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Infos en français facile : Édition du 30/12/2020 20h00

Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Vincent Dublange, bonsoir Vincent.

Vincent Dublange : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une ce soir : la signature de l'accord post Brexit. Signature ce matin par les dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles, puis par le Premier ministre britannique Boris Johnson depuis Londres. C'est vendredi que le Royaume-Uni quittera le marché unique européen.

VD : Au Yémen au moins 26 morts après plusieurs explosions à Aden. Les auteurs de l'attaque ont soigneusement choisi leur moment puisque plusieurs de ces explosions se sont produites lorsque l'avion transportant le nouveau gouvernement a atterri à Aden.

RA : Et puis le soulagement des militantes pour le droit à l'avortement en Argentine. L'IVG (interruption volontaire de grossesse) est légalisé dans ce pays très catholique. C'est ce qui ressort d'un vote des sénateurs ce matin.

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VD : Dans deux jours le Royaume-Uni quittera donc le marché unique européen.

RA : L'heure est donc à la validation du texte qui va encadrer les nouvelles règles entre Londres et Bruxelles, ce texte qui a été conclu la semaine dernière. Aujourd'hui il a été signé par les dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles, puis le texte a été amené par avion à Londres, où à son tour le Premier ministre britannique l'a signé. Boris Johnson qui un peu plus tôt, a dit devant les députés tout le bien qu'il pense de cet accord. À Londres pour RFI Muriel Delcroix.

Pour Boris Johnson ce traité désormais ratifié permet à Londres de continuer à commercer avec l’Union européenne tout en étant un égal État souverain. « Ce que nous cherchions n'était pas une rupture mais une solution, une solution à la vieille et controversée question des relations politiques de la Grande-Bretagne avec l'Europe. Nous serons désormais un voisin amical - le meilleur ami et allié que l'UE puisse avoir - travaillant main dans la main lorsque nos valeurs et nos intérêts coïncident. » Le dirigeant de l’opposition travailliste Keir Starmer qui avait fait campagne contre le Brexit a confirmé que son parti voterait en faveur du traité : « C’est un accord imparfait, minimal et la conséquence des choix politiques du Premier ministre. Mais nous n’avons qu’une journée et c’est le seul accord que nous ayons. Nous serons toujours européens, nous partagerons toujours les mêmes valeurs, les mêmes expériences et la même histoire, nous pouvons maintenant partager un même avenir… » Mais Keir Starmer a accusé le Premier ministre de manquer d’honnêteté en passant sous silence le fait que l’accord signifierait une « avalanche de contrôles, bureaucratie et paperasse pour les entreprises britanniques ». Il a regretté le manque d’ambition du traité qui exclut le secteur des services, représentant pourtant 80% de l’économie du pays. Muriel Delcroix Londres RFI.

RA : Les députés britanniques qui ont approuvé à une très large majorité le texte. Il devait ensuite être débattu par les Lords, autrement dit les membres de la chambre haute du Parlement, avant d'être promulgué par la reine Elizabeth II pour une application prévue demain soir à 23h temps universel.

VD : Le bilan s'est alourdi au Yémen après plusieurs explosions survenues à l'aéroport d'Aden.

RA : Aden la grande ville du sud du Yémen. Au moins 26 personnes ont été tuées, 50 autres blessées. Les terroristes avaient choisi précisément le moment de ces explosions : elles se sont produites lorsque l'avion transportant le nouveau gouvernement a atterri à Aden. Aucun membre du cabinet ne semble avoir été touché par cette attaque. Le récit de Nicolas Falez.

Selon des médias et témoins présents à l'aéroport, les déflagrations ont retenti alors que l'avion transportant les dirigeants yéménites s'était posé sur la piste et au moment où des responsables commençaient à en sortir. Des coups de feu ont également été entendus. Les explosions n'ont pas été revendiquées mais le nouveau gouvernement du Yémen ne manque pas d'ennemis. Cette équipe -formée le 18 décembre dernier- réunit d'une part le camp du Président Abed Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale et d'autre part des séparatistes du Sud du Yémen. L'alliance entre ces deux forces a été secouées par différentes crises ces dernières années. La dernière réconciliation en date a été obtenue par l'Arabie Saoudite, principal soutien régional du Président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi. Le nouveau gouvernement d'union est censé afficher un front uni contre la rébellion chiite des Houthis soutenus par l'Iran, les Houthis contrôlent de vastes territoires du Yémen, y compris Sanaa, la capitale. C'est pourquoi Aden (dans le sud) abrite depuis des années le gouvernement officiel, cible de l'attaque de ce mercredi.

RA : Et réaction du président yéménite :  « Ces actes terroristes (...) ne décourageront pas le gouvernement légitime d'exercer ses devoirs », a déclaré Abed Rabbo Mansour Hadi.

VD : L'Argentine est depuis ce matin l'un des rares pays d'Amérique latine à autoriser l'avortement.

RA : Les militantes en faveur de l'IVG l'interruption volontaire de grossesse ont fait la fête toute la nuit devant le Congrès, là où s'est déroulé le vote des sénateurs qui légalise l'avortement. Le projet de loi a été validé avec 38 voix pour, 29 contre. C'est un changement majeur dans ce pays très catholique mais des questions se posent quant à l'application de la loi, et notamment dans les provinces les plus conservatrices. Comme par exemple à Salta dans le nord de l'Argentine. Écoutez les inquiétudes exprimées par Irene Cari, présidente du Forum des Femmes pour l'égalité.

« Nous savons qu'au sein du système de santé de la province, il existe une forte résistante du personnel, surtout dans le public. Cela ne s'observe pas dans le privé. L'objection de conscience qu'ils soulèvent relève d'un double discours, c'est une forme d'hypocrisie. C'est plutôt une question d'intérêts financiers. Les femmes qui ont les moyens peuvent accéder à un avortement sûr alors que nous, qui ne pouvons pas payer, nous mourrons en tentant de le faire par d'autres moyens. Donc la loi est juste un outil. Avec cette loi nous n'allons pas tout changer, il ne va pas y avoir dans les rues demain des files d'attente pour avorter. L'enjeu central pour nous, c'est justement de former du personnel. Comment faire si 90% d'objecteurs de conscience dans le système de santé public refusent de faire des IVG ? Il faut que l'hôpital public s'ouvre, que les portes du système de santé public s'ouvrent à ces femmes ».

RA : Irene Cari, président du Forum des Femmes pour l'égalité, jointe par Melissa Barra, de la rédaction espagnole de RFI.

VD : La pandémie de coronavirus et un triste record enregistré aujourd'hui par l'Allemagne.

RA : Record de décès en 24h, 1129, jamais l'Allemagne n'avait dépassé la barre des 1000 morts. Le pays mise désormais sur une campagne de vaccination dynamique car les mesures de restrictions ne semblent pas porter leur effet. Les autorités ne parviennent en effet pas à ralentir l'épidémie. La correspondance à Berlin de Pascal Thibaut.

« L’Allemagne, le pays qui pose problème en Europe ». Récemment, le quotidien « Bild Zeitung » a une nouvelle fois tiré à boulets rouges sur la politique sanitaire du gouvernement. Le pays considéré comme le meilleur de la classe au printemps ne réussit pas ces dernières semaines à endiguer la deuxième vague de Covid-19. L’été assez serein sur le front de la pandémie n’a pas été utilisé comme il aurait pu l’être pour renforcer la sécurité sanitaire dans les écoles ou mieux protéger les plus âgés. Des premières mesures entrées en vigueur début novembre -fermeture des bars et des restaurants, des clubs de sport et des lieux culturels- ont juste suffi à briser la hausse exponentielle des nouvelles infections. À la mi-décembre, les autorités ont durci ces mesures avec fermeture des commerces non essentiels et des écoles et en réduisant sévèrement le nombre de contacts autorisés. Jusqu’à présent la situation ne s’est pas améliorée de façon notable. Le ministre de la Santé a prévenu ce matin, « nous sommes encore très loin d’un retour à la normale ». Les restrictions actuelles prévues jusqu’au 10 janvier seront en totalité ou non probablement prolongée. Réponse la semaine prochaine lors d’une nouvelle rencontre entre la chancellerie et les régions. Pascal Thibaut Berlin RFI.

RA : Et puis au Royaume-Uni l'un des pays d'Europe les plus touchés par la pandémie, les autorités ont décidé d'autoriser un nouveau vaccin, développé par le groupe britannique Astra Zeneca. Il sera utilisé à partir du 4 janvier. Au Royaume-Uni où le défi est de taille puisque les autorités doivent faire face à une variante du virus.

VD : Et puis en France la pandémie de coronavirus a fait chuter la fréquentation des cinémas.

RA : C'est une chute très impressionnante, le nombre d'entrées dans les cinémas en France a baissé de près de 70%. C'est le Centre national du cinéma qui l'annonce aujourd'hui. Et l'heure n'est pas à l'optimisme puisque le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal estime qu'il est « très peu probable » que les salles de spectacle et de cinéma « puissent rouvrir » le 7 janvier prochain.

Article publié le 30/12/2020

RFI - Radio France Internationale