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Infos en français facile : Édition du 29/12/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Vincent Dublange, bonsoir Vincent.

Vincent Dublange : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : la question de la légalisation de l'avortement en Argentine. Cette question est soumise actuellement aux sénateurs, près de trois semaines après le feu vert (validation) des députés.

VD : La France écarte l'hypothèse d'un troisième confinement. Le ministre de la Santé Olivier Véran s'exprimait ce soir à la télévision alors que l'évolution de la pandémie de coronavirus inquiète. Il évoque un couvre-feu qui débuterait à 18h au lieu de 20h actuellement dans les régions les plus touchées.

RA : Et puis la mort du dernier grand nom de la haute couture française : Pierre Cardin est décédé à l'âge de 98 ans. Ses créations futuristes ont bousculé les années 1960, portrait à la fin de cette édition.

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VD : L'Argentine se retrouve donc ce soir face à un choix de société.

RA : Faut-il légaliser l'avortement, voilà la question qui est actuellement en débat au Sénat. Oui ont répondu les députés il y a près de trois semaines. Le vote de ce soir s'annonce donc crucial il devrait intervenir dans la nuit ou demain matin. Il y a deux ans cette question avait déjà été soumise au Parlement et les sénateurs l'avaient rejeté avec seulement 7 voix d'écart. On retrouve en direct de Buenos Aires notre correspondante Aude Villiers-Moriamé, cette année encore le vote s'annonce extrêmement serré. Les débats ont commencé il y a moins d'une heure.

L’examen du texte au Sénat va durer une bonne partie de la nuit. Plus de 12 heures de débats sont prévues, avant un vote qui doit donc avoir lieu ici entre 4 et 6 heures du matin. Le suspense est à son comble et le sera sans doute jusqu’au bout puisque le vote s’annonce extrêmement serré. Cela va sans doute se jouer à une ou deux voix près. À Buenos Aires, les militantes féministes, qui arborent le foulard vert comme symbole de la lutte pour l’avortement légal, ont déjà commencé à affluer sur la place du Congrès. Une place du Congrès divisée en deux par de hautes barrières car de l’autre côté, sont également présents les militants anti-avortement, qui ont adopté, eux la couleur bleu ciel comme emblème et sont volontiers soutenus par l'Église catholique et par les Églises évangéliques. Devant le Congrès, des écrans géants retransmettent d’une part et d’autre la session parlementaire en direct. La plupart des sénateurs ont tenu à s’exprimer sur ce sujet qui divise profondément la société argentine.

RA : Aude Villiers-Moriamé en direct de Buenos-Aires pour RFI.

VD : Des critiques des organisations de défenseurs de droits de l'homme après le durcissement d'une législation en Russie.

RA : Législation qui concerne les agents de l'étranger, autrement dit les personnes soupçonnées de travailler en Russie pour recueillir des informations à destination d'un autre pays. Jusque-là des entités étaient visés comme des médias, mais depuis hier le ministère de la Justice a inclus des personnes physiques, et donc notamment des journalistes ou des militants de la société civile. Notre correspondant en Russie Étienne Bouche a rencontré l'une de ces personnes concernées, reportage.

Le ministère russe de la Justice a inclus lundi, pour la première fois, des personnes physiques à son registre des « agents de l’étranger ». La semaine dernière, les députés avaient approuvé en dernière lecture le durcissement de cette législation critiquée par les défenseurs des droits de l’Homme. Elle peut désormais concerner des individus comme des journalistes ou des militants de la société. Ce sont d'abord des journalistes qui se retrouvent désignés, à titre individuel, comme « agent de l'étranger ». C'est le cas notamment du rédacteur en chef de « Pskovskaïa Goubernia », un journal régional indépendant du pouvoir. Les personnes visées doivent désormais mentionner ce statut dans toutes leurs publications. Lev Ponomarev, militant historique de la société civile et chroniqueur régulier dans différents médias, est également concerné. « Le FSB est manifestement très mécontent de mes activités et de celles d’autres militants des droits de l’Homme. L’idée est de gêner au maximum notre travail et de nous discréditer. Sur les gens ordinaires, la stratégie fonctionne, nous sommes assimilés à des ennemis. Mais quand ces gens se retrouvent confrontés à des actes commis impunément par des représentants de l’État, ils se demandent vers qui se tourner et finissent par contacter les ONG. Et là, leur perception change. » Officiellement, les amendements apportés à la loi visent à « protéger la souveraineté de la Russie et empêcher toute ingérence » dans ses affaires intérieures. Tout individu ou groupe recevant un soutien matériel ou financier venant de l'étranger peut désormais être considéré comme « agent de l'étranger ». Une évolution qui traduit un durcissement général à l'égard des initiatives émanant de la société civile en Russie. Le militant Lev Ponomarev, depuis longtemps dans le collimateur des autorités, avait déjà vu l'une de ses organisations dissoute l'année dernière.

VD : La pandémie de coronavirus à présent, et des inquiétudes qui sont toujours plus fortes.

RA : Inquiétudes à propos de la nouvelle souche du coronavirus qui a été détectée au Royaume-Uni : on a appris aujourd'hui que cette souche avait été identifiée chez un patient dans le nord de l'Allemagne au mois de novembre. Ce sont les autorités allemandes qui l'annoncent et cela veut dire que cette variante du Covid était présente dans le pays depuis plus d'un mois.

VD : Et puis le Covid-19 en France, et des annonces faites ce soir par le ministre de la Santé.

RA : Olivier Véran s'exprimait dans le journal télévisé de France 2. Il annonce qu'une extension du couvre-feu va être proposée dans les régions les plus touchées, la mesure débuterait à 18h au lieu de 20h et entrerait en vigueur ce samedi. En revanche il écarte le retour du confinement. Le ministre de la Santé s'exprimait à l'issue d'un conseil de défense présidé aujourd'hui par Emmanuel Macron. Alors que la situation en France est préoccupante. Actuellement 12 000 cas par jour en moyenne, on est très loin de l'objectif des 5 000 cas quotidiens fixés il y a un mois par le chef de l'État. Et alors que se profile le réveillon du 31 décembre où des déplacements de population sont attendus même s'il faudra faire respecter le couvre-feu. Avant cette échéance justement se pose une question : faut-il se faire tester ? Éléments de réponse avec Simon Rozé.

Le nombre de tests réalisés en France s'était envolé la semaine précédant Noël, près de deux millions et demi de personnes s'étaient faites dépister pour pouvoir réveillonner l'esprit tranquille. À l'approche du nouvel an, la question se pose à nouveau : cette précaution est-elle utile ? Oui et non. Que le test réalisé soit antigénique ou PCR si le résultat est positif la personne concernée peut déjà annuler ses projets et s'isoler. Mais en revanche, s'il est négatif cela ne veut pas dire grand-chose surtout pour les tests antigéniques, qui peuvent régulièrement donner de faux résultats négatifs. Mais même avec les tests PCR plus précis, rien ne dit qu'on n'est pas contaminé mais en période d'incubation ou qu'on n'attrapera pas le Covid-19 juste en sortant du laboratoire ou de la pharmacie. Pour cette raison, un test négatif ne doit pas être considéré comme une autorisation à faire la fête comme avant, le lavage de mains, le port du masque, la distanciation sociale continuent de s'imposer  surtout en intérieur qu'il faut toujours bien aérer.

VD : Enfin, il a marqué l'histoire de la mode : Pierre Cardin est mort.

RA : Le couturier français de 98 ans connu dans le monde entier, il avait même adopté à l'échelle de la planète un système de licences qui lui permettait de diffuser son nom partout dans le monde, et sur des produits aussi divers que des cravates, des cigarettes ou des parfums. Pierre Cardin a marqué son époque avec ses créations futuristes et son imagination sans limite. Retour sur sa carrière avec Sophie Torlotin.

Pierre Cardin, c’était un nom, mais aussi une griffe, un prodige du style assurément mais également un génie des affaires. Ce fils d’agriculteurs vénitiens ayant fui l’Italie fasciste pour se réfugier en France a toujours voulu être le premier. Dès 1959, l’ancien assistant d’Elsa Schiaparelli et de Christian Dior fait preuve d’audace en mettant de côté la haute couture pour se consacrer au prêt-à-porter, plus accessible. Dans les années 60, Pierre Cardin surprend avec sa mode expérimentale et des tenues futuristes, avec des matières avant gardistes comme le néoprène et le vinyle. Il invente des robes bulles, des costumes col mao ou des tenues Cosmocorps au look de science-fiction. Il conçoit ses défilés comme des superproductions, comme en 1991 sur la place Rouge de Moscou devant 200 000 personnes. Créatif et businessman, Pierre Cardin arrive à concilier les contraires. Y compris dans la vie privée : ouvertement homosexuel, il vécut une grande histoire d’amour avec Jeanne Moreau. Unique en son genre, Pierre Cardin fit de son nom une marque puis un empire évalué à plus de 600 millions d’euros en 2019.

RA : Et les réactions sont nombreuses après la mort de Pierre Cardin. Voilà ce qu'a écrit l'ancien ministre de la Culture Jack Lang : « Dernier empereur de la mode, révolutionnaire des étoffes, des formes et des couleurs Pierre Cardin aura marqué à jamais l'art du vêtement »

Article publié le 29/12/2020

RFI - Radio France Internationale