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Infos en français facile : Édition du 24/12/2020 20h00

Transcription

Adrien Delgrange : À l’écoute de RFI, il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

L'heure de retrouver votre Journal en français facile présenté ce soir avec Clémentine Pawlotsky, bonsoir.

Clémentine Pawlotsky : Bonsoir Adrien, bonsoir à tous.

AD : Au sommaire de ce journal, les 27 pays européens et le Royaume-Uni ont réussi à se mettre d'accord aujourd’hui. D'accord sur la manière dont ils envisagent de commercer dans les années à venir. Le Premier ministre britannique Boris Johnson, que vous entendrez, est satisfait. Les dirigeants européens comme Emmanuel Macron et Angela Merkel aussi. En revanche, sur le dossier de la pêche, les pécheurs restent inquiets. Explications à suivre.

Sur le continent africain, en RCA, à trois jours de l’élection présidentielle, les Nations unies envoient 300 casques bleus supplémentaire.

Et puis enfin en France, le président Emmanuel Macron n'a plus de symptômes liés au Covid-19, il n'est plus à l'isolement, il va pouvoir retourner au palais de l'Élysée.

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CP : Ça y est, après dix mois de négociations tendues et difficiles, l’Union européenne et le Royaume-Uni sont enfin parvenus à un accord sur leur future relation commerciale.

AD : Parmi les toutes premières réactions, celle de Boris Johnson. Le Premier ministre britannique qui dit célébrer « l’indépendance retrouvée de son pays », mais a aussi eu un mot pour les 27 autres pays européens.

« Nous serons vos amis, vos alliés, vos soutiens, et, ne l’oublions pas, votre premier marché. Parce que même si nous quittons l’Union européenne, ce pays restera culturellement, émotionnellement, historiquement stratégiquement géographiquement lié à l’Europe »

AD : L’accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne doit encore être validé par les capitales des 27 pays européens et par le gouvernement britannique avant d’être soumis au Parlement européen et à la Chambre des communes en Grande-Bretagne.

CP : L’accord doit permettre aux produits britanniques d’entrer sur le marché unique européen -sans quotas ni droits de douane-, accord trouvé après des heures de négociations sur la pêche. C'était un sujet qui compliquaient les négociations. À Bruxelles, Pierre Benazet.

C’est un accord à l’arraché qu’Européens et Britanniques ont réussi à conclure, un accord présenté des deux côtés de la Manche et en Irlande comme le meilleur possible pour préserver les intérêts de chacun. C’est une victoire politique pour Boris Johnson qui peut affirmer aux Britanniques qu’il a réussi à obtenir des concessions en arrachant un accord auquel personne ne croyait plus. Cet accord de libre-échange va en particulier permettre de garder le flux des marchandises puisque les produits britanniques auront accès au marché unique européen sans quotas ni droits de douane. Cet accord va aussi permettre aux pêcheurs européens de continuer à pêcher dans les eaux britanniques après le 1er janvier même si l’UE a concédé une réduction d’un quart de leurs prises. Cette réduction se fera sur une période de cinq ans et demi ce qui signifie malgré tout que le Royaume-Uni ne reprend pas immédiatement le contrôle souverain de ses eaux territoriales. Mais cet accord de jeudi, entre les équipes de négociation, ce n’est pas encore la fin de l’histoire puisqu’il doit encore être validé par les 27 capitales et signé par elles, avant d’être ratifié par le Parlement européen et par la Chambre des communes dont les députés sont convoqués pour le 30 décembre. Pierre Benazet, Bruxelles, RFI.

CP : Un « Noël noir » pour les pêcheurs de l'Union européenne.

AD : Le volet pêche de l'accord post-Brexit, après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, conclu entre Londres et Bruxelles a suscité nombreuses inquiétudes, déceptions et amertume chez la plupart des marins européens, qui devront renoncer à terme à une part de leurs prises dans les eaux britanniques. Ils ont dénoncé quasi unanimement le manque de visibilité qu'engendre pour eux cet accord, qui prévoit une période de transition jusqu'à l'été 2026 pour renoncer à 25% des captures européennes, qui s'élèvent en valeur marchande à environ 650 millions d'euros par an, et la renégociation annuelle prévue au terme de cette période.

CP : Et puis plusieurs réactions de dirigeants européens

AD : « L'unité et la fermeté européennes ont payé », s'est félicité il y a quelques instants Emmanuel Macron après la conclusion d'un accord commercial et d'ajouter « l'accord avec le Royaume-Uni est essentiel pour protéger nos citoyens, nos pêcheurs, nos producteurs ». La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite « confiante » dans le fait que l'accord obtenu jeudi à l'arrachée entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur leur future relation commerciale constituait « un bon résultat ».

CP : Avec cette accord conclu l'Union européenne et le Royaume-Uni évitent donc in extremis un « no deal », à une semaine de la rupture définitive.

AD : Il aura fallu quatre ans pour en arriver là, depuis le referendum où les Britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne. Le résumé des épisodes précédents, avec Christophe Paget.

Le 23 juin 2016, par référendum, les Britanniques disent oui au Brexit à 51,9%. Le Premier ministre David Cameron, partisan du Remain, est remplacé à la tête du pays par l’eurosceptique Theresa May, qui enclenche le processus de négociation le 29 mars 2017, pour deux ans, et en deux temps : modalités du divorce puis élaboration des futures relations Londres-Bruxelles. Sur le premier point, l’accord est approuvé le 25 novembre 2018 lors d’un sommet européen extraordinaire, mais à trois reprises les députés britanniques le repoussent. Affaiblie, Theresa May démissionne le 7 juin 2019, elle est remplacée par Boris Johnson. Le 9 janvier 2020, les députés britanniques finissent par accepter une nouvelle version de l'accord, et le Royaume-Uni quitte l’Union européenne le 31 janvier. Il faut maintenant négocier la future relation Londres-Bruxelles, et adapter des centaines de traités, avec comme points de contention la pêche, les droits de douane et le futur règlement des différends commerciaux entre Londres et Bruxelles. Pendant des mois, les négociations patinent. Londres répète que sans accord, il prendra l’option d’un Brexit dur et ne demandera pas de nouvelle prolongation de transition. L'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques restait l'ultime point de blocage. Son règlement a finalement ouvert la voie à un accord.

CP : La Cour suprême du Japon casse une décision de la Haute Cour de Tokyo, décision qui empêchait le plus ancien condamné à mort au monde d'obtenir une révision de son procès.

AD : Iwao Hakamada, c’est son nom, a passé 48 ans dans le couloir de la mort après sa condamnation, en 1968, pour le meurtre d'une famille de quatre personnes. Cet ancien boxeur avait été relâché en 2014, un tribunal ayant admis des doutes sur sa culpabilité. En 2018, la Haute Cour de Tokyo avait annulé cette décision. Elle doit, aujourd'hui, reconsidérer la demande de Iwao Hakamada d'un nouveau procès. Écoutez à Tokyo, les précisions de Frédéric Charles.

Interrogé dix heures par jour durant plus de trois semaines, Iwao Hakamada avait avoué avant de se rétracter, expliquant n'avoir pas supporté les pressions de la police. Des vêtements taches de sang constituaient les preuves de l'assassinat de son patron et des trois membres de sa famille. Or ces vêtements étaient trop petits pour l'ancien boxeur. Il aura fallu attendre un demi-siècle et une analyse ADN pour confirmer que le sang des vêtements n'était pas celui du condamné à mort. En 2015, la Haute Cour de Tokyo avait d'abord confirmé la décision prise par un tribunal de Shizuoka de libérer Iwao Hakamada. Elle reconnaissait la possibilité que « des preuves importantes aient été fabriquées ». Dans le système judiciaire japonais, la culpabilité repose sur l'aveu parfois arraché pendant les trois semaines de garde à vue. En 2018, sous la pression des juges d'instruction, la Haute Cour de Tokyo remettait en cause la fiabilité des tests ADN. Depuis, Iwao Hakamata attendait, en liberté, que la Cour suprême tranche. Son avocat a bon espoir d'obtenir un nouveau procès. Mais ce n'est pas garanti. Son client a 84 ans. Il souffre de troubles mentaux. Il aura passé 48 ans à attendre, chaque jour, la pendaison, dans une minuscule cellule, sans contact ou presque avec l'extérieur. Frédéric Charles, Tokyo, RFI.

CP : Emmanuel Macron a fini son isolement.

AD : Sept jours après avoir contracté la Covid-19, le président français était isolé à la résidence officielle de La Lanterne à Versailles. Anthony Lattier, c'est la fin d'un épisode inédit dans l'histoire de la République.

Le président a fêté ses 43 ans isolés, il va pouvoir célébrer Noël en famille. D'après un communiqué de l'Élysée, Emmanuel Macron « ne présente plus à ce jour de symptômes ». Le chef de l'État a souffert comme beaucoup de malades d'une forte toux et d’une grosse fatigue, mais il a tenu à faire savoir qu'il était toujours aux manettes, enchaînant les réunions par visioconférence et les coups de téléphone aux chefs d'États étrangers pour évoquer notamment les crises au Haut-Karabagh et en Centrafrique, et bien sûr les négociations sur le Brexit. L'Élysée garde le secret sur son lieu de vacances, « c'est du privé », dit-on. Mais comme souvent, ses conseillers assurent que ces jours de repos seront studieux. Emmanuel Macron continuera de suivre l'évolution de l'épidémie et devrait faire le point lors d'un conseil de défense la semaine prochaine. Et puis, le 31 décembre il présentera ses vœux aux Françaises et aux Français pour l'année 2021.

AD : Anthony Lattier.

Un dernier mot de football. Par ici la sortie pour Thomas Tuchel. Tremblement de terre au Paris-Saint-Germain. Après deux saisons et demie et une finale perdue de Ligue des Champions, le PSG s'est offert aujourd’hui une révolution inattendue en évinçant l'entraîneur allemand. C’est l'Argentin Mauricio Pochettino qui pourrait devenir le nouvel entraineur du Paris-Saint-Germain.

Article publié le 24/12/2020

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