Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 26/12/2020 20h00

Transcription

Benoît Almeras : Il est 21h à Paris. Bonsoir à tous, et bienvenue dans votre Journal en français facile.
Et pour m’accompagner durant cette édition, Clémentine Pawlotsky, bonsoir Clémentine.

Clémentine Pawlotsky : Bonsoir Benoît, bonsoir à tous.

BA : J-1 avant la campagne d'immunisation contre le coronavirus dans l'Union européenne. Les États membres réceptionnent les doses du vaccin développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech. C'est le cas en Allemagne ou encore en France.

CP : D'autres pays font face à une accélération des contaminations. C'est le cas du Panama, le pays d'Amérique centrale a appelé des médecins cubains à la rescousse. Une décision très critiquée.

BA : On parlera aussi de la crise en Libye. Le ministre turc de la Défense en visite pour afficher son soutien aux autorités de Tripoli face à une possible offensive du Maréchal Haftar, l'homme fort de l'est.

CP : Enfin, l'égalité homme-femmes n'est toujours pas au programme au Japon. Le pays du Soleil-Levant reporte de dix ans son objectif d'atteindre une proportion de 30% de femmes à des postes à responsabilité.

-----

CP : Bientôt le jour J pour la campagne de vaccination dans l'Union européenne.

BA : Après la Russie, le Royaume-Uni, ou encore les États-Unis, c'est au tour des 27 États membres de distribuer le vaccin développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech.

CP : Les doses sont arrivées aujourd'hui, en Allemagne notamment.

BA : Le ministre de la Santé, Jens Spahn, a salué cette étape qui doit permettre de mettre fin à l'épidémie à l'automne prochain. Reportage de notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault.

« L’Allemagne est bien préparée pour la plus grande vaccination de l’histoire du pays », a estimé Jens Spahn ce matin. Le ministre de la Santé s’est dit fier que le vaccin de BioNTech ait été développé dans son pays et parlé d’un « jour d’espoir pour l’Europe ». Les doses sont livrées aujourd’hui un peu partout. Demain, des équipes mobiles vont commencer à vacciner les plus vulnérables dans les foyers pour personnes âgées. Les personnes de plus de 80 ans et le personnel soignant exposé seront prioritaires. 440 centres de vaccination ont été mis en place à travers le pays où les personnes à vacciner obtiendront un rendez-vous. Jens Spahn : « L’Allemagne et toute l’Europe sont frappées par la pandémie la plus grave depuis plus de cent ans. Nous voulons y mettre fin grâce à cette bonne nouvelle de Noël. Chaque vaccination signifie moins d’infections, moins de cas graves dans les unités de soins intensifs, moins de morts. Se faire vacciner, c’est sauver des vies. » L’Allemagne disposera d’1,3 million de doses jusqu’à fin décembre et de onze à douze millions jusqu’à la fin mars. Jens Spahn a souligné que la vaccination prendra du temps et demandé aux plus jeunes d’être patients. Une campagne de sensibilisation va être lancée. Les 2/3 des Allemands veulent se faire vacciner, mais une partie d’entre eux préfère attendre un peu.

CP : La France a, elle, réceptionné ses 20 000 premières doses du vaccin développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech.

BA : À terme, l'Hexagone doit recevoir près de 70 millions de flacons, suffisants pour vacciner environ 25 millions de français. Pour les autorités sanitaires, le vaccin est efficace contre les nouvelles souches du coronavirus détectées en Angleterre ou en Afrique du Sud.

CP : Ces mutations jugées plus contagieuses ont contaminé plusieurs personnes sur le continent européen.

BA : On compte au moins quatre cas en Espagne, un cas en Suède et un cas en France notamment.

CP : Face à des craintes de rebond de l'épidémie après les fêtes de Noël, plusieurs pays et territoires se reconfinent aujourd'hui.

BA : C'est le cas de l'Écosse, de l'Irlande du Nord et aussi de l'Autriche.

CP : Israël se prépare à un troisième confinement en moins de neuf mois.

BA : Les restrictions seront de nouveau en vigueur dans l'État hébreu à partir de demain. Le pays enregistre une moyenne de plus de 4 000 cas par jour depuis une semaine.

CP : Le Panama est, lui, débordé par le rebond de l'épidémie.

BA : Oui Clémentine, le petit pays est le plus touché d'Amérique centrale. Plus de 220 000 cas cumulés et 3 700 décès liés au coronavirus depuis le début de l’épidémie. Le pays enregistre entre 2 500 et 3 000 nouvelles contaminations par jour depuis une semaine.

CP : Le confinement est d'ailleurs rétabli depuis deux jours et le gouvernement fait appel à des médecins étrangers.

BA : 220 Cubains sont venus prêter main forte aux autorités panaméennes. Une aide étrangère qui provoque un tollé dans le pays. Le docteur Enrique Mendoza, membre du Conseil scientifique pour la lutte contre le coronavirus, a démissionné face aux critiques, écoutez-le :

« Nous avons l'un des taux de mortalité les plus élevés en proportion du nombre d'habitants, et nous déplorons près de 20 à 30 décès chaque jour. Nous avons déjà dépassé le chiffre de 200 000 Panaméens infectés par le coronavirus et il n'y pas de réelle action pour mettre en place des mesures efficaces face à la nouvelle accélération de la pandémie de Covid. Le gouvernement national a décidé d'embaucher des médecins étrangers sans respecter les lois, notamment la loi de novembre 2013 qui dit que l'embauche de médecins étrangers doit se faire au cas par cas, de manière individuelle, et qu'on ne peut pas embaucher des médecins en groupes ou en contingents entiers. »

BA : Le docteur panaméen Enrique Mendoza. Des propos recueillis par Aïda Palau.

CP : Dans l'actualité africaine, le ministre turc de la Défense en visite officielle en Libye.

BA : Hulusi Akar, c'est son nom, est arrivé cet après-midi à Tripoli pour afficher son soutien au gouvernement d'union nationale qui contrôle l'ouest du pays.

CP : Ce voyage arrive au lendemain de déclarations du maréchal Haftar.

BA : L'homme fort de l'est de la Libye appelle depuis hier à chasser les occupants turcs. Ankara a donc évoqué une éventuelle riposte avec les autorités de Tripoli. Écoutez l'analyse de notre correspondante à Istanbul, Cerise Sudry-Le Dû.

Pas question de perdre de l’influence en Libye. Cet après-midi, le ministre turc de la Défense et ses alliés libyens se sont mis d’accord pour riposter à une éventuelle offensive de leur adversaire, le maréchal libyen Khalifa Haftar. Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée depuis 2016 par deux autorités rivales : le Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli (ouest), reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par le maréchal Haftar, l’homme fort de l'est du pays. Et alors que les deux parties étaient en pourparlers depuis deux mois, le maréchal Haftar avait appelé ce vendredi à « chasser l’occupant turc » du territoire. La Turquie est en effet très investie en Libye, elle soutient l’opposant du maréchal Haftar, Fayez el-Sarraj. Son aide a été déterminante, le pays a envoyé des hommes, du matériel et s’est investi dans les combats. À Tripoli, le ministre de la Défense turc, aux côtés de ses homologues libyens, a fortifié son alliance en mettant en avant « la poursuite de la coordination pour repousser une éventuelle tentative hostile de la part des forces hors la loi du rebelle Khalifa Haftar ». Cerise Sudry-Le Dû, Istanbul, RFI.

CP : Radio France Internationale, il est 21h07 à Bangui en Centrafrique. La Cour constitutionnelle a décidé de maintenir les élections présidentielle et législatives prévues demain.

BA : Les juges ont rejeté les recours pour un report des scrutins, en dépit de la menace d'une alliance de groupes armés rebelles, la Coalition des patriotes pour le changement.

CP : Hier, trois casques bleus burundais de la mission des Nations unies, la Minusca, ont été abattus à 250 kilomètres au nord de Bangui, la capitale.

BA : Dans ce contexte, une conférence des chefs d'État de l'Afrique centrale a évoqué aujourd'hui l'envoi de militaires pour soutenir les autorités centrafricaines.

CP : L’égalité des sexes n'est pas pour tout de suite au Japon.

BA : Tokyo a reporté d'au moins dix ans son objectif d'atteindre une proportion de 30% de femmes à des postes dits à responsabilité. C'est ce qu'a annoncé, hier, le Premier ministre Yoshihide Suga dans un nouveau plan quinquennal sur l'égalité homme-femmes.

CP : Le pays est d'ailleurs très en retard sur la question.

BA : Selon un rapport du Forum économique mondial sur l'égalité de genre, l'archipel nippon occupe la 121e place sur 153 en la matière. Précisions de notre correspondant au pays du Soleil-Levant, Frédéric Charles.

Entré en fonction en septembre dernier, le gouvernement du Premier ministre Yoshihide Suga ne compte que deux femmes sur 21 ministres, et l'une d'entre elles, nommée à la Justice, est chargée de la sale besogne de signer les ordres d'exécution des condamnés à mort. Réaction de Tomomi Inada, l'ancienne ministre de la Défense : « Le Japon est une démocratie sans femmes. » La proportion de femmes à des postes à responsabilité est estimée à 15% par le gouvernement. Et rien n'indique une volonté de changer la situation. Cet objectif d’avoir 30% de femmes dans des postes à responsabilité a été fixé pour la première fois en 2003 dans le but de contraindre une société construite à l'image de l'homme d'accepter la diversité. En 2014, l'ancien Premier ministre Shinzo Abe lançait une nouvelle initiative destinée à « faire briller les femmes » en leur permettant de mener de front une carrière et d'avoir des enfants. Le marché du travail s'est davantage ouvert aux femmes, mais leurs emplois restent précaires et mal payés. Le nouveau plan quinquennal sur l'égalité hommes-femmes ne mentionne même pas la possibilité pour les femmes de continuer à porter leur nom de jeune fille après le mariage. Frédéric Charles, Tokyo, RFI.

CP : C’est un pan de guerre froide qui a disparu aujourd’hui.

BA : Avec la mort de George Blake, cet ancien espion britannique a servi d'agent double pour les services secrets russes dans les années 1950. Il avait été condamné à 42 ans de prison pour trahison en 1961. Il s'est évadé six ans plus tard pour Moscou. George Blake s’est éteint dans la capitale russe à l’âge de 98 ans.

Article publié le 26/12/2020

RFI - Radio France Internationale