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Infos en français facile : Édition du 30/01/2021 20h00

Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris. Bonsoir et bienvenue dans votre Journal en français facile. Zéphyrin Kouadio, est à mes côtés, pour vous présenter cette édition. Bonsoir Zéphyrin.
 
Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loic, bonsoir à toutes et à tous.
 
LB: À la une : la France qui fait le pari de ne pas reconfiner malgré la hausse des courbes du Covid. « Il faut tout mettre en œuvre pour éviter un retour d'une mesure dont on sait l'impact très lourd », expliquait dès hier Jean Castex, le Premier ministre, sous les critiques de l'opposition, après cette prise de parole.
 
ZK: Dans ce journal, nous irons aussi en Australie. Le pays livre un bras de fer avec les géants d'internet au sujet de la rémunération des articles de presse publiés en ligne.
 
LB : Et puis nous reviendrons sur la disparition de Michel Le Bris, écrivain, éditeur, il était aussi le fondateur du festival « Étonnants Voyageurs ».

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ZK: Pas de reconfinement, pas de fermeture des écoles mais de nouvelles restrictions sur les frontières.
 
LB: Ce sont les mesures annoncées hier par Jean Castex à la surprise générale, alors que l'hypothèse d'un nouveau confinement était avancée avec de plus en plus d'insistance par ses ministres, à commencer par celui de la Santé. De fait, la semaine qui vient de s'écouler aura été marquée par les spéculations concernant le reconfinement et par des messages contradictoires. Un flou qui exaspère l'opposition. Anne Soetemondt.

5 petites minutes de discours après 10 jours de propos alarmistes, pour l'opposition les annonces du Premier ministre d'hier soir sont une surprise et pas une bonne. « On a joué avec les nerfs des français » attaque le chef de file des députés LR Damien Abad qui s'étonne... « Pourquoi faire monter la menace du confinement pour finalement envoyer un Premier ministre embarrassé faire des annonces mineures ? » « On est paumé avec ce discours » fustige le RN Gilbert Collard.« Se donner une chance » c’est retarder la diffusion du variant pas différer les décisions renchérit le patron des socialistes Olivier Faure qui publiait dès hier soir un document remis par l'exécutif quelques heures plus tôt. Document contenant des projections alarmistes sur la progression des variants. Au-delà du fond des mesures à droite comme à gauche ce que l'on critique c'est surtout le fossé entre l'agitation du spectre du reconfinement par plusieurs ministres tout au long de la semaine et la légèreté des mesures finalement annoncées. Un grand huit émotionnel qui fait l'unanimité contre lui.

LB: Justement, Jean Castex hier ajoutait également que les prochains jours seraient déterminants. Le gouvernement, qui dans le même temps mise sur le vaccin pour sortir de la crise. 
 
Justement, sur cette question, l'Union européenne a renoncé hier soir à inclure l’Irlande du Nord dans le mécanisme de contrôle des exportations de vaccins.  Bruxelles qui a tenu compte des critiques britanniques qui lui reprochait d'aller contre les accords passés dans le cadre du Brexit concernant l'Irlande car il n’y a pas de frontière entre les deux Irlande : c’est l’un des points-clés de l’accord signé entre Londres et Bruxelles. Le récit d’une nuit de chaos diplomatique par Emeline Vin, notre correspondante à Dublin. 

Ce vendredi soir, la Commission européenne annonce vouloir activer l’article 16 du protocole nord-irlandais : une clause, liée au Brexit, qui permet de freiner en urgence le commerce entre les deux Irlande et donc d’imposer des contrôles à la frontière. Unionistes, républicains :  tous les partis (c’est assez rare pour être souligné) dénoncent la décision. Arlene Foster, Première ministre nord-irlandaise : « c’est un acte d’hostilité incroyable de la part de l’UE ». Pour Micheal Martin, Premier ministre côté République, c’est une décision pas nécessaire, potentiellement explosive. Car dans l’inconscient collectif irlandais, frontière égale tensions, égale souvenirs de la guerre civile. Les coups de téléphone s’enchaînent, avec Boris Johnson, avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen… Il est presque 23 heures quand la Commission renonce à activer l’article 16. « Un malentendu », plaide une source européenne. Sur son compte Twitter, le ministre irlandais des Affaires étrangères conclut cet épisode diplomatique : « moralité : on ne joue pas avec le protocole nord-irlandais ». Emeline Vin, Dublin, RFI.

LB : Et puis l'on évoquait à l'instant la fermeture des frontières françaises annoncées par Jean Castex à compter de demain minuit. Sachez que l'Allemagne de son côté interdit à partir d'aujourd'hui les entrées sur son territoire par voie terrestre, maritime et aérienne de personnes venant de cinq pays fortement touchés par les différents variants du Covid-19. La mesure concerne le Royaume-Uni, l'Irlande, le Brésil, le Portugal et l'Afrique du Sud.

ZK: On se rend en Australie, un pays en plein bras de fer avec Google.
 
LB: Le Gouvernement australien souhaite forcer les GAFA (comprendre les géants du numérique, Google, Apple, Amazon et Facebook) les forcer, donc, à payer les entreprises de presse lorsqu’ils partagent leurs articles.  La semaine dernière, la directrice générale de Google en Australie a été entendue par le Sénat, qui examine actuellement ce projet de loi. Devant les sénateurs, elle a menacé de retirer son moteur de recherche du marché australien si cette loi était votée. Hier, elle s’est adressée directement aux Australiens à travers une vidéo très largement diffusée sur Internet, dans laquelle elle explique que cette loi signifierait la fin d’un internet libre et ouvert. À Sydney, les explications de Grégory Plesse.

Pas de congé maternité pour la patronne de Google en Australie. Moins d’une semaine après avoir donné naissance à son troisième enfant, un garçon, Mel Silva était hier absolument partout. Dans une courte vidéo apparaissant sur la page d’accueil du moteur de recherche, mais aussi sous forme de contenu sponsorisé sur Twitter et Facebook, elle explique pourquoi, d’après Google, la loi que souhaite adopter le gouvernement australien est dangereuse. […]  Si le simple fait de montrer un lien renvoyant vers un certain type d’information devient payant, vous détruisez le mode de fonctionnement des moteurs de recherche. Et c’est aussi la fin d’un Internet libre et ouvert. Nous ne sommes pas contre une nouvelle loi mais il faut que celle-ci soit juste. Dans la même vidéo Mel Siva assure que Google est disposé à payer pour soutenir le journalisme mais selon ses propres termes et à travers sa propre plateforme, Google News Showcase, à laquelle un peu plus de 400 médias à travers le monde ont déjà adhéré. Une solution rejetée par les plus grandes entreprises de presse en Australie, entre autres parce que le soutien financier proposé par Google, un milliard de dollars sur trois ans à l’échelle mondiale, est bien en dessous de leurs attentes. Pour le seul marché australien, les éditeurs de presse, une fois la législation en cours d’examen adoptée, espèrent obtenir de Google un minimum de 400 millions d’euros par an.

ZK: L'actualité de ce samedi en bref et ce rapport du BEA, concernant le crash de deux hélicoptères français au Mali. C'était il y a 2 ans.
 
LB: 13 soldats avaient perdu la vie, c'est une communication défaillante au cours de l'opération militaire qui est à l'origine de l'accident conclue le Bureau enquête accident pour la sécurité de l'aéronautique d'État. « Les causes relèvent exclusivement du domaine des facteurs organisationnels et humains » précise le rapport publié aujourd'hui.
 
ZK: En France, de nouveaux rassemblements dans des dizaines de villes contre la proposition de loi « Sécurité globale ».
 
LB: Le texte est combattu depuis le mois de novembre par les défenseurs des libertés publiques. Son article 24 qui pénalise la diffusion malveillante d'images de membres des forces de l'ordre est notamment visé. Les manifestations de ce samedi ont toutefois peiné à mobiliser, un peu moins de 33 000 personnes étaient dans les rues sur tout le territoire, selon le Ministère de l'Intérieur.
 
ZK: Et puis on a appris aujourd'hui la disparition de Michel Le Bris, écrivain, éditeur, il était aussi le fondateur du festival « Étonnants Voyageurs ».
 
LB: Un festival international du livre et du film, sa prochaine édition est prévue en mai, à St Malo. C'est justement dans sa Bretagne natale que Michel Le Bris s’est éteint, juste avant son 77e anniversaire le 1 février. Son portait par Carmen Lunsmann.

« Ma Bretagne est une île qui contient toutes les autres », disait Michel Le Bris. Conscient de la force des mots et de l'imaginaire, ce fou de voyages a vécu sa plus grande aventure dans sa Bretagne natale. À Saint-Malo, cette ancienne cité corsaire, il a jeté l'ancre il y a 30 ans pour le festival Étonnants voyageurs, devenu aujourd'hui le deuxième plus grand rassemblement de lecteurs en France après le Salon du livre de Paris. Passionné par les pirates, les mythes et les super-héros, Michel Le Bris vient d'une famille modeste où les livres ont toute leur place. Après des études de philosophie et diplômé d'une grande école de commerce, cet amoureux des mots devient tour à tour journaliste, puis rédacteur en chef d'une revue de jazz et, happé par mai 68, directeur de « La Cause du peuple », un journal de gauche prolétarienne qui lui vaut huit mois en prison pour « délit d'opinion ». Également co-fondateur du journal Libération aux côtés de Jean-Paul Sartre en 1973, cet éternel militant a toujours prôné une littérature ouverte sur le monde. Tout comme son festival à Saint-Malo qui s'est exporté à Bamako, Sarajevo et Port-au-Prince et dont le nom est tiré d'un poème de Charles Baudelaire : Le voyage

Article publié le 30/01/2021

RFI - Radio France Internationale