi est général, chez des enseignants confrontés à la perte de valeur de leur salaire. Ali Chalak, professeur associé et activiste dans la vie de l’institution. « Tout le corps professoral s’inquiète beaucoup de pouvoir maintenir ses moyens d’existence et ses travaux de recherche. Tout cela est lourdement affecté. Il y a un sentiment de grand mécontentement et de grande démotivation au sein de la faculté. » La direction pointe la crise économique pour expliquer ses difficultés financières et justifier les licenciements. Mais des professeurs mettent aussi en cause la stratégie, comme la construction d’un nouvel hôpital ou certains salaires élevés. Ali Chalak. « Ce n’est pas juste la crise économique qui est en cause, mais une accumulation de mauvaise gestion : celle-ci nous a menées vers une université où l’administration a beaucoup gonflé et où les plus hauts cadres reçoivent d’énormes salaires et privilèges. » Les départs à l’AUB vont gonfler les rangs des chômeurs : près de 35 % aujourd’hui, un chiffre qui augmente rapidement au fur et à mesure des licenciements. Laure Stephan, Beyrouth, RFI.

JCR : Et c’est ainsi que se termine ce Journal en français facile, vous pouvez le retrouver sur le site de RFI Savoirs.

Article publié le 20/06/2020

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